Penser à la maintenance en photovoltaïque

panneaux-photovoltaique-agricole - Illustration Penser à la maintenance en photovoltaïque

Si Éole et Hélios sont les dieux grecs du vent et du soleil, une chose est sûre EDF n’est pas celui de l’aide au développement des énergies renouvelables en France. Pourtant, malgré tout, des agriculteurs y croient encore, résistent, prennent leur mal en patience pour mener à bien des projets photovoltaïques sur leurs bâtiments d’élevage. Pour des installations solaires de plus de 100 kW, il est encore intéressant d’investir pour de la revente à EDF, par contre les projets plus petits trouvent difficilement une rentabilité. Parallèlement, certains agriculteurs se lancent dans le renouvelable pour de l’autoconsommation sur l’exploitation, comme cet éleveur témoignant dans ce dossier et produisant l’électricité pour son élevage grâce à une éolienne de 20 kW. D’autres Bretons auraient la même réflexion sur du photovoltaïque…

[nextpage title=”Des bâtiments fonctionnels financés par le photovoltaïque”]

Stéphane Bihel, à Saint-Malo-des-Trois-Fontaines (56), a investi dans 2 bâtiments neufs et une installation photovoltaïque de 249 kW en service depuis juillet 2014. La totalité de cet investissement s’autofinance sur 14 ans, grâce à l’énergie produite et revendue à EDF.

[caption id=”attachment_2183″ align=”aligncenter” width=”300″]Alain Nicolas, responsable clientèle Ouest de la société IEL et Stéphane Bihel, éleveur laitier à Saint-Malo-des-Trois- Fontaines (56) Alain Nicolas, responsable clientèle Ouest de la société IEL et Stéphane Bihel, éleveur laitier à Saint-Malo-des-Trois-Fontaines (56)[/caption]

« Grâce au photovoltaïque, j’ai diversifié mon activité agricole et ainsi réussi à limiter les risques liés à une conjoncture incertaine », témoigne Stéphane Bihel, éleveur de 29 ans. Il s’est installé sur la ferme laitière familiale de Saint-Malo-des-Trois-Fontaines (56), avec sa mère, en 2006, au moment du départ en retraite de son père. « J’ai eu la chance de commencer mon activité professionnelle à partir d’une base saine et évolutive. » Le projet de réaliser un investissement photovoltaïque est arrivé suite à la reprise d’une exploitation et au manque de place sur le site principal. « Dans un premier temps, le projet était de monter un bâtiment de 1 000 m2 pour les génisses et un second de 750 m2 pour le matériel et le stockage à plat de mes céréales (400 à 450 tonnes). En 2012, les projets de bâtiments se sont concrétisés et c’est à ce moment-là que j’ai étudié la faisabilité d’y installer des panneaux photovoltaïques », livre l’éleveur.

Le projet s’autofinance sur 14 ans

Le dossier est déposé auprès d’EDF fin 2012. Le projet d’une puissance totale de 249 kW installé sur les deux bâtiments est validé pour un tarif de rachat de 0,19 €/kW quelques mois plus tard. « Nous avons réalisé un prévisionnel de production pour valider la rentabilité du projet puis je me suis lancé. L’investissement dans les bâtiments, le terrassement et l’installation photovoltaïque est d’environ 650 000 €. » Stéphane Bihel confie que le prévisionnel table sur 9 ans pour que la production photovoltaïque rembourse l’investissement et les 5 ans suivant pour les bâtiments. Il restera ensuite 6 ans de contrat à l’éleveur pour dégager du bénéfice. Une fois les 20 ans de contrat terminés, l’installation produira encore à 80 % qui pourront être partiellement autoconsommés et le surplus revendu. « Les bâtiments ont été orientés plein sud et les bâtiments avec toiture en monopente et 30° d’inclinaison afin d’obtenir les conditions idéales pour produire le maximum », décrit Alain Nicolas, responsable clientèle Ouest pour la société IEL. Il explique aussi qu’à la base d’un projet photovoltaïque comme celui-ci, il faut avoir un besoin en bâtiments. « On ne fait pas des bâtiments avec comme unique motivation l’envie d’installer des panneaux solaires. »

