Découvertes

Corlay, capitale de l’attelage

À Corlay, ce week-end, se déroulent les Championnats de France d’attelage de chevaux de trait et de Trec. Deux disciplines spectaculaires et emballantes.

Ces 12 et 13 septembre, l’Équipôle de Corlay (22) sera à nouveau la capitale de l’attelage. Après 2007 et 2013, le Championnat de France des chevaux de trait fait à nouveau étape dans la commune. « La compétition est ouverte aux neuf races de chevaux de trait reconnues. Mais il y aura en majorité des Cobs normands et bien sûr des Bretons en plein berceau de la race », explique Daniel Leboucher, président de l’association Les amis du cheval du Pays de Corlay, à l’origine de la manifestation. Objectif : « Assurer la promotion du trait et plus particulièrement de son utilisation comme cheval de sport. »

L’attelage expliqué

Le Championnat d’attelage est une succession de 3 épreuves. D’abord, le dressage, sur un espace de 80 m par 40 m. « Pour cette reprise de dressage, une série de figures imposées : passer au pas ou au trot, effectuer des voltes… », explique Daniel Leboucher. Puis la maniabilité : « Dans un temps imposé, l’attelage suit un parcours en passant entre des quilles sur lesquelles sont posées des balles. Si ces dernières chutent, il y a pénalité… » Notes de dressage et de maniabilité en poche, les concurrents courent enfin « l’épreuve reine », le marathon. Course de 15 km qui se corse sur la fin dans les zones d’obstacles, « très spectaculaire, l’équivalent du cross en concours complet. On comprend alors que le cheval de trait est un véritable cheval de sport. » Trois titres nationaux seront décernés à Corlay puisque le concours est subdivisé en catégories : voitures attelées à un cheval « en simple », à deux chevaux « en paire » ou à quatre chevaux « en team ».

Une véritable course d’orientation

Et ce n’est pas tout. Les organisateurs programment en même temps le Championnat de France de Technique de randonnée en compétition ou Trec attelé. Cette discipline émergente, créée en 2000 et inspirée du Trec monté, se décompose en deux parties : Parcours d’orientation et de régularité (POR) et Parcours en terrain varié (PTV). Chaque équipe est composée d’un meneur et d’un navigateur qui jouent chacun leur tour un rôle clé. Mais pour comprendre les subtilités, rien ne vaut les explications d’un spécialiste comme Stéphane Baillif, sacré quatre fois champion de France.

Tout commence donc par le POR. « Il n’y a pas de notion de vitesse pure puisque le temps de parcours est imposé. On vise la régularité et la précision de suivi du tracé. Celui qui est trop rapide est pénalisé. » Entre le départ et l’arrivée sur l’hippodrome, l’épreuve s’étire sur 20 km dans la campagne. « Tout du long, juges et commissaires effectuent des contrôles de vitesse et des contrôles de passage veillant au respect de l’itinéraire. Après plus de deux heures et demie de course, il faut arriver dans la minute… »

Stéphane Baillif précise que « pour le meneur qui tient les guides, le POR est presque une promenade. C’est le navigateur qui fait tout le boulot. » Avant le départ, ce dernier a rendez-vous dans la salle des cartes : en quelques minutes, il doit décrypter, recopier et mémoriser le plus précisément possible le tracé présenté sur la carte mère. « Un coup de pointe de crayon, c’est 25 m sur une IGN au 25 / 1000e. Chaque détail compte car il devra renseigner le plus justement possible son meneur ensuite. À sa disposition : une carte vierge, une boussole, un chronomètre et une marque sur la roue de la voiture qui permet d’appréhender les distances et contrôler l’allure. En forêt, quand il n’y a plus de repères, il faut tout compter… »

Ensuite, PTV est « une succession sur 1,2 km de 16 difficultés qui doivent simuler les différents obstacles pouvant être rencontrés dans la nature, en randonnée ». Passer un gué ou un pont de planches, progresser en zig-zag, ouvrir une barrière, conduire à une seule main… « Le plus impressionnant pour le meneur sont les passages étroits où il ne faut pas faire tomber des barres placées 30 cm au-dessus du sol. Il y a aussi le travail de soumission des chevaux : les reculés et les remisés. Il faut beaucoup de complicité entre le meneur et ses animaux. »

Ouvert à tous les équidés

«  Le Trec réclame des animaux polyvalents, dynamiques et très calmes. Une discipline de tourisme équestre populaire ouverte à tous les équidés : chevaux de trait ou de sang, ânes, mulets, croisements… L’important est d’avoir des animaux aux ordres, bien dressés et en condition physique », détaille Stéphane Baillif. Le concours est ainsi divisé en cinq catégories : solo shetland (moins d’1,10 m au garrot), solo poney (jusqu’à 1,48 m), solo cheval, paire (2 animaux) et à deux rangs (2, 3 ou 4 animaux).

Le chef de piste est l’architecte du parcours

S’il parle avec passion du Trec, l’homme aux multiples casquettes (« moniteur d’équitation au lycée agricole de la Ville Davy à Quessoy, propriétaire d’une pension pour jeunes chevaux à Plédran, compétiteur, président de l’association d’attelage des Côtes d’Armor… ») ne courra pourtant pas ce « championnat à domicile ». Car il est cette fois-ci passé de l’autre côté de la barrière pour endosser le costume de « chef de piste ». En France, ils sont une dizaine d’architectes habilités à dessiner le tracé d’un POR : « Mon rôle est de trouver dans les environs de l’hippodrome un parcours d’orientation adapté au cahier des charges de la discipline. C’est le traceur ou chef de piste qui rend l’épreuve intéressante… » Un travail fastidieux de découverte du terrain dans les moindres détails « J’ai parcouru les 20 km à pied en plusieurs fois pour prendre des repères et trouver des petits « pièges »  pour corser un peu le trajet. Je mesure tout en marchant. Puis je recommence à cheval avec un GPS pour confirmer avant le passage d’un contrôleur national… »

Le Costarmoricain avoue que le parcours n’est pas tout à fait à son image « car il n’a pas été possible de passer partout où nous aurions souhaité ». Mais il promet un tracé « précis mais pas simple, digne d’un Championnat de France. Certains vont découvrir que la Bretagne n’est pas la Beauce. Les navigateurs vont comprendre que la région est encaissée dès qu’ils vont lire les courbes de dénivelé sur la carte… » Le spectacle promet d’être au rendez-vous. Toma Dagorn

Programme

  • Samedi 12 septembre (gratuit) : dressage (attelage) le matin et l’après-midi, maniabilité (attelage) et POR (Trec).
  • Dimanche 13 septembre (5 € l’entrée) : PTV (Trec) le matin et marathon (attelage) l’après-midi. Infos : www.equi-deiz.fr
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