Guerre des prix : quand conciliation rime avec sanction

grande-distribution-guerre-prix - Illustration Guerre des prix : quand conciliation rime avec sanction

Alors que vont démarrer les négociations commerciales pour 2015, un triple front – pouvoirs publics, industriels et agriculteurs – s’est constitué pour réclamer une pause auprès des grandes enseignes de distribution dans la guerre des prix.

Le Sial, Salon de l’industrie alimentaire, qui s’est tenu du 20 au 23 octobre, a été le théâtre de cette offensive. Celle-ci s’est prolongée au ministère de l’Agriculture. Tous les participants ont pu, le 23 octobre, lors d’une réunion organisée par le gouvernement, constater un net changement de ton chez les grandes enseignes de distribution. Le ton était à la conciliation. Plus question d’invoquer le bien-fondé des batailles de prix au nom de l’intérêt du consommateur. Le président de la fédération du commerce reconnaît même que la guerre des prix est destructrice en matière de valeur ajoutée et d’emplois.

Certains infléchissements doivent être sincères, mais aussi inspirés par une certaine « peur du gendarme ». Emmanuel Macron, ministre de l’Économie, a en effet affirmé qu’il va faire intensifier les contrôles réalisés par la DGCCRF (Direction de la concurrence et des prix), et il a annoncé que les deux dernières opérations de concentration chez les centrales d’achat de quatre grandes enseignes vont être analysées par l’Autorité de la concurrence… Dans ce cas, les efforts n’auront sans doute qu’un effet temporaire. Mais tant que, culturellement, distributeurs, industriels et agriculteurs n’arrivent pas à se persuader que c’est ensemble qu’ils parviendront à dégager de la valeur ajoutée afin de pouvoir investir, il semble falloir faire appel à cet ultime recours de menace de sanction.

Dans les mois à venir, tout le monde s’accorde sur le fait que les prix des matières premières agricoles vont baisser. Cela devrait signifier moins de charges pour les éleveurs et moins de coûts pour les industriels. Les grandes surfaces vont-elles jouer le jeu et éviter d’en profiter pour que ces baisses se retrouvent dans leurs prix de vente ? Ce sera un bon test pour la solidarité de filière…


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