Productions Agricoles

Des revenus disparates en porc en 2014

En raison de la hausse des charges de structure, l’élevage naisseur-engraisseur moyen accuse des pertes d’environ 0,02 €/kg carcasse en 2014. La situation est très hétérogène entre exploitations.

Pour un élevage naisseur-engraisseur élevant tous ses porcs, la marge sur coût alimentaire et renouvellement moyenne a atteint 1 076 euros par truie présente (+57 euros en un an) en 2014. La détente observée sur les prix des matières premières à partir de l’automne 2013 s’est traduite par une baisse de 12 % du prix des aliments. Ce dernier s’est établi à 256 €/tonne (naisseur-engraisseur) en 2014, soit un coût alimentaire de 0,96 €/kg carcasse.

Le prix du porc a diminué de 8 %, pour se situer à 1,51 €/kg carcasse en 2014

L’évolution du prix du porc durant l’année a fortement affecté la situation économique des élevages. Dans la continuité de la fin de 2013, les trois premiers mois de l’année 2014 se sont soldés par des pertes nettes, d’environ 2 000 € par mois (élevage naisseur-engraisseur de 200 truies). La hausse du cours à partir d’avril s’est concrétisée par cinq mois consécutifs de bénéfices modérés, permettant d’effacer les pertes accumulées depuis novembre 2013. Il a ensuite plongé à partir d’octobre. Les pertes accumulées entre octobre 2014 et mai 2015 peuvent être évaluées à 34 000 € pour un élevage naisseur-engraisseur de 200 truies. La situation est d’autant plus difficile que les années 2013 et 2014 n’ont pas permis d’accumuler des bénéfices suffisants pour affronter cette crise.

Des charges de structure plus lourdes

La hausse de la marge sur coût alimentaire par truie entre 2013 et 2014 ne s’est pas répercutée sur le résultat net des élevages. Les charges de structure croissent depuis quelques années. À productivité des truies et poids des porcs vendus inchangés, ces charges ont augmenté de 10 % entre 2009 et 2014, pour atteindre 1 100 euros par truie présente par an. Les hausses les plus fortes ont concerné les frais d’entretien et réparations (+21 %) mais surtout les dépenses d’énergie (+41 %), en raison de l’augmentation des prix de celle-ci. L’évolution des charges de structure a différé selon les régions. Hors de la Bretagne, les amortissements observés en GTE ont décru entre 2009 et 2014, en particulier en Basse-Normandie (-16 %) et Pays-de-la-Loire (-35 %). En Bretagne, les résultats des CerFrance ont aussi montré une hausse des amortissements de 21 %, due en partie aux mises aux normes bien-être des bâtiments de gestation. Il pourrait aussi s’agir d’un premier signe d’une modernisation des élevages, facilitée par 1’instauration du régime d’enregistrement.

22 000 € par UTH familiale

À l’échelle de l’exploitation, les résultats comptables des clôtures de 2014 ont été par-ticulièrement faibles, avec +22 000 € par UTH familiale dans les Côtes d’Armor, contre 40 000 € en 2013. Bien que les marges brutes de l’atelier porc aient légèrement augmenté, les résultats ont été pénalisés par la hausse des charges de structure et la forte baisse des résultats des cultures de l’exploitation. La marge brute des cultures s’est en effet située à 569 € par ha en 2014, contre 911 € par ha en 2013.

Résultat courant par UTHF
Résultat courant par UTHF

Les exploitations des 25 % inférieurs obtiendraient un résultat bien inférieur à la moyenne, estimé à – 22 000 €, en nette dégradation depuis deux ans. Cette situation souligne la gravité des difficultés que traversent les élevages les moins performants, et leur amplification en ce début d’année 2015. Source Boris Duflot, Ifip

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