Machinisme et équipements

Les bottes d’enrubannage se passent du filet

Certains modèles de combinés presse-enrubanneuse peuvent lier les bottes avec du film plastique plutôt qu’avec du filet ou de la ficelle. Un des avantages est d’obtenir des bottes bien serrées et qui se conservent mieux.

Avec l’arrivée des combinés presse-enrubanneuse, les pratiques évoluent. « Avant pour lier une botte destinée à être enrubannée, on utilisait soit de la ficelle ou du filet. Aujourd’hui, on a la possibilité de le faire avec du film plastique appelé “Triobalecompressor” », déclare Sébastien Bougeard, technicien pour la société Trioplast fabricant de film plastique pour l’agriculture. Le film à une grande capacité d’étirement ce qui donne des bottes bien serrées.

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Sébastien Bougeard, technicien chez Trioplast et Christian Michault, éleveur laitier à Janzé (35).

Trois tours et demi de film pour lier la botte

« Avant avec la ficelle, le résultat était plutôt bon, on ne fait pas toujours aussi bien avec du filet », remarque Sébastien Bougeard. Pour lui, certains chauffeurs ne mettent pas suffisamment de filet. « Il est important de rappeler qu’un tour et demi de filet ne suffit pas pour qu’une botte se tienne bien, il faut un minimum de deux tours. Le cas typique d’un manque de filet est une balle qui s’ovalise, elle prend alors l’air et ne se conserve pas bien. Pour éviter de commettre ces erreurs avec le film plastique, les presses McHale sont paramétrées afin que le chauffeur ne puisse pas descendre en dessous de trois tours et demi de film par botte. » Cette pratique est donc très intéressante, et apporte une sécurité supplémentaire au service d’une bonne conservation du fourrage. Christian Michault, éleveur laitier à Janzé (35) apprécie : « Quand j’ouvre une botte, je n’ai que du plastique à enlever alors qu’avant je retirais le film d’enrubannage et ensuite il fallait trouver la coupe du filet pour le dérouler sans en laisser dans le fourrage. Je constate que pour le stockage des bottes c’est plus facile. Je les gerbe sur trois en hauteur et comme elles sont plus compactes, le tas ne s’effondre pas. J’ai aussi beaucoup moins de pertes. »

L’enrubannage exige un vrai savoir-faire

Pour Louis Giboire, entrepreneur de travaux agricoles à Janzé : « Il y a un réel savoir-faire sur l’enrubannage. C’est ce qui détermine la qualité du fourrage. Il faut savoir couper l’herbe au bon stade avec le bon matériel, bien présenter l’andain, mais aussi prendre des précautions pour récupérer les bottes filmées… » Les presses sont équipées de couteaux pour réaliser de l’enrubannage dit “coupé”. Pour un bon résultat, il faut que les andains soient réguliers pour que l’alimentation de la presse soit régulière. Les couteaux doivent aussi être bien affûtés et il faut éviter les cailloux ou autres corps étrangers. Louis Giboire possède un andaineur Roc qui a l’avantage de récupérer tout le fourrage sans ramener les cailloux dans l’andain. « Les andains sont toujours homogènes quelle que soit la quantité de matière. Ce matériel permet d’être à l’optimum avec la presse et surtout de ne pas abîmer les couteaux. »

Des rounds plus compacts et plus serrés

L’élasticité du film plastique permet d’obtenir des bottes plus compactes, plus serrées et d’un diamètre plus petit que lorsqu’elles sont liées avec du filet. « Avec un étirement à 25 % plutôt qu’à 12 %, on gagne 7 cm de diamètre sur la botte. Le gain est encore supérieur comparé au filet puisque celui-ci n’a quasi aucune élasticité », signale le technicien de Trioplast. Et d’ajouter : « On obtient des balles qui dépassent les 300 à 400 kg de MS et dans lesquelles on met plus de 800 kg de vert par botte. Je ne suis pas sûr qu’avec du filet on en mette autant, même si les nouvelles presses ont tendance à serrer plus les rounds. » Malgré ces avantages l’ETA Giboire à Janzé, propriétaire de ce combiné presse-enrubanneuse n’a pas augmenté ses tarifs. « L’enrubannage est facturé autour de 11 € la botte, que le liage se fasse par film plastique ou par filet », indique Louis Giboire, l’entrepreneur. Sébastien Bougeard fait tout de même remarquer que sur l’ensemble, c’est une garantie optimale sur la conservation puisqu’une partie de la balle est déjà filmée. Nicolas Goualan

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