Dans les archives de Paysan Breton

21 janvier 1984 : on a tué un “demi-cochon”

Dans les archives de Paysan Breton :

Nos collègues viticulteurs ont eu un excellente idée : ils proposent aux citadins de devenir propriétaires de quelques arpents de vigne. Bien entendu la charge de l’entretien de la vigne revient au vigneron, mais chaque petit propriétaire a tout loisir de venir récolter son raisin lorsqu’il vient à maturité et de fabriquer « son » vin.

Le château « ça me suffit » en quelque sorte ! Ne devrions-nous pas en prendre de la graine en ce moment et proposer à nos « cousins » de la ville de devenir chacun propriétaire d’un cochon ? Ils auraient là l’occasion de savoir ce que cela coûte d’élever un porc et de se rendre compte du travail que cela nécessite.

Comme ce député de chez nous qu’on a un peu « aidé » à venir découvrir les joies de l’enlèvement du fumier de vaches, les « heureux propriétaires » d’un porc auraient bien vite de plus saines notions sur le prix de la tranche de jambon et sur les sommes « mirobolantes » que gagnent les éleveurs, surtout actuellement…

Il y a néanmoins un problème. C’est qu’il faudrait expliquer que dans le cas présent, on n’a pas le droit d’y goûter avant que le produit ne soit « fini ». On ne sait jamais en effet ce qui peut arriver à ces pauvres bêtes, des fois que certains aient envie de se couper un peu trop précocement une tranche de jambon !

Il est vrai pourtant que s’ils se référaient à un passé pas si ancien que cela, on en entendait de belles dans nos campagnes bretonnes. Les anciens s’en souviennent. Combien de fois n’a-t-on pas entendu dire : « chez nous on a tué un demi-cochon » !
Non, futurs propriétaires d’un joli goret, ce n’est pas ce que vous croyez. Simplement, on n’avait pas toujours les moyens ou le saloir était trop petit. Alors, on se mettait à deux familles pour « la fête du cochon ».

D’où la formule savoureuse, mais qui ne manquait pas de m’intriguer quand j’étais gamin : « on a tué un demi-cochon » !
Attention donc à ne pas prendre la formule dans son sens littéral. Chez nous, il n’y en a qu’un qui a pu se permettre ce genre de fantaisie. Il s’agit de Saint-Corentin, du pays Glazig. Chacun se souvient que lorsque la faim le prenait, il allait couper un morceau de son poisson… et le lendemain il retrouvait celui-ci intact.

Cela date de quelques siècles. Alors pas de blagues surtout. On n’a pas connu ce genre de miracle depuis…, sauf dans un cas tout récent… celui des MCM, qui eux aussi repoussent à chaque fois qu’on en coupe un bout ! Le Glazig

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