Politique et Syndicalisme

Le Brésil craint moins la Pac que le Farm Bill

La nouvelle loi agricole des Etats-Unis et ses subventions représentent une menace plus inquiétante que les récents changements apportés à la Pac par l’UE, estiment les producteurs brésiliens.

« La politique agricole des États-Unis et de l’Union Européenne : impact sur l’agrobusiness brésilien » ; ainsi titrée, une étude commandée par la Confédération brésilienne de l’agriculture et de l’élevage (CNA) – qui regroupe 27 fédérations et 2 300 syndicats – conclut notamment que « la performance positive du Brésil dans le commerce extérieur des produits agricoles au cours de ces dernières années est plus menacée par le nouveau Farm Bill américain que par les récents changements de la politique agricole commune de l’UE ». Le soja, le maïs, le coton et le blé sont parmi les produits brésiliens les plus inquiétés par les subventions américaines, précise la CNA, tandis que, dans le cas de l’UE, les principales préoccupations concernent les subventions dans les secteurs du lait et du sucre.

Concurrence des subventions

« Avec la technologie, la qualité et les prix de nos produits agricoles, notre pays est compétitif sur tous les marchés. Mais nous ne pouvons pas concurrencer les subventions qui créent une concurrence inéquitable », a commenté la sénatrice Katia Abreu, président de la CNA. Au cours des cinq dernières années, l’influence des politiques de subvention sur les échanges internationaux a été plus faible car les prix agricoles étaient à des niveaux plus élevés ; mais la tendance est à la baisse des prix internationaux du fait d’une augmentation de la production et de stocks élevés dans différents pays, ce qui pourrait inciter les Américains à activer leurs mécanismes de soutien des prix et du revenu. Pour la récolte 2014/2015, les prix du maïs et du blé devraient ainsi régresser de 15 %, tandis que ceux du soja chuteraient de 30 %, selon les prévisions du département américain de l’agriculture.

Nouvelle Pac et secteur laitier

« La politique agricole européenne de 2013 a éliminé les subventions à l’exportation et transformé une grande part des soutiens en paiements aux producteurs sans tenir compte des différents niveaux et types de production », note par ailleurs la CNA. Et de s’inquiéter des effets de ces changements dans le secteur du lait notamment. Pour ces produits, « l’attention du Brésil sera centrée sur la nécessité de poursuivre les réformes afin de déterminer si ces changements peuvent se traduire par des distorsions du marché international ». Mais « même avec un soutien quatre fois plus important que celui des États-Unis, l’effet de la nouvelle Pac pour les produits exportés par le Brésil est tempéré par le fait que le soutien est partagé entre les pays et producteurs, sans se concentrer sur des produits spécifiques », conclut la Confédération brésilienne de l’agriculture.

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