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Retour sur 18 ans de légumes bio

Après un lancement qui laissait certains septique, la gamme biologique profite en 2015 d’un marché porteur. 

« Au démarrage de la gamme biologique, en 1997, on nous avait dit que nous ne tiendrons pas 5 années », témoigne Jean-Jacques Le Bris, président de la commission biologique au sein du Cerafel. Personne ne croyait à la réussite d’un tel projet. Aujourd’hui, Prince de Bretagne est la marque leader des producteurs de légumes bio en France. « Les 43 producteurs cultivent 1 100 ha en plein champ, et 6 ha sous abris, pour livrer un total de 16 000 tonnes. Cette production représente 3 % en valeur du chiffre d’affaires du Cerafel, soit 4 millions d’euros », poursuit le président, intervenant lors de l’assemblée générale de la coopérative Bro Dreger qui se tenait à Plougrescant (22).

Pas une agriculture d’opposition

Avec une offre dispersée et une gamme plutôt concentrée sur les crucifères, le décollage dans la branche biologique se fait attendre. « Les variétés n’étaient pas toujours adaptées, les challenges techniques à découvrir. Grâce à Terre d’Essais, nous sommes parvenus à plus de maîtrise ». Pour l’écoulement de la production, l’AOP se heurte au début de son activité au « boycott de la biocoop, car pour y être référencé, 100 % de l’organisation doit être bio. Or nos fermes le sont ! L’agriculture biologique ne doit pas être perçue comme une agriculture d’opposition, qui contraste avec les productions conventionnelles. Les passerelles techniques existent entre les deux systèmes, surtout pour la mécanisation du désherbage ». Éric Salaün, président de Bro Dreger, ajoute que « la qualité apportée sur les lignes de conditionnement sont les mêmes, quelles que soient les origines des marchandises ».

5 légumes par ferme en moyenne

Le marché de l’alimentation biologique a le vent en poupe. « La transformation, élément important pour les débouchés, représente 90 % de la production de carotte, soit 1 700 tonnes, avec des marchandises transformées en rondelles ou en bâtonnets. À nous de développer le marché du frais, qui sera toujours plus intéressant ». Avec une offre toujours plus diversifiée, comme l’illustre le développent des radis noirs et de l’oignon en 2015, Jean-Jacques Le Bris promet « de nouvelles espèces et des segmentations en 2016. En moyenne, les producteurs cultivent 5 légumes différents par ferme, parfois plus de 10 ».

Comme son cousin conventionnel, le chou-fleur bio s’exporte, « principalement en Allemagne. L’Espagne et l’Italie sont de gros producteurs de légumes biologiques, sans être réellement consommateur. La France connaît une vague de conversion en production laitière. En sera-t-il de même pour la filière fruits et légumes ? », se demande Michel Quéré, président de la section bio à l’UCPT. Des techniciens de la coopérative sont là pour informer les producteurs intéressés sur les modalités et les aides à la conversion.

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