Faire une étude avec photovoltaïque avant tout projet de bâtiment

Depuis 2009, le marché a beaucoup évolué. À cette époque le tarif de rachat était particulièrement attractif à 0,60 €/kWh. Mais le coût d’une installation était bien plus cher qu’aujourd’hui, l’investissement était de 5 à 5,50 €/Wc. « Une installation de 100 kWc revenait entre 500 000 et 550 000 €. Cette même installation coûte aujourd’hui environ 110 000 €, soit 1,10 €/Wc », indique Alain Nicolas de chez IEL. Et d’ajouter : « Le prix de rachat de l’électricité produite a diminué, mais il faut regarder le ratio du coût de l’installation par rapport au tarif de rachat actuel. » Il conseille aux éleveurs ayant un projet de constructions d’étudier la faisabilité d’une installation solaire et surtout d’instruire son permis de construire avec la pose de panneaux photovoltaïques. « Cela ne coûte pas plus cher et permet d’éviter de faire un avenant par la suite. »

Pérenniser la production grâce à la maintenance

L’installation a été raccordée par EDF fin du mois de juillet 2014. Stéphane Bihel suit de près sa production et les premiers mois sont cohérents avec ce qui était prévu dans le prévisionnel. « J’attends tout de même de faire une année complète pour dresser le bilan. » Et Alain Nicolas d’ajouter : « Lorsque l’on investit dans une installation photovoltaïque, il y a très peu de travail à fournir. Pour autant, un minimum d’entretien s’impose. Une visite de maintenance, une fois par an, est recommandée et un nettoyage, une à deux fois par an, en fonction de l’environnement autour des bâtiments, permet de pérenniser et d’optimiser la production. » Nicolas Goualan

[nextpage title=”Apepha : Une association dynamique qui accompagne les énergiculteurs”]Interview de Pascal Chaussec, agriculteur à Edern (29), producteur d’énergie photovoltaïque et président de l’Apepha (Agriculteurs producteurs d’électricité photovoltaïque associés).

L’Apepha a été créée par des agriculteurs. Où en est l’association aujourd’hui ?

L’association a été créée en septembre 2010 afin de réunir les différents groupes de travail éparpillés un peu partout en France. À la base, c’est un groupe de 10 à 15 agriculteurs producteurs d’énergie photovoltaïque qui voulaient croiser leurs informations dans le but de créer des références. Aujourd’hui, nous sommes 300 adhérents en France, dont 200 se trouvent en Bretagne et nous avons l’objectif de passer rapidement à 500 adhérents. Il était très important d’avoir des producteurs avec des convictions fortes et de l’expérience pour permettre de lever les doutes des porteurs de projet sur les aspects techniques et les compétences des entreprises. Il fallait absolument que l’on réussisse à se structurer pour que ce soit durable et que l’on ait des moyens d’agir. L’association répond aux besoins des agriculteurs (qui représentent 90 % des adhérents) et des entreprises ayant une installation photovoltaïque ou un projet futur.

[caption id=”attachment_2186″ align=”aligncenter” width=”300″]Pascal Chaussec, président de l’Apepha. Pascal Chaussec, président de l’Apepha.[/caption]

Qu’apporte exactement l’association à ses adhérents ?

Nous répondons essentiellement aux questions techniques. D’ailleurs, je suis abasourdi de voir que certaines installations photovoltaïques ne sont pas du tout entretenues alors que c’est l’activité la plus rentable à l’heure sur une exploitation. Certains producteurs délaissent l’entretien, la maintenance et le suivi de production de leur installation. Nous voulons sensibiliser les adhérents sur l’importance de la maintenance. Une salle de traite ou une machine à soupe qui travaille tous les jours va avoir une visite de maintenance au moins une fois par an.

Ça doit être la même chose pour l’installation photovoltaïque. Sur le site internet de l’association, nous avons une partie dédiée au suivi de production. Chaque adhérent y enregistre ses données de production. Tous les ans,  chaque participant édite un dossier analytique. Cela permet de situer sa production par rapport aux autres producteurs et aux installations voisines. Grâce à ces données collectées, nous réalisons un travail d’analyse et d’expertise des différents matériels et concepts de pose. Chez certains, ce suivi a permis de détecter des problèmes techniques sur l’installation qui impactaient le rendement parfois jusqu’à 20 %. Nous avons ensuite mandaté un expert pour trouver une solution chez ces producteurs.

Comment les cotisations sont-elles utilisées ?

Les adhérents reçoivent une lettre d’information bimestrielle sur l’essentiel de l’actualité photovoltaïque. Tous les ans, l’Apepha organise des réunions d’information techniques sur le terrain pour répondre aux attentes des adhérents sur les problématiques de l’activité photovoltaïque. Nous réalisons également des formations ponctuelles sur des thèmes précis. Dernièrement, c’était sur la préparation de nouveaux projets avec trois points précis : simulations de rentabilité, comment participer à des appels d’offres et quels sont les points de vigilance pour analyser des devis.

