Edito

Péché mignon

Quelle similitude existe-t-il entre le prêt-à-porter et la côte de porc ? Ces deux produits de consommation courante sont, chacun à leur manière, victimes de leur propre politique commerciale d’abord orientée sur le prix.

Dans le prêt-à-porter, l’application constante des rabais se retourne aujourd’hui contre ceux qui avaient imaginé en faire une arme pour terrasser la concurrence et augmenter leurs parts de marché. Or, tout amateur de mode sait à présent que « tout vient à temps qui sait attendre ». Les offres peuvent en effet afficher jusqu’à 70 % de rabais en fin de soldes. Une affaire pour le porte-monnaie du consommateur, mais autant de marge en moins pour les entreprises. Les dépôts de bilan en cascade dans la mode ado aux États-Unis sont le témoin direct de cette dangereuse pratique commerciale ; et le phénomène pourrait bien s’étendre à l’Europe.

Le 12 juin, cela fera un an qu’un arrêté limite à deux périodes par an les opérations promotionnelles sur le porc. Or, qu’observe-t-on : les ventes de viande fraîche ont baissé de 5 % sur le 1er trimestre 2016. Comme si la décision de mettre fin au bradage des prix venait trop tard. L’amateur de côte de porc a semble-t-il intégré le prix « réclame » comme repère d’achat. Quand la viande est plus chère, il passe son chemin vers un autre rayon.

Pour contrer la politique du prix bas qui, au mieux conduit à l’absence de rentabilité, au pire mène à la faillite, les spécialistes de la mode ado se tournent aujourd’hui vers l’individualisation des offres. Un moyen de répondre à l’attente des jeunes qui ne veulent plus seulement être à la mode mais être unique, original. À l’approche des grillades-parties, ce ne serait pas péché mignon pour la côte de porc que de s’habiller autrement que « classique » ou « à la mexicaine ».

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