Malgré la LGV, le système laitier est resté très pâturant

 - Illustration Malgré la LGV, le système laitier est resté très pâturant
La LGV Rennes-Paris a coupé l’ancien parcellaire de l’exploitation en deux.
Le système très pâturant de Michel Priour a été chamboulé par le passage de la LGV Rennes-Paris. Mais au final, le producteur a renforcé l’accessibilité à l’herbe via des échanges parcellaires.

Installé depuis 1996 à Cesson-Sévigné, à deux pas de Rennes, Michel Priour a développé un système herbager qu’il a converti en agriculture biologique à partir de fin 2008. L’annonce du passage de la LGV (ligne à grande vitesse) Rennes-Paris en plein milieu de son exploitation a été un choc pour lui. « En 2006, on m’a annoncé que mon îlot principal de 26 ha accessibles aux vaches laitières allait être coupé en deux, ne laissant plus que 10 ha accessibles. Pour ne pas remettre en cause mon système très pâturant, j’ai dû anticiper, m’inscrire dans des échanges parcellaires… »

Près de 80 ares accessibles par laitière

« Certes, j’ai laissé quelques terres à bon potentiel, mais fin 2014, je suis revenu à 26 ha accessibles. Et juste après, j’ai pu réaliser d’autres échanges parcellaires et des achats qui m’ont permis de passer à 35 ha accessibles aujourd’hui aux 45 Normandes. Mes vaches pâturent aussi une butte de 2 ha de stockage de terre lié aux travaux. »

Cette situation compliquée qui a demandé beaucoup d’énergie à l’éleveur a aussi apporté du positif. « Cela nous a permis de nous connaître entre voisins et de mieux raisonner nos parcellaires. » Pour la partie directement concernée par la LGV, Eiffage, société en charge de la construction de la ligne, a financé la mise en place de chemins d’accès.

[caption id=”attachment_26797″ align=”aligncenter” width=”680″]L'Adage 35 organise une porte ouverte le vendredi 12 mai sur la ferme de Michel Priour, ici en compagnie de Juliette Bellay, animatrice Adage 35. L’Adage 35 organise une porte ouverte le vendredi 12 mai sur la ferme de Michel Priour, ici en compagnie de Juliette Bellay, animatrice Adage 35.[/caption]

Près de 100 % d’herbe

Sur la SAU de 55 ha, l’éleveur cultive aussi 20 ha d’herbe plus éloignés, pour les génisses et les taries. « Cette année, j’ai juste implanté 2,5 ha de mélange céréalier dans le cadre du renouvellement d’une pâture sur cette partie. » Pouvant être pâturées ou fauchées pour faire du foin, de l’enrubannage et un peu d’ensilage, toutes les prairies sont implantées en mélange RGA – fétuque – trèfle blanc – luzerne.

Le pâturage est conduit sur des paddocks pouvant aller de 70 ares à 2,5 ha, sur lesquels les vaches restent 3 jours au maximum, sans fil avant. Produisant 220 000 à 230 000 L/an, l’agriculteur accepte une baisse de production quand le coût des fourrages augmente. « La moyenne est de 13 L/VL en hiver, alors qu’elle monte à 18 – 19 L au printemps. Je n’utilise pas de correcteur azoté. Cette année, j’ai juste acheté 1,5 tonne d’aliment pour les génisses. »

Coût alimentaire de 30 €/1 000 L

Le producteur ne cultive pas de maïs, « car les semis et désherbage tombent en même temps que l’enrubannage et le foin. » Au final, le coût
alimentaire est abaissé à 30 €/1 000 L. « Sur les 5,5 t MS mangées sur l’année par une laitière, 3 à 3,5 t MS sont de l’herbe pâturée. » La qualité et les taux sont aussi au rendez-vous permettant à l’éleveur d’obtenir un prix de 480 €/1 000 L sur la dernière campagne, en lait bio. En 2015, il affichait un EBE de 71 950 €. Un salarié travaille à mi-temps sur l’exploitation.

Porte ouverte sur la ferme le 12 mai

L’Adage 35 organise une porte ouverte « Mettons les pieds dans l’herbe ! », le vendredi 12 mai à partir de 14 h sur la ferme de Michel Priour. Les professionnels sont invités à partir de 14 h pour un tour des prairies et des échanges sur le pâturage tournant, l’accessibilité et les échanges parcellaires, l’autoproduction de la ration, les choix variétaux, les résultats économiques… Une conférence sur l’utilisation des huiles essentielles en élevage bovin est aussi au programme, avec des témoignages d’éleveurs. À partir de 16 h 30, des visites et animations sont proposées pour le grand public : visite de la ferme, jeux, marché de producteurs… La journée se terminera par une soirée à la ferme avec buvette et repas (galette-saucisse). À 20 h : concert du bagadig de Cesson-Sévigné. À 20 h 30 : pièce de théâtre de la Compagnie Patrick Cosnet « D’une seule traite 2 ».

Informations pratiques
• Lieu : Le Petit Pré, Cesson-Sévigné.
• Entrée libre et gratuite de 14 à 20 h.
• Pièce de théâtre : billet 12 €, réservation conseillée sur contact@adage35.org ou au 02 99 77 09 56.
• Plus d’informations sur www.adage35.org


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