Productions Agricoles

Sortir du rang en semant en quinconce

Alexandre Henry, entrepreneur à Lanfains (22), développe depuis 4 ans le semis de maïs en quinconce. Couverture du sol plus rapide, meilleure qualité de fourrage et rendements augmentés sont les avantages cités par ses clients.

« Ça fait 4 ans que je propose à mes clients le semis en quinconce avec semoir à céréales » explique Alexandre Henry, entrepreneur. Il poursuit : « La première année j’ai semé 8 ha, cette année j’ai 120 ha à faire et l’année prochaine j’aurai au minimum 150 ha. Les agriculteurs qui ont essayé cette méthode sur une partie de leur surface et l’ont comparée au semis traditionnel en ligne passent l’année d’après à toute la surface semée en quinconce. »

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Les roues plombeuses du semoir sont très importantes et assurent un bon rappui de la graine.

Une graine bien rappuyée grâce aux roues plombeuses

Cette technique a commencé à se développer autour de l’an 2 000 avec l’arrivée sur le marché des becs d’ensileuse rotatifs de type « Kemper ». « Avant, le semis en rang avec un écartement de 75 cm était un passage obligé puis-que les becs à maïs traditionnels ne permettaient pas de sortir du rang au moment de l’ensilage. Les constructeurs développent aussi un bec adap-té pour la récolte du maïs grain semé en quinconce », explique Alexandre Henry.
L’entrepreneur sème avec un combiné herse rotative avec rouleau packer et un semoir à céréales pneumatique équipé de doubles disques avec roues plombeuses. « Ces roues plombeuses sont très importantes et assurent un bon rappui de la graine. » Cette prestation de semis après labour est facturée 80 €/ha au client et 95 €/ha en semis sans labour avec un Tiller à l’avant du tracteur. « Cette technique garantit un bon débit de chantier. Je sème à une vitesse de 7,5 km/h, ce qui me permet de couvrir en moyenne 15 ha/jour. »

Une grande trémie avec 10 ha d’autonomie

Ce semoir n’étant pas prévu pour semer du maïs à la base, l’entrepreneur doit s’arrêter lors de chaque changement de variété pour effectuer des pesées et ajuster les réglages pour obtenir la bonne densité à l’hectare. « Avec cette technique, on sème un peu plus fort. Vers le 15 avril, on préconise 110 000 grains/ha. On descend à 105 000 grains/ha à partir de début mai. » Alexandre Henry apprécie la grande trémie de ce semoir, elle offre une capacité de 10 ha lorsque l’on reste sur la même variété. « L’inconvénient  est que je ne peux pas mettre d’engrais starter. Mais je vais équiper le semoir la saison prochaine pour pouvoir le faire. » Avant de démarrer le chantier, l’entrepreneur prend le soin de demander à son client la largeur de son pulvérisateur pour pouvoir jalonner correctement pour qu’il n’y ait pas de plants écrasés au moment du désherbage. Nicolas Goualan

Une plante qui couvre plus vite le sol

Je pratique le semis en quinconce depuis deux ans. Je constate qu’avec cette technique la plante couvre plus vite le sol. Les parcelles se salissent moins, ce qui est positif pour atteindre les objectifs de réduction de produits phytosanitaires. J’observe des plants avec un système racinaire qui se développe mieux que pour des semis en ligne. Il y a moins de concurrence entre les plants. Les pieds de maïs sont bien plus gros avec sur chacun un vrai épi bien rempli. Sur mon exploitation, j’ai remarqué un maïs moins haut mais bien plus trapu. Je suis très satisfait des rendements et surtout de la qualité du fourrage liée au rapport grain sur plante entière nettement plus élevé que lors d’un semis classique.

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