Côtes d'ArmorEnergies et environnement

L’Ic s’impose comme un bassin versant engagé

C’est en 1996 que les premiers agriculteurs du bassin versant de l’Ic se sont lancés dans des efforts de changements de pratiques en faveur de l’environnement. Leurs porte-paroles estiment que le grand public doit prendre conscience de cet engagement.

Ces dernières semaines, plusieurs rendez-vous ont été proposés par les acteurs du bassin versant de l’Ic qui a entamé des démarches en faveur de l’environnement il y a maintenant 20 ans. « En 1995, il y avait une problématique algues vertes et nitrates dans l’eau potable sur l’Ic. D’où la nécessité de mettre en place un programme bassin versant pour y faire face », se rappellent les représentants des structures engagées, rassemblées pour l’occasion à l’EARL L’Hotelier à Etables-sur-Mer.

Avec les associations environnementales

À l’époque, les acteurs locaux ont pris les choses en main, trouvé des financements et mis en place une convention avec le Smega (Syndicat mixte) et la Chambre d’agriculture des Côtes d’Armor pour lancer des actions. « Au départ, les élus locaux de Binic-Etables-Saint Quay-Pordic ont choisi d’accompagner sur ce thème via le syndicat d’eau les agriculteurs chargés d’être porte-parole de l’environnement et intermédiaire pour les collectivités », raconte Jean-Jacques René, producteur de porc à Binic et élu à la Chambre d’agriculture. Très vite, les associations (environnementales et pêche) ont été intégrées dans un groupe de travail pour échanger sur les problématiques agricoles. « Des discussions techniques ont eu lieu pour chercher ensemble des solutions en s’appuyant sur une relation de confiance. »

Sur le terrain, un gros travail de mobilisation a permis de faire évoluer changer les pratiques agricoles. « La couverture des sols par des couverts végétaux, l’épandage de lisier sur céréales, le classement des parcelles à risque, la remise en herbe des zones humides, le binage… Cette bonne dynamique d’actions volontaires a permis de faire baisser la courbe des nitrates », se rappelle Bertrand L’Hotellier, agriculteur pilote de la première heure au sein du Comité professionnel agricole du bassin versant.

Fiers des progrès réalisés

Puis, en 2008, la sentence de la mise en place du bassin versant contentieux (BVC) est tombée. « Une intervention réglementaire qui a cassé la dynamique du bassin avec la définition d’un plafond brut de fertilisation et ses lourdes conséquences au niveau économique pour les exploitations », rappelle Jean-Jacques René. Aujourd’hui, « le taux de nitrates de l’Ic continué de baisser et les échouages d’algues de diminuer », soulignent de concert les deux agriculteurs. « La profession agricole doit communiquer, être fière de son engagement et mettre en avant ces progrès importants réalisés. Dans ce contexte économique très difficile, parlons de nos actions positives, redorons le blason terni de l’agriculture auprès du grand public. C’est une reconnaissance du travail réalisé. »

40 % des zones humides du BV l’Ic en herbe

Parmi les 8 baies algues vertes en Bretagne, la Baie de Saint-Brieuc est la plus grande rassemblant 50 % des surfaces régionales concernées. À ce jour, environ 80 % des agriculteurs de la zone ont signé une Charte d’engagement (à l’échelle de l’Ic, c’est même 90 %). Sur la question plus spécifique des zones humides, l’objectif fixé par le Plan algue verte de la Baie de Saint-Brieuc, l’objectif est la remise en herbe de 100 % des zones humides cultivées d’ici 2027. À ce jour, 40 % des surfaces concernées sur l’Ic ont déjà évolué contre en moyenne 17  % pour l’ensemble de la Baie de Saint-Brieuc.

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