Semer le colza tôt pour une bonne implantation

semoir-colza-lemken-solitaire - Illustration Semer le colza tôt pour une bonne implantation

Les orges et blés précoces libèrent tôt les parcelles cette année du fait des très bonnes conditions météo. Il faut profiter de cette précocité dans la saison pour préparer les terres.

« La première étape d’un semis précoce de colza passe par l’épandage d’effluents d’élevage le plus tôt possible, suivant la réglementation en vigueur. Nous ne connaissons pas de conditions trop humides cette année, mais il faut tout de même veiller à ne pas marquer les sols » conseille Jean Raimbault, du Cetiom. Le passage d’un outil d’enfouissement permet de limiter la volatilisation de l’azote.

Le colza est une culture qui peut se semer dans un sol sec, sachant que 10 mm de pluie suffisent pour assurer une bonne levée sur un sol bien préparé.

Cas des colzas sur labour

Un labour en fin d’été aura pour conséquence un dessèchement du sol. De plus ce mélange sol sec/sol frais sera défavorable au développement de la plantule car son système racinaire peinera à puiser les éléments nutritifs de la solution du sol. Il convient donc de labourer dès que possible pour ensuite refermer le labour par le passage d’un outil à dent ou d’une herse rotative. L’humidité de la parcelle sera gardée avec le rappuyage d’un rouleau lourd. Cette préparation du lit de semence à également pour objectif de recueillir d’éventuelles précipitations. La probabilité est d’ailleurs assez forte de connaître un épisode de précipitation d’au moins 5 mm entre le 15 juillet et la fin août.

Cas des colzas sans labour

Le retournement du sol permettant d’enfouir les graines d’adventices, il convient dans les itinéraires techniques sans labour de trouver d’autres mesures pour limiter la concurrence des mauvaises herbes. Un déchaumage rapide, voire un double déchaumage, permet de limiter le stock semencier. Cette opération donne également de bons résultats sur la destruction de population de limaces. Attention toutefois, le passage d’outils de façon superficiel a tendance à assécher le sol. Dans les sols limoneux ou limono-sableux, la structure, fragile, se compacte vite. La croissance automnale du pivot peut alors être perturbée par des zones compactées entre 8 et 15 cm. Dans ce cas, un travail de 10-15 cm de profondeur est nécessaire. Un train d’outils assez polyvalents, intégrant des outils à dents, réalisant le travail de fissuration bénéfique à la croissance du pivot et au drainage, suivies de rangées de herse peigne semble un bon compromis.

Fréquence de pluies entre le 1er juillet et le 30 septembre sur la station météo de Rennes. Exemple de lecture : sur la période du 21 au 25 août, nous avons 12 années sur 22, soit 56 %, qui ont reçu plus de 5 mm. Fréquence de pluies entre le 1er juillet et le 30 septembre sur la station météo de Rennes. Exemple de lecture : sur la période du 21 au 25 août, nous avons 12 années sur 22, soit 56 %, qui ont reçu plus de 5 mm.

« Pour libérer rapidement la parcelle, je fais appel à un entrepreneur pour la récolte. Quand les conditions le permettent, mon salarié presse immédiatement derrière la moissonneuse et je ramasse la paille dans la foulée », indique Gilles Guyomarc’h de la SCEA Saint Drézouarn de Kergloff (29). « Un des critères de choix de mes variétés de blé est sa précocité. Toutes les variétés sont hâtives pour clôturer tôt la période de moisson. J’ai du coup plus de temps pour préparer mes terres à colza et pour semer mes couverts végétaux », conclut l’agriculteur. Un premier passage de déchaumage, un apport de fumier puis un second passage de cover-crop plus profond à 10-15 cm enfouit la matière organique et termine la préparation du lit de semence avant le semis de fin août. Cet itinéraire technique débarrasse également le sol des adventices levées. Fanch Paranthoën

L’avis de Jean Raimbault, ingénieur régional au Cetiom

Les piégeages d’insectes doivent être systématiques dans les cultures de colza. Utilisée depuis les années 70 et pas assez répandue à ce jour, la technique de piégeage grâce à la pose de cuvettes jaunes est idéale. Pour ce faire, il suffit d’enterrer  un bol jaune dans chaque parcelle et de le remplir d’une solution d’eau additionnée de liquide vaisselle. Simple et accessible, cet outil d’aide à la décision s’avère précieux car il renseigne non seulement sur les espèces présentes mais également sur la quantité d’individus au mètre carré.

Ainsi, les attaques des principaux nuisibles du colza comme les grosses et petites altises ou le charançon du bourgeon terminal seront détectées. Son observation hebdomadaire déclenchera ou non les interventions insecticides en début de cycle de la culture. Enterrée dès le semis, la cuvette sera remontée ensuite en suivant le stade physiologique des plantes : elle doit toujours se situer au-dessus de la végétation. La consultation des bulletins de santé des végétaux est fortement recommandée pour justifier ses interventions. Pour se procurer les pièges jaunes, consulter Terres Inovia


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