Productions Agricoles

Du soja plus précoce testé au Rheu

Aujourd’hui, les surfaces de soja en Bretagne ne dépassent pas quelques dizaines d’hectares. Mais les variétés plus précoces ouvrent des perspectives.

Cultiver le soja au-dessus de la Loire n’était techniquement pas simple, notamment du fait du manque de précocité des variétés proposées. Mais des efforts conséquents ont été réalisés par les semenciers européens pour répondre à cette problématique. Pour la deuxième année, des essais sont menés par Terres Inovia, nouveau nom du Cetiom depuis début juin, en partenariat avec le CTPS (Comité technique permanent de la sélection), sur le site Inra du Rheu (35). 16 variétés sont testées en 2015. Elles ont été semées mi-mai et seront récoltées entre mi-septembre et début octobre, à la moissonneuse.

Implantation et désherbage à soigner

« La culture du soja est assez simple à gérer, mais l’implantation et le désherbage doivent être soignés, et les sols doivent disposer d’une bonne réserve utile en eau. L’inoculation des graines est importante, car le soja est une légumineuse qui capte l’azote via ses nodosités », souligne Mathieu Godet, responsable zone Centre et Ouest de Terres Inovia. « Le désherbage mécanique est possible. Cette culture est économe en intrants, se passant d’azote, et ne demandant pas de fongicide et peu ou pas d’insecticide. Elle permet aussi de diversifier les rotations, d’améliorer la structure des sols et apporte une fertilisation à la culture suivante, un blé par exemple… »

Évaluée sur des variétés tardives, la résistance au sclérotinia va être regardée pour les sojas précoces. La hauteur d’insertion de la première gousse (la plus basse) est un autre critère de sélection, car elle favorise le rendement. « Sur les essais de l’an passé, nous avons obtenu des rendements allant de 17 à 40 q/ha », chiffre Mathieu Godet.

Une cartographie bretonne en projet

Dans le programme SOS Protein, financé par les régions Bretagne et Pays de la Loire, un volet accompagne le développement du soja. En 2016, une cartographie des zones de faisabilité de la culture en Bretagne va être réalisée, donnant le pourcentage de chances de réussir le cycle dans de bonnes conditions.

Cultiver du soja demain en terre celtique n’est donc pas un rêve, d’autant plus que de nouvelles variétés sont en cours d’inscription. On peut mettre en parallèle tous les progrès réalisés pour parvenir à la formidable réussite de la culture du maïs dans notre région, plante tropicale à la base. Mais davantage de sécurité protéique passera aussi par d’autres cultures telles que la luzerne, le pois, la féverole ou encore le lupin. « L’amélioration des prairies est un autre levier, important », conclut Mathieu Godet. Agnès Cussonneau

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