Productions Agricoles

La performance économique, en bio aussi

La valorisation des produits compte dans les performances des éleveurs laitiers bio. En parallèle, la maîtrise des coûts, ne doit pas être perdue de vue.

Moins intensives en production, les exploitations biologiques laitières sont assises sur des structures importantes en Bretagne. Disposant d’une SAU de 78 ha en moyenne (contre 69 ha en conventionnel), « elles emploient 2 UTH (dont 1,7 de main-d’œuvre familiale) contre 1,7 en conventionnel (1,6 familiale). Le litrage vendu est en moyenne de 311 560 L (contre 388 620 L), réalisé par 59 vaches laitières (54 en conventionnel) », a détaillé Luc Mangelinck, du CER France 35, lors d’une journée organisée par l’Ufab (Union française d’agriculture biologique), en juin dernier. Des chiffres issus des clôtures comptables de 2012 et concernant 100 exploitations spécialisées sur la Bretagne.

Vigilance sur les charges fixes

L’assolement est dédié à l’alimentation du cheptel, avec 79 % de la SAU en prairies. « La production est souvent insuffisante pour produire le quota, avec une moyenne d’étable de 5 470 L/VL (7 450 L en conventionnel). Des variations existent selon les campagnes fourragères. » En 2012, près de la moitié des fermes bio ont réalisé moins de 90 % de leur quota, 22 % moins de 80 %. Par ailleurs, le capital d’exploitation atteint 1 230 €/1 000 L, alors qu’il n’est que de 870 €/1 000 L pour les autres systèmes. « C’est un point de vigilance à avoir en système bio. »

Mais du fait de produits bien valorisés – la plus-value moyenne sur 5 ans atteint 99 €/1 000 L –, les résultats sont là. « La marge brute lait est très élevée : 367 €/1 000 L contre 240 en conventionnel. » Et même si les charges de structure pèsent lourdement (1 970 €/VL contre 1 750 €/VL), l’EBE moyen atteint 278 €/1 000 L (contre 191). Le ¼ meilleur grimpe même à 344 €/1 000 L. « Au final, le résultat courant par UTHF moyen en bio, à 25 590 € en moyenne sur 5 ans, dépasse celui des autres exploitations, à 22 500 €. » Autre chiffre donné par l’économiste : les producteurs bio à gagner plus de 30 000 €/UTHF sont plus nombreux (42 %) qu’en conventionnel (37 % des producteurs). La maîtrise du coût alimentaire est un objectif, les différences sont notables entre élevages bio. Alors que la moyenne est de 71,2 €/1 000 L, le quart supérieur parvient à le descendre à 50,3 €/1 000 L.

La hausse de production/VL ne fait pas chuter l’EBE

L’étude réalisée sur un échantillon de 36 exploitations spécialisées d’Ille-et-Vilaine montre aussi que les EBE gardent quasiment la même dispersion quel que soit le niveau de production par vache, de 3 500 L à plus de 7 500 L/an. Les six exploitations produisant plus de 5 700 L/VL/an et ayant un EBE supérieur à la moyenne montrent un coût alimentaire un peu supérieur (88 €/1 000 L contre 81 en moyenne). Mais avec des coûts fixes contenus, le résultat/UTHF est supérieur : 26 900 €, alors qu’il est de 22 000 € en moyenne. Multiplication du volume par le prix, la recette laitière compte. Le niveau d’aides aussi…

L’autosuffisance ? Pas la seule voie

Viser l’autosuffisance alimentaire est une piste travaillée par les producteurs bio, sans doute plus que les autres producteurs du fait notamment des coûts fortement majorés des aliments et concentrés achetés. Ce n’est pourtant pas forcément la seule priorité à avoir. Une étude réalisée sur un échantillon de 36 exploitations spécialisées d’Ille-et-Vilaine montre que des producteurs affichant 30, 40, voire 45 €/1 000 L de coût de concentré acheté font aussi bien en EBE/1 000 L que ceux pour qui ce critère n’est que de 5 à 15 €/1 000 L. Les six exploitations ayant un EBE supérieur à la moyenne et achetant plus de 25 € de concentrés aux 1 000 L ont des coûts de fourrages bien moindres qui leur permettent d’atteindre le même coût alimentaire que les autres. Les coûts fixes sont aussi mieux maîtrisés. Un vrai challenge pour beaucoup d’éleveurs laitiers bio. Agnès Cussonneau

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