Les cotisations des adhérents permettent aussi de mutualiser des investigations d’experts sur des problématiques techniques, juridiques, d’assurance, administratives… Nous venons de recevoir la commande d’une analyse juridique de notre avocat concernant le risque du montage d’installations en série (beaucoup de cas différents qui risquent une annulation de contrats). À un moment ou un autre, nos adhérents profitent de ces différentes investigations. L’Apepha travaille de manière transversale avec d’autres acteurs de la filière, nous venons de boucler une charte qualité en commun avec le GIE Bretagne élevage, la chambre régionale d’agriculture et Groupama. C’est un document de référence indispensable pour sécuriser les nouveaux projets.

Les porteurs de projet et les personnes ayant déjà investi ont souvent des problèmes avec EDF. Avez-vous des solutions ?
Nous avons des relations privilégiées et constructives avec EDF. Nous avons la chance d’avoir un interlocuteur direct qui nous apporte des réponses rapides et fiables à toutes nos questions. C’est une raison de plus d’adhérer à l’association. Toute production, surtout si elle est nouvelle, a  besoin d’une organisation collective pour être représentée et sécuriser son avenir. Propos recueillis par Nicolas Goualan

[nextpage title=”Un nettoyage par an pour optimiser le rendement”]

Une installation photovoltaïque travaille presque toute seule, pourtant il faut lui accorder un minimum d’entretien pour garantir un rendement optimal. Cela passe par un bon nettoyage de ses panneaux au moins une fois par an.

[caption id=”attachment_2188″ align=”aligncenter” width=”300″]Le nettoyage d’une installation photovoltaïque de 36 kW prend environ deux heures avec cette laveuse. Le nettoyage d’une installation photovoltaïque de 36 kW prend environ deux heures avec cette laveuse.[/caption]

L’installation photovoltaïque de Patrick Rimasson, à Sens-de-Bretagne (35), date de 2009 et du temps des contrats de rachat de l’électricité au tarif de 0,60 €/kWh. L’éleveur laitier a équipé sa stabulation de 36 kWc de modules photovoltaïques. « Le problème ici, c’est que les panneaux se salissent particulièrement vite puisque j’utilise une pailleuse. » L’éleveur avoue ne pas avoir nettoyé son installation depuis plus d’un an et demi. « Avant je lavais à la pompe haute pression une fois par an. Mais depuis mon accident de quad, je ne suis plus à l’aise sur le toit », raconte l’agriculteur. Il a donc fait appel à Jean-François Le Verge, gérant de la société Armor lavage, proposant des prestations de nettoyage d’installations solaires, qui met l’agriculteur en garde. « Nettoyer ses panneaux avec un Karcher risque d’endommager les modules en décollant le joint au bord du cadre en alu. »

Lavage à l’eau déminéralisée

Pour le nettoyage des installations photovoltaïques, François Le Verge utilise une machine qui permet de ne pas marcher sur les panneaux, ce qui évite les microfissures invisibles à l’œil nu. « Je dirige ma machine depuis le faîtage du bâtiment en la laissant descendre en bas de l’installation et en la remontant manuellement. Elle fonctionne à l’hydraulique par principe de pistons axiaux, ses deux brosses rotatives sont activées par la pression de l’eau. Je n’utilise aucun produit chimique, seulement de l’eau déminéralisée, traitée contre le calcaire et le fer. » L’entrepreneur est venu à cette activité assez naturellement. Son activité de base est le lavage des bâtiments d’élevage et de l’intérieur des serres de légumes. « En avril 2014, j’ai investi 45 000 € dans cette laveuse de panneaux et dans la centrale pour déminéraliser l’eau. Régulièrement, mes clients possédant des installations solaires me demandaient si je connaissais une entreprise faisant du nettoyage de panneaux. J’ai alors décidé de me lancer après avoir rencontré un entrepreneur équipé de cette machine dans le Sud de la France. »

240 € pour nettoyer 36 kWc

De nombreux nettoyages se font manuellement avec des balais-brosses rotatifs et télescopiques qui sont peu coûteux. Le problème est qu’il n’y a pas de poids sur la brosse et donc le nettoyage est moins bon. « Cette laveuse pèse 25 kg, le résultat est net et régulier et le débit de chantier meilleur. » Le nettoyage d’une installation de 36 kWc comme celle de Patrick Rimasson demande moins de deux heures de travail. « Au niveau de la tarification, je facture à la surface 1 €/m2. Pour ce chantier d’environ 240 m2, cela fait 240 €. » Cette nouvelle activité a permis à Jean-François de se diversifier et de palier sa baisse d’activité en nettoyage de poulaillers, lié à la crise avicole. De son côté, l’agriculteur avoue ne pas faire de suivi de production, mais il est convaincu de l’importance de nettoyer régulièrement son installation pour assurer une production optimale. « À partir de cette année, je vais laver mes modules deux fois par an, une fois en mars et l’autre en octobre. C’est évident que je rentabilise mes deux lavages annuels. » N. Goualan

