La veille internationale en volaille de chair permet de suivre les coûts, la production, les stratégies… des principaux acteurs de la filière.
Depuis 3 ans FranceAgrimer réalise une veille concurrentielle internationale sur la volaille de chair. « Le but est de savoir comment se place la filière française dans cette compétition internationale et de suivre les évolutions au fil des ans », déclare Patrick Garnon, chef du service marchés et études de filières chez FranceAgrimer lors d’une conférence au Space.
La France dépendante aux protéines végétales
« Au total, ce sont 18 pays qui sont suivis pour établir cette veille. Cela représente 74 % des abattages mondiaux de poulet et 95 % des abattages de dinde », indique Christian Renault, consultant au cabinet AND International et en charge de cette veille internationale. L’évolution des taux de change joue un rôle très important en matière de compétitivité. « En 2015, l’euro a fléchi face au dollar et s’est raffermi face au réal (monnaie brésilienne) et à la hryvnia (monnaie ukrainienne). Avec un cours du réal qui se dégrade par rapport à l’euro depuis 4 ans, les acteurs européens se retrouvent face à de la volaille du Brésil plus compétitive en termes de coût », analyse Christian Renault. Les pays produisant la totalité des matières premières diminuent leurs coûts de production. « Le point noir en France est que nous sommes trop dépendants des importations de protéines végétales. Le Brésil, quant à lui, produit tout sur place et pas cher. »
L’Ukraine, champion des coûts de production

« Dans le classement général, le Brésil reste dominant malgré la poussée orientale. Les États-Unis et le Royaume-Uni pâtissent de l’appréciation de leurs monnaies. La Pologne est au premier rang des nations de l’UE, au niveau de la Thaïlande et de l’Argentine. La France améliore son score grâce à la baisse du coût des matières première et à la structuration de la filière », conclut Christian Renault. Il ajoute : « L’Europe de l’Est, de la Pologne à la Russie en passant par l’Ukraine et la Biélorussie, est un bassin d’avenir pour la volaille. La percée sur les marchés reste timide (sauf la Pologne) pour des raisons de protection, de délai de reconversion pour l’Ukraine et de demande intérieure ».

