Edito

À votre bon service

Le film de l’histoire ne se rembobine jamais. Quoi que vont promettre les candidats à l’élection présidentielle, la tiertiarisation de l’emploi en France est une tendance lourde. En dix ans, plus de 570 000 postes industriels ont disparu dans le pays. En Bretagne, l’érosion est moins forte.

Malgré les vagues de licenciements en 2013, l’agroalimentaire contribue à tamponner cette baisse, souvent au prix du développement de l’intérim. L’effectif dans l’agroalimentaire s’effrite toutefois de 200 emplois par an pour une disparition annuelle de 1 350 postes dans l’ensemble des industries de la région. En Bretagne, le secteur industriel ne représente plus que 13,5 % des emplois contre 17,4 % il y a encore 10 ans.

L’expansion de la robotisation dont la double mission est de réduire la pénibilité et d’augmenter la productivité n’augure rien de bon pour les salariés de l’industrie. « Il n’y a pas de relocalisation des productions industrielles dans les pays de l’OCDE », confirme la banque Natixis dans une récente analyse. Nous assistons par contre à « une déformation mondiale de l’économie vers une économie de services ».

La Bretagne s’inscrit pleinement dans cette voie : les services représentent désormais ¾ des emplois salariés et c’est dans ce secteur que se créent les nouveaux postes. Cette réalité est souvent difficile à concevoir et à accepter par un monde agricole habitué à relier le travail à la production physique mesurée en quintaux de blé ou en kilos de cochon. Or, ce que nous apprennent les chiffres, c’est que l’économie est de plus en plus immatérielle. L’agriculture qui perd annuellement 1,8 % de sa main-d’œuvre dans la production a aussi sa carte à jouer au cœur de cette évolution.

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