Le bio cherche des producteurs pour accompagner la croissance

jean-francois-gaume-agriculteur-mayenne-intervention-space-cereale-biologique - Illustration Le bio cherche des producteurs pour accompagner la croissance

La filière céréale biologique se porte bien, et cherche des producteurs pour son développement. Les productions animales tirent le marché vers le haut, avec un lien fort entre élevage et culture.

La collecte de céréales biologiques en France en 2015 représente  200 000 tonnes, toutes espèces confondues. La Bretagne, avec près de 13 000 tonnes collectées en 2015, connaît une croissance de 25 % de son volume produit. Les prix payés au producteur, plutôt stables, tendent vers une augmentation, s’établissant entre 285 et 300 € / t en blé fourrager.  « La Bretagne produit surtout des céréales, peu de protéagineux. La diversification des cultures est plus importante qu’en conventionnel, avec l’emploi de mélanges céréaliers », introduit Goulven Oillic, d’initiative Bio Bretagne (IBB), lors d’une conférence au Space sur le sujet.

Peu de producteurs installés en productions végétales pures, ce sont les productions animales qui tirent la croissance vers le haut. « Avec un lien fort au sol, il n’y a pas de déconnexion entre productions animales et végétales. 52 % des grandes cultures sont autoconsommées. Ces céréales sont destinées à l’alimentation des cheptels de porcs, de volailles et de poules pondeuses, à la meunerie, aux fabricants d’aliments et dans une moindre mesure pour l’alimentation humaine », poursuit l’intervenant. Ce marché pourtant porteur souffre parfois de manque de matières premières, et les fabricants d’aliments peuvent alors être amené à se tourner vers d’autres régions productrices.

Les céréales, depuis trois générations

Jean-François Gaume est installé sur une exploitation familiale en Mayenne (53). Il y cultive 104 ha, en bio depuis 3 générations. « En plus de mes cultures, je garde une quinzaine de vaches allaitantes pour des apports réguliers en matière organique. Il est essentiel de conserver un élevage sur l’exploitation. Avec des leviers agronomiques, je limite les attaques de maladies ou d’insectes. Les 10 km cumulés de haies, couplés avec des parcelles de petites tailles de 3 à 5 ha agissent sur la biodiversité, et abritent les prédateurs naturels des ravageurs », pense le producteur. La présence d’élevage sur la ferme permet d’introduire des pâtures dans la rotation. « Avec des prairies, le carbone est redistribué et le rythme des adventices est cassé. Dans nos essais, nous obtenons les meilleurs rendements, de l’ordre de 43 quintaux par ha en blé, après une prairie temporaire. Les résultats tombent à 20 quintaux en cas de culture pure », prévient Aurélien Dupont, du pôle agronomie de la Chambre d’agriculture de Bretagne.

Casser les idées reçues

La conversion en agriculture biologique peut faire naître des a priori. « Un agriculteur conventionnel qui souhaite se tourner vers le bio diminuera ses marges, car les rendements vont diminuer : c’est une idée reçue, car les marges brutes sont bien souvent équivalentes, voire supérieures. En 2012, elles s’établissaient en moyenne à 1047 € brutes/ha. Autre point, le fait que les résultats techniques en conduite biologique sont variables. Cela peut être effectivement le cas, sauf que les prix de vente sont relativement stables, et que l’assolement diversifié lisse ces variabilités, une culture compensant une autre. Enfin, on peut penser que les grandes cultures en bio demandent des heures de désherbage mécanique. Les temps de travail ne sont pas supérieurs, car le producteur ne consacre pas du temps au champ pour des passages de fertilisant ou de protection fongicide », résume Aurélien Dupont. Fanch Paranthoën


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