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Signaux faibles en faveur de la compétitivité

S’estimant victimes d’un système français pénalisant leur compétitivité, les coopératives ont du mal à avancer. Un contexte paradoxal, alors que la demande mondiale en produits agroalimentaires explose.

C’est un plaidoyer pour le retour de la compétitivité qu’a livré Philippe Mangin lors de l’assemblée générale de Coop de France Ouest, le 11 avril à Rennes. « L’agroalimentaire français voit ses positions s’éroder d’année en année. Parmi les raisons, l’objectif de “produire mieux” – auquel nous adhérons – est érigé en “produire moins” dans notre pays. Alors qu’il faudrait produire autant, voire plus, au vu de la demande mondiale qui progresse. S’y ajoute le principe de précaution qui bloque tous les progrès au sens large en matière d’agriculture et d’agroalimentaire », a souligné le président de Coop de France.

Alléger le coût du travail

Evoquant le coût du travail, il insiste sur le fait que « la France est sur la première marche du podium en Europe, en impôts et taxes. C’est dramatique pour les entreprises agroalimentaires. Depuis 18 mois, nous nous battons pour que le CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) soit applicable aux coopératives. Nous souhaitons par ailleurs entrer dans l’allègement des charges prévu dans le Pacte de responsabilité. Mais pour le moment, rien de concret », précise Philippe Mangin qui aurait du rencontrer cette semaine François Hollande mais dont le RDV a été annulé au dernier moment. « Sur les projets d’Ecotaxe et de taxe carbone, notre position est claire : on n’en veut pas », ajoute Jean-Marie Gabillaud, président de Coop de France Ouest, qui dénonce par ailleurs l’empilement administratif.

S’agissant des relations entre transformateurs et distributeurs, « qui connaissent des tensions en France comme nulle part ailleurs », Philippe Mangin se satisfait de quelques avancées obtenues par Coop de France dans la LME (Loi de modernisation de l’économie). « En 2015, les conditions générales de vente, avec des fournisseurs qui proposent les prix, seront désormais incontournables. Mais surtout, des sanctions administratives (donc rapides) pourront être prises envers les distributeurs ne respectant pas la loi, avec publication dans les magasins. »

Montée en puissance des escroqueries

« Les escroqueries financières avec usurpation d’identité ou faux documents sont de plus en plus courantes dans les entreprises, atteignant parfois plusieurs millions d’euros », a précisé Stéphane Mortier, de la gendarmerie nationale, venu mettre en garde les dirigeants de coopératives. « L’information de votre entreprise est partout. Les réseaux sociaux sont une mine d’information. Dans les cafés, les espaces fumeurs, dans le train, les gens entendent les communications. La première des préventions est la sensibilisation des collaborateurs. » Des procédures peuvent aussi être mises en place, sans jamais y déroger : contre-appel, vérification des numéros, des adresses e-mail, double signature au-delà d’un certain montant, alerte des banques. « En cas de fraude, il faut contacter sa banque au plus vite et déposer plainte rapidement. » Mais c’est souvent trop tard, les virements sont internationaux… La prévention et la vigilance s’imposent donc.

Refus d’entrer dans la gouvernance des GDS

Revenant sur la reconnaissance par le ministère de l’Agriculture des Groupement de défense sanitaire (GDS) régionaux comme Organismes à vocation sanitaire (OVS) dans le domaine animal, alors que les coopératives avaient demandé à être agréées pour les filières porcs et volailles, Philippe Mangin déclare : « Nous refusons un dispositif qui nous ferait entrer dans la gouvernance des GDS telle qu’elle est. La mutualisation du financement serait inacceptable. » Pour l’avenir, le président précise les priorités établies au plan national : « Nous devons achever la construction de Coop de France, avec davantage de collaboration et de synergie. Nous allons aussi muscler notre expertise agroalimentaire, et communiquer plus largement. A force d’être méconnues, les coopératives ne sont pas entendues. Nous allons par ailleurs entrer dans la phase-test d’ouverture de magasins alimentaires. » Agnès Cussonneau

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