Productions Agricoles

Des roues étroites pour épandre sur maïs

Certaines entreprises de travaux agricoles n’hésitent pas à investir pour proposer des solutions d’épandage sur les cultures, afin de valoriser au mieux l’azote dans des bassins versants limités en fertilisation.

Difficile quand les contraintes environnementales limitent les apports de fertilisants sur les cultures, comme c’est le cas dans les bassins versants algues vertes, de tenir des objectifs de rendement élevé. Pourtant, des entreprises de travaux agricoles n’ont pas attendu des aides à l’investissement pour s’équiper en matériel d’épandage de précision, ou pour s’adapter aux contraintes physiologiques des cultures. « L’idée est partie d’une étude agronomique de la culture de maïs, qui a des besoins forts en azote au stade 10 feuilles. En apportant un lisier ou du digestat issu de méthanisation entre 6 et 8 feuilles, la minéralisation de cet azote nourrit la plante au bon stade », explique Nicolas Robillard, gérant de la SARL du même nom, ETA basée à Hénansal (22).

Une opération possible réglementaire jusqu’au 1er juillet. Épaulée par des semenciers sur l’aspect technique, l’entreprise s’est équipée spécialement pour l’épandage sur maïs.

Épandage puis binage

Pour passer dans les rangs de maïs, il a fallu doter le tracteur et la tonne de nouveaux pneumatiques, de taille étroite. « Nous avons alors consulté les fabricants de pneus et de jantes sur les contraintes techniques, pour supporter le poids et la puissance de traction. Le surcoût des roues, chiffré à 42 000 €, nous spécialise exclusivement dans la culture de maïs. Démarrée l’année dernière, la première campagne nous montre des résultats encourageants », note le gérant. Une quinzaine de quintaux supplémentaires en grain, quand un binage est réalisé dans la foulée, justifie la technique. « Sans ce binage, les résultats sont moins concluants.

Il faut aussi être vigilant aux conditions météorologiques lors de l’épandage, sous peine d’avoir une volatilisation de l’azote importante », ajoute Nicolas Robillard. Autre avantage pour les chauffeurs de l’entreprise, au niveau du calendrier d’épandage : « Nous pouvons attendre que les parcelles humides se ressuient et intervenir quand les sols portent », pense Jean-Michel Boutier, chauffeur de l’ETA.

Un digestat fertilisant

La disponibilité des éléments nutritifs se fait plus ou moins rapidement selon leur nature. « Comparé à du lisier de porc, le digestat de l’unité de méthanisation agira plus vite », estime Nicolas Robillard. Les teneurs en azote sont aussi dépendantes de la nature des matières premières utilisées pour la méthanisation. « Les valeurs en azote du digestat oscillent entre 2 et 4,5 unités. Nous alimentons le fermenteur principalement avec les effluents de l’élevage, mais d’autres déchets comme les tontes de pelouse de paysagistes complètent les volumes. L’unité de méthanisation a été mise en route l’année dernière, et le digestat épandu était mélangé au lisier. L’effet était déjà visible. C’est un digestat pur qui est épandu cette année, par fractionnement : la moitié avant semis, l’autre au stade 6 à 8 feuilles du maïs », décrit Jean-Michel Gac, installé en Gaec en production laitière et porcine à Henanbihen (22).

Située en bassin versant algues vertes, l’exploitation a choisi d’optimiser les unités d’azote produites par la structure, afin de diminuer la part minérale de la fertilisation. « Le digestat est épandu sur maïs, mais aussi sur la quasi-totalité des céréales, sur prairie ou avant implantation des dérobées après moisson ». Le partenariat avec l’ETA Robillard s’est donc fait naturellement, avec pour finalité l’optimisation des matières fertilisantes dans un contexte limité par la réglementation.

Fanch Paranthoën

Mots-clés

Peut vous intéresser

Bouton retour en haut de la page
Fermer