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Les outils à dents en démonstration

Afin de répondre à la question « Quel est le meilleur outil à dents ? », Jean-Philippe Turlin, conseiller agronomie à la Chambre d’agriculture du Finistère a organisé une démonstration au champ.

La démonstration s’est déroulée sur la commune de Motreff (29), avant semis de haricot industrie avec précédent maïs. Jean-Philippe Turlin a souhaité démarrer la matinée par un profil cultural de la parcelle. « Ça permet de prendre conscience du potentiel agronomique de son sol et de savoir comment il fonctionne. On y découvre aussi facilement s’il y a une semelle de labour pour déterminer la profondeur de travail. » L’agriculteur qui cultive cette parcelle précise qu’il n’a pas passé la charrue depuis 15 ans et qu’il a décompacté l’an dernier avant de semer son maïs. « Dans le cas présent, un travail superficiel du sol est suffisant », explique le conseiller agronomie.

Les participants ont découvert 5 outils présentés par leurs utilisateurs. Le Lemken Karat 9 en 6 mètres de largeur attaque la démo. Boris Moal de la FD Cuma 29 commente : « Il y a 3 rangées de dents espacées de 30 cm les unes des autres, les disques sont crénelés donc plus agressifs. On voit qu’il y a du dégagement. Les rouleaux arrière ont un rôle très important pour niveler et rappuyer la terre. C’est un outil à dents mais ce n’est pas un décompacteur. » L’utilisateur annonce pouvoir travailler 4 ha/heure et consommer 12 L/ha. Jean-Philippe Turlin trouve que c’est un bon outil mixte qui travaille bien à 28 cm de profondeur.

Casser la semelle de labour

Le fissurateur de chez Duro est utilisé seul, c’est un 4 dents droites espacées de 75 cm avec sécurité boulon. Il est équipé d’un rouleau arrière. « C’est un outil qui permet de casser la semelle de labour grâce aux ailettes sur les dents et qui a la particularité de très peu bouger les horizons du sol. Il peut être utilisé après labour, mais ça demande de la puissance. En 3 mètres, on peut travailler environ 1,3 ha/heure », décrit Boris Moal. Une fois le passage effectué le conseiller de la Chambre constate que le travail est effectué plus profondément qu’avec l’outil précédent et que l’objectif de fissurer est atteint. « En bout de champ, là où c’est plus tassé, il faudra peut-être passer 2 fois. »

Le Combiplow de Matagrisem en 4 m est équipé de 6 dents presque droites à pointe décalée, le tout en sécurité non-stop. Il est combiné avec une herse rotative. « Le maïs est semé avec cet ensemble sans labour. Ça permet à la terre d’être fissurée une fois tous les 3 ans. Le débit de chantier est de 2 ha/heure et la consommation de 20 L/ha », livre l’agriculteur. La terre est plus travaillée du fait de la forme de la dent qui est descendue à 33 cm.

Les participants ont partagé leurs expériences diverses et observé le travail de chaque outil grâce au profil cultural
Les participants ont partagé leurs expériences diverses et observé le travail de chaque outil grâce au profil cultural.

Adapter le tracteur à l’outil

Le quatrième outil est un vibroflex de chez Kverneland en 4 m qui possédait 7 dents sur une rangée et qui, après modification, est passé à 7 dents avec sécurité à lame sur une rangée avec un rouleau arrière. « Les dents sont trop fines, ça ne bouge pas beaucoup le sol. Ça travaille la terre sur 25 cm, ça fissure mais pas partout », déclare Jean-Philippe Turlin. L’Actisol est le dernier à passer. C’est un outil mixte de 5 m avec 2 rangés de dents espacées de 32 cm, avec sécurité à ressort. Le premier rouleau arrière sert à casser les mottes et le second à niveler et rappuyer la terre. « La consommation est de 20 L/heure pour une utilisation sur chaumes avant semis de maïs ou colza », lance l’agriculteur.

Un participant fait remarquer que pour aller profond il ne faut pas trop de dents et que seule la sous-soleuse ou le fissurateur permettent de casser la semelle de labour. Le conseiller agronomie conclut : « Nous avons vu plusieurs types d’outils, ils n’effectuent pas le même travail, on ne peut donc pas les comparer. Avant d’investir il faut surtout se demander si on veut fissurer la terre ou la travailler plus superficiellement avec un matériel plus mixte. » Et le technicien de la FD Cuma 29 d’ajouter « l’adaptation tracteur-outil est très importante car ça joue énormément sur le tassement du sol et la consommation en carburant. » Nicolas Goualan

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