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“Au coin des producteurs” veut pousser les murs

Victime de son succès, le local de vente directe des producteurs de Belle-Île se retrouve à l’étroit dans la zone artisanale du Palais. Les 12 adhérents projettent de construire un local deux fois plus grand, grâce, en partie, à un financement participatif.

Les fins de semaines estivales sont animées du côté de la zone artisanale de Mézerelle, sur les hauteurs du port du Palais. Le petit local de vente, créé par une douzaine d’agriculteurs, ne désemplit pas les jeudis, vendredis et samedis, en matinée. Plus de 500 clients dévalisent des étals bien achalandés. À Belle-Île, encore plus qu’ailleurs, les produits du terroir séduisent. Produits laitiers, volailles, agneaux, légumes et produits de la ruche emplissent les paniers des touristes. Hors saison, les Bellilois s’y approvisionnent volontiers, assurant la rentabilité du lieu. « Cela fait dix ans que nous sommes là », raconte Huguette Huel, présidente de l’association Au coin des producteurs.

« C’est une réussite mais nous atteignons une limite, faute de place, dedans et même dehors, sur le petit parking. La surface de présentation est restreinte, le temps d’attente est trop long car nous n’avons qu’une caisse, les espaces de cheminement sont sous dimensionnés et le laboratoire de découpe et de transformation est sous équipé ». La croissance annuelle à deux chiffres du montant des ventes accouche de nouvelles difficultés. Impossible d’ouvrir plus souvent. La permanence est assurée par les agriculteurs. Le travail sur les fermes n’attend pas… Bref, il est urgent d’évoluer.

Les produits de Belle-Île ont une bonne image auprès des touristes.
Les produits de Belle-Île ont une bonne image auprès des touristes.

Accueillir de nouveaux adhérents

Le nouveau projet prévoit la construction d’un bâtiment deux fois plus grand sur un terrain libre, dans la même zone artisanale. Avec une partie vente et une partie laboratoire. Et même, un espace dans cet atelier pour les non-adhérents. « Nous pourrons accueillir de nouveaux producteurs. Nous manquons, par exemple de volailles, de charcuteries et de pain. Ce nouvel outil facilitera l’installation de quelques jeunes, assurés de bénéficier d’une structure bien organisée pour vendre leurs produits ».

Le nouvel équipement renforce l’avenir des adhérents mais aussi de l’agriculture insulaire. « Le volume de carcasses écoulées au sein du point de vente représente une part non négligeable du volume traité à l’abattoir communal. Sécuriser Au coin des producteurs permet de pérenniser l’activité d’abattage sur l’île ». Pour l’ensemble des éleveurs, cet outil est stratégique. Veaux, porcs et agneaux y sont abattus. Les gros bovins, en fin de carrière, s’exilent sur le continent, faute de chaîne adaptée. Le local de vente est conçu de manière évolutive afin de pouvoir accueillir, à l’avenir, de nouveaux modules.

« Un fournil pour un paysan boulanger et surtout un autoclave pour la réalisation de bocaux de légumes ou de viande ». Afin d’éviter les transports coûteux sur le continent ; de nombreux bocaux de préparation carnée sont actuellement élaborés à Carentoir (56), avant de revenir sur l’île.

Le groupe des douze adhérents d'Au coin des producteurs.
Le groupe des douze adhérents d’Au coin des producteurs.

Développer l’emploi

vente-directe-4Une étude de marché, réalisée l’an dernier, met en évidence le manque de production insulaire en porcs et en volailles. La dizaine de producteurs laitiers exporte chaque année 2,5 millions de litres sur le continent, à leurs frais. Le camion collecteur leur appartient. Les aides départementales se sont récemment taries. Le coût de transport augmente et fragilise le système. En parallèle, la consommation de lait et de produits laitiers sur l’île équivaut à ce même volume. De là a imaginer une unité de transformation ; il n’y a qu’un pas que souhaiterait franchir Guillaume Février, directeur du Centre permanent d’initiatives pour l’environnement de Belle-Île.

« Il y a beaucoup à faire pour développer l’emploi sur l’île grâce aux circuits courts ». Le projet est porté par le syndicat d’élevage de Belle-Île. D’autres associations ; l’Agneau du large ou l’association de la Viande bovine des Embruns, œuvrent pour la promotion et la valorisation de la production insulaire. Les gérants des 38 fermes recensées ont, encore plus qu’ailleurs, intérêt à être solidaires et innovants. L’avenir de l’agriculture de Belle-Île en dépend.

30 000 € de dons espérés
L’investissement total dans le nouveau local est évalué à 469 000 €. Le Conseil régional subventionne la structure du bâtiment à hauteur de 40 %. Les collectivités de Belle-île devraient apporter une contribution (6 800 €). Les membres de l’association apportent 28 000 € et le reste (250 000 €) est financé par emprunt bancaire. Pour clore le budget, l’association fait appel à un financement participatif, pour 30 000 €.

Un montant qui permettrait de financer la chambre froide, une vitrine frigo, un nouveau four et l’équipement du laboratoire, incluant le matériel de découpe et de transformation. Le début de la construction est souhaité pour la fin du printemps 2017. À titre d’exemple : pour 15 € de dons, le nom du donateur figurera sur le totem à l’entrée du futur local. Pour plus de 1 000 €, un séjour d’une semaine en gîte à la ferme lui sera offert. Pour contribuer : site blue bees. Belle-île.

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