[nextpage title=”Ils ont opté pour le suivi de production et la maintenance”]Éric et Pascal Dondel, producteurs de porcs à Melesse (35), ont choisi de mettre en place un suivi de production et un contrat de maintenance sur leur installation photovoltaïque. De quoi optimiser les performances et la sécurité.

La pénombre règne. Ce n’est pas ce vendredi matin, 20 mars 2015, jour d’éclipse de Soleil, que la production d’énergie photovoltaïque va battre des records sur l’installation d’Éric et Pascal Dondel, deux frères producteurs de porcs à Melesse. Sur l’écran de suivi de production, les courbes se font encéphalogramme plat de 9 h 30 à 11 h 30, puis repartent joyeusement à la hausse. « Le suivi de production est un service que nous proposons aux clients pour un coût de 750 € à la mise en place », explique Jacky Lorant, directeur d’Émeraude Solaire.

[caption id=”attachment_2197″ align=”aligncenter” width=”300″]Éric Dondel (à gauche) et Jacky Lorant, devant les 650 m2 de panneaux orientés plein sud. Éric Dondel (à gauche) et Jacky Lorant, devant les 650 m2 de panneaux orientés plein sud.[/caption]

« Détecter les petits comme les gros soucis »

« J’ai opté pour ce service, car il permet de détecter les petits comme les gros soucis de production de la centrale », précise Éric Dondel, qui dispose d’une installation de 100 kWc de puissance, avec 650 m2 de panneaux, mis en service en juillet 2014. « Le client peut observer la production d’énergie de son installation, à partir d’une liaison internet sur son ordinateur ou son smartphone. En cas de coupure réseau ou problème avec un onduleur, il reçoit une alerte mail. De notre côté, nous regardons aussi chaque jour les résultats de nos clients, en production globale, et onduleur par onduleur. Grâce au logiciel de suivi, nous pouvons détecter des problèmes et faire des comparaisons, mois par mois, année par année », explique Kelig Courtin, technicien du bureau d’étude.

Vérification annuelle des équipements

Éric Dondel va par ailleurs mettre en place le contrat de maintenance proposé par l’installateur, qui coûte 500 €/an. « Lors d’une visite annuelle, nous passons le local technique à la caméra thermique, les équipements, les serrages en particulier, sont vérifiés, le nettoyage réalisé… Nous avons également acquis un appareil qui permet la comparaison entre la production réelle et ce qui est attendu, jusqu’à l’échelle d’un panneau », détaille Lionel Teissier, chargé d’affaires Emeraude Solaire.
« C’est important de maintenir en bon état des appareils qui sont censés fonctionner 20 ans et plus. Et c’est logique de faire appel à l’installateur pour ce-la », explique l’agriculteur qui va aussi déléguer à l’entreprise le nettoyage des panneaux (1 €/m2).

[caption id=”attachment_2198″ align=”aligncenter” width=”208″]« Pour réduire les échauffements, nous plaçons le local technique au nord », précisent Lionel Teissier et Kelig Courtin, d’Émeraude Solaire. Les cinq onduleurs (en rouge) affichent une puissance électrique de 93,3 kVA. « Pour réduire les échauffements, nous plaçons le local technique au nord », précisent Lionel Teissier et Kelig Courtin, d’Émeraude Solaire. Les cinq onduleurs (en rouge) affichent une puissance électrique de 93,3 kVA.[/caption]

D’un coût total de 137 000 € (plus 20 000 € de raccordement) et bénéficiant d’un tarif de rachat de 17 ct €/kWh sur 20 ans, l’installation photovoltaïque devrait être amortie en 12-14 ans. « Elle a été associée à la construction de notre nouveau hangar à matériel (800 m2 au sol), dans lequel nous envisageons aussi de faire du stockage de céréales à plat. » Le producteur inscrit cet investissement dans une démarche de développement durable plus qu’économique pure. « La production de notre centrale représente 50 % de la consommation énergétique de l’élevage ». Même s’il a été accompagné par l’installateur dans sa démarche, Éric Dondel regrette juste la lourdeur administrative sur ce type de projet qui s’est mis en place en un an et demi. Agnès Cussonneau

[nextpage title=”L’autonomie énergétique grâce à l’éolienne”]Après une longue attente et de multiples rebondissements Gilbert Cosson, éleveur à Saint-Donan (22) a réussi à installer son éolienne pour rendre son exploitation autonome en électricité.

