Découvertes

le wwoofer met la main à la pâte

Le wwoofing (Wwoof : World wild opportunities on organic farms) est un réseau mondial de fermes qui offrent le gîte et le couvert à des visiteurs qui participent au travail quotidien.  

« Les agriculteurs hôtes accueillent des wwoofers pour faire partager leurs connaissances, leur savoir-faire, leur quotidien et leurs activités en offrant le gîte et le couvert en contrepartie d’un travail de bénévolat », expliquent Morgane et Geoffrey, couple de jeunes Bretons qui a tenté l’expérience en Irlande il y a quelques mois. « Nous avions envie d’améliorer notre anglais tout en découvrant une autre culture, un autre mode de vie », précisent ces Costarmoricains qui ne connaissaient pas le milieu agricole.

tracteur
« C’est un paradoxe, nous avons beau venir d’un des premiers départements agricoles de France, il aura fallu cette expérience en Irlande pour avoir l’occasion de conduire un tracteur », racontent les costarmoricains Morgane et Geoffrey.

Débarqués dans la ville de Cork et ses 200 000 habitants, c’est après 1 h 30 de route qu’ils arrivent sur leur ferme d’accueil. Changement de décor : « Des champs à perte de vue, des montagnes et des collines en arrière-plan… » Les agriculteurs Kevin et Ber, « après un premier contact et un repas chaleureux », organisent rapidement un tour du propriétaire : « Grand potager, serres, jardin, bed and breakfast (B&B) dans cette véritable maison irlandaise, sans oublier notre petit logement. » Mais surtout cette ferme de 52 ha, « vieille de plus de 200 ans et dans la famille depuis six générations », est prioritairement consacrée à l’élevage bovin. Devant cette diversité, Morgane et Geoffrey comprennent vite qu’ils ne s’ennuieront pas. « D’autant qu’à proximité de ce cadre rural calme, préservé et plaisant, après le travail, les activités peuvent être multiples : pêche en rivière, marche dans les montagnes Knockmealdown, Comeragh et Galty, visite du château de Cahir… »

Wwoofing à travers le monde et même en Bretagne

Plus de 25 pays des 4 continents disposent d’associations Wwoof. En France, il y a plus de 950 hôtes, dont 78 en Bretagne (16 en Côtes d’Armor, 27 en Morbihan, 18 en Ille-et-Vilaine, 17 en Finistère). « Si vous êtes agriculteurs et voulez partager votre quotidien et vos valeurs ou si vous êtes réceptifs à de nouveaux horizons (bénévoles), vous serez, comme nous, enchantés par l’expérience du wwoofing », expliquent Morgane et Geoffrey qui conseillent notamment aux futurs wwoofers de « toujours s’inscrire à l’avance, car il peut y avoir des listes d’attente de 6 mois pour certains hôtes ». Pour le wwoofing sur le territoire français, soutenu par le ministère de l’Agriculture, consulter www.wwoof.fr

De vraies journées de travail

Même si les « vacanciers » sont bénévoles, il y a du pain sur la planche : « Kevin et Ber nous déléguaient plusieurs tâches à effectuer dans la journée. Ensuite libre à nous de nous organiser à notre manière, le temps de travail étant reparti sur cinq jours avec environ sept heures de travail quotidien et une pause d’une heure le midi. » Avec Kevin, les travaux se déroulent le plus souvent en extérieur : jardinage, taille des haies, élagage, comptage des bêtes, « sans oublier de nourrir les veaux »…  Avec Ber qui s’occupe du B&B, les tâches sont plus domestiques : « Nettoyage, repassage, cueillette des fruits pour les confitures maison, entretien du potager, cueillette des légumes du potager et préparation des repas, déshydratation des fruits et  légumes pour une conservation plus longue… » Évidemment, les activités diffèrent en fonction des saisons. « Les wwoofers sont d’ailleurs plus nombreux en été, période où il y a plus de travail avec les récoltes et des conditions d’activité plus plaisantes, qu’en hiver », précise Geoffrey.

Une porte d’entrée simple pour découvrir l’agriculture

« Après des années à l’étranger, je suis revenue au printemps 2014 avec l’intention de vivre en Bretagne et de découvrir l’agriculture dans sa diversité. Suite à une expérience de wwoofing en Italie en brebis laitières, j’ai trouvé une nouvelle ferme hôte à Carhaix (29) pour goûter à la permaculture, sujet un peu à la mode », raconte Anne-Gaud, aujourd’hui coordinatrice au Cédapa, association d’éleveurs. « Le wwoofing, qui concerne uniquement le bio, est une des portes d’entrée les plus simples pour se confronter au quotidien d’une ferme, surtout quand on n’y connaît rien. » Ensuite, elle a trouvé d’autres interlocuteurs pour entrer dans des exploitations conventionnelles. « Suite à des renrencontres au Space, AEF 22 m’a trouvé une exploitation laitière à Quintin (22), chez Patrick Gicquel, pour réaliser une EMT pour Évaluation en milieu du travail accessible dans le cadre de Pôle Emploi. Un autre bon moyen de mettre la main à la pâte. Puis Côtes d’Armor Développement m’a envoyé sur l’élevage de porc avec méthanisation de Jean-Marc Onno à Guernequay (56)… » Au final, ces petites expériences ont rapidement payé : « D’avoir mis les bottes m’a mise en confiance et a joué en ma faveur au moment de répondre à l’offre d’emploi du Cédapa. »

Améliorer son anglais en vivant le quotidien des gens

Au terme des quatre semaines de cette expérience bénévole, Morgane et Geoffrey sont rentrés ravis : « D’abord, nous avons amélioré notre anglais, ce qui était le but premier de notre voyage, puisqu’il fallait être attentif pour bien comprendre les consignes de travail. Ensuite, ce séjour nous a aussi permis d’acquérir des compétences agricoles et culinaires que nous n’avions pas. Et puis, grâce à Kévin, qui est également guide de haute montagne, nous sommes partis en randonnée pour flécher un parcours de trek dans les hauteurs… Des souvenirs inoubliables. »
Quant aux deux agriculteurs irlandais, Kevin et Ber, ils ont « un avis très positif » des expériences avec les wwoofers. Cela leur permet à la fois « d’avoir de l’aide à l’entretien de leur ferme et de communiquer sur leur métier en voyant passer de nombreux bénévoles de toutes nationalités confondues… »

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