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Voyage en Californie laitière

Le financier et l’éleveur

A 65 ans, Willie Bylsma a encore des projets plein la tête. Son « empire laitier » familial compte 5 000 vaches sur 4 sites. Mais l’homme sait rester humble.

Un rond-point planté de hauts palmiers à l’entrée du ranch. C’est la seule touche poétique dans le dernier élevage repris par Willie Bylsma. Cet éleveur-homme d’affaires profite de sa fine connaissance de l’élevage laitier pour installer un fils, ainsi que sa fille et son gendre qui ont démarré avec 200 vaches il y a trois ans et sont aujourd’hui à 1 400.

Willie Bylsma sait s’entourer : Mozart Martos, originaire d’une ferme d’élevage des Açores, est « un excellent éleveur »
Willie Bylsma sait s’entourer : Mozart Martos, originaire d’une ferme d’élevage des Açores, est « un excellent éleveur », avoue son patron.

Entretemps, il a été sollicité par une banque pour reprendre une exploitation d’une capacité de 1 400 vaches « tombée financièrement » il y a 8 ans. Willie Bylsma apparaissait une valeur sûre pour les banquiers. Aujourd’hui, ce dernier élevage mis à son actif se remplit à bon rythme: 1 100 vaches traites pour 1 300 présentes. Encore une centaine de vaches et le compte y sera. Ce qui de ce côté-ci de l’Atlantique apparaît comme une aventure entrepreneuriale incroyable ne semble pas émouvoir l’éleveur de 65 ans : « Ici, quand le ciel vous protège, vous pouvez y aller ».

« S’il avait vendu moins de génisses l’an dernier, l’atelier serait déjà plein. Mais entre éleveurs, on se dépanne, c’est pour cela que j’en ai vendu », fait observer l’éleveur qui, en bon gestionnaire, s’attache à optimiser tous les facteurs de production. Sans oublier qu’il sait bien s’entourer : son gérant,  Mozart Martos est un « excellent éleveur ». Comme la plupart des Portugais des Açores, originaires de fermes d’élevage et qui connaissent parfaitement les animaux. Avec les Mexicains issus de petites fermes, ils sont nombreux à travailler dans les élevages laitiers de Central Valley.

De 4 IA à 2,5

C’est en visitant les Plages de Normandie que Willie s’est intéressé à d’autres races que la Noire. « Du coup, j’ai testé la Normande ». Puis, cette race ne donnant pas les résultats escomptés dans les conditions d’élevage californiennes, il s’est intéressé au croisement trois voies. Quelques années plus tard, Mozart Martos mesure les résultats dans l’élevage : « En Holstein, il fallait 4 IA ; aujourd’hui, nous sommes descendus à 2,5 pour un intervalle vêlage-insémination fécondante de 128 jours », explique-t-il.

Le dernier élevage repris par cet entrepreneur a une capacité de 1 400 vaches
Le dernier élevage repris par cet entrepreneur a une capacité de 1 400 vaches.

Le tout sans programmes hormonaux qui sont la règle dans le pays. « Nous déclenchons les chaleurs avec des hormones s’il n’y a pas de chaleur après 90 jours, ce qui représente 15 % des vaches. Alors que beaucoup d’élevages interviennent dès 56 jours ». Ces éleveurs évaluent à 1,5-2 lactations gagnées et le « taux de réforme involontaire à 20 % en période d’augmentation d’effectif ».

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