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Producteurs-industriels du lait : rapport de force déséquilibré

L’abondance de production est souvent préjudiciable au maillon production. D’autant que l’effet levier est important pour les produits agricoles.

Il n’a fallu que quelques mois de libéralisation de la production laitière européenne pour que le fleuve blanc inonde la planète. La crise actuelle est bien une crise de surproduction et l’Europe est responsable pour au moins 2/3 des excédents. « Alors qu’à la mi-2014, il n’y avait plus de stock dans l’Union européenne… », rappelle Hervé Moël, de la FRSEA Ouest.

Il souligne aussi que sur les cinq premiers mois de 2016, la France est « bonne élève sur la gestion des volumes » puisqu’elle a produit le même volume que l’année précédente sur la même période. Parallèlement, la collecte européenne, elle, est toujours en hausse : l’Irlande a livré 4,9 % de plus sur les cinq premiers mois en 2016, les Pays-Bas + 8,3 % ; le Danemark est quant à lui stable (- 0,2 % sur les 5 premiers mois). « Dans l’immédiat, il faudrait que la production européenne baisse de 4-4,2 % », calibre Joël Kerglonou, UDSEA-Confédération paysanne du Finistère.

Or, les industriels ont la main sur le prix. D’autant que les accords Lemétayer de 1997 ont laissé des traces sur la « fixation » du prix du lait bien souvent indexé sur la poudre et le beurre vrac alors que seulement 13 % du volume français est commercialisé sur le grand export hors Union européenne (35 % en valeur). D’un autre côté, « les éleveurs, ou plutôt l’interprofession ont validé cette formule. Aujourd’hui, ils se retrouvent piégés par le marché mondial », observe Elsa Casalegno, co-auteur de l’ouvrage « Les Cartels du lait ».

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