« Sans l’aide de Mickael Feuildet, gérant de Belenn Ingénierie et spécialiste des énergies renouvelables, mon projet d’installation d’une éolienne sur mon exploitation n’aurait jamais vu le jour », raconte Gilbert Cosson, éleveur laitier et porcin sur la commune de Saint-Donan (22). Il est convaincu que les agriculteurs ont un rôle important à jouer pour le développement des énergies renouvelables sur le territoire. D’ailleurs, il avait déjà investi quelques années auparavant dans une installation photovoltaïque d’une puissance de 36 kW. « J’ai toujours eu envie d’installer une éolienne. Je suis convaincu que nous avons intérêt à investir dans des systèmes permettant de produire une partie de l’électricité que consomment nos élevages. Si aujourd’hui la rentabilité ne semble pas évidente, il faut tenir compte de l’augmentation constante du prix de l’énergie et mon élevage en consomme beaucoup. »

[caption id=”attachment_2204″ align=”aligncenter” width=”300″]L’éolienne produisant l’électricité pour l’élevage est implantée sur un des points haut de Saint-Donan (22). L’éolienne produisant l’électricité pour l’élevage est implantée sur un des points haut de Saint-Donan (22).[/caption]

32 000 € d’acompte et une société qui dépose le bilan

En 2012, au détour d’une des nombreuses allées du Space, Gilbert Cosson rencontre une entreprise proposant des éoliennes. « J’ai déposé un permis de construire qui a été accepté en novembre 2012 et le mois de février suivant je signais pour acheter mon éolienne d’une puissance de 20 kW. » C’est après que les choses se sont compliquées, car après le versement de 32 000 € d’acompte l’entreprise ayant vendu l’éolienne dépose le bilan. La société est partie avec 10 000 €, elle a tout de même versé 22 000 € au fabricant d’éoliennes irlandais. « À ce moment-là, j’ai voulu arrêter le projet et j’ai demandé au fabricant de me rembourser les 22 000 €. » Mickael Feuildet est alors contacté par une de ses connaissances travaillant au ministère de l’Économie pour prendre en main ce dossier. « Je me suis alors rendu compte que la demande de raccordement sur le réseau EDF n’avait pas été faite, la ferraille n’avait pas été chiffrée avec le béton et d’autres surprises », explique le gérant de Belenn Ingénierie.

L’éolienne installée en août 2014

La demande de raccordement EDF est déposée en décembre 2013 et l’éolienne installée au mois d’août 2014. Son montage a pris une journée à 3 personnes. « Il a tout de même fallu attendre 4 mois après l’installation pour valider la procédure administrative. Sans parler du surcoût de 1 800 €. L’entreprise irlandaise disposant d’une expérience internationale a été très surprise de la rigueur technique et administrative exigée par la France. » Mais Mickael Feuildet et Gilbert Cosson restent positifs : « Nous sommes les premiers à faire ce genre de projet, nous avons donc essuyé les plâtres. »

[caption id=”attachment_2200″ align=”aligncenter” width=”300″]Ci-dessous : Mickael Feuildet, gérant de Belenn Ingénierie et Gilbert Cosson, éleveur à Saint-Donan. Ci-dessous : Mickael Feuildet, gérant de Belenn Ingénierie et Gilbert Cosson, éleveur à Saint-Donan.[/caption]

Un investissement de 100 000 €

L’investissement total s’élève à environ 100 000 € HT pour une éolienne de 20 kW et un mat de 20 m de hauteur (80 000 € l’éolienne, 10 000 € de béton, 10 000 € de câble). La rentabilité de cette installation se fait en consommant le plus d’électricité possible sur l’élevage. « Dans l’éolien, il y a un tarif de rachat unique qui est de 0,082 €/kWh, peu importe la puissance installée. Au niveau de l’exploitation, l’électricité est achetée à 0,11 €/kWh. L’éleveur a donc tout intérêt à consommer le maximum et uniquement vendre le surplus à EDF », précise Mickael Feuildet. Depuis la mise en service de l’éolienne, Gilbert Cosson a produit 13 000 kWh dont les trois quarts ont été consommés sur l’élevage. Nicolas Goualan


Fermer l'écran superposé de recherche

Rechercher un article