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Biner les céréales, c’est possible…

Rarement utilisée en céréales, la bineuse est intéressante pour un désherbage mécanique jusqu’au stade 2 nœuds. Trois agriculteurs morbihannais témoignent.

La technique du binage est désormais incontournable en agrobiologie, et tend à se développer en agriculture conventionnelle. Si on la destine classiquement aux  itinéraires de cultures sarclées (maïs, féverole..), il est plus rare en Bretagne d’avoir recours au binage pour les cultures de céréales. Trois agriculteurs en ont démontré l’intérêt lors de la démonstration, organisée par le Gab 56, jeudi 20 mars, au Gaec Le Jeloux, à Neulliac (56).

Le binage se prépare dès le semis

Sur leur exploitation de polyculture, Gilbert et Yann Le Jeloux utilisent une seule bineuse polyvalente pour toutes les cultures : pomme de terre, blé, maïs, féverole, lupin, haricot… Le déherbage, ils le gèrent avant tout dans leur rotation, en alternant cultures de printemps et d’automne, par le choix de variétés couvrantes et des associations d’espèces… « On recherche un équilibre pour agir en préventif et on ne s’interdit rien », décrit Gilbert Le Jeloux. Du sarrasin a été implanté l’année dernière, il songe aussi à la culture du chanvre pour le grain. Et de poursuivre : « On n’interdit pas aux adventices d’être présentes mais elles ne doivent pas devenir envahissantes ». Cette année, du blé sous couvert de trèfle rouge a été implanté -sur le rang- précocément le 12 octobre. Les deux plantes de cette association seront récoltées en même temps et triées. Suite au semis, les agriculteurs ont choisi de ne pas passer de herse étrille. Un pari peut-être risqué pour cette campagne, des graminées s’étant implantées.

Une intervention tardive dans le cycle de la culture

La bineuse reste un outil complémentaire des autres actions de désherbage mécanique. Outil agressif, elle est difficilement utilisable sur des stades jeunes. Par contre, elle peut intervenir sur une plage relativement large, d’où son intérêt majeur. On l’utilise du début tallage jusqu’au stade maximum de deux nœuds, où la céréale touche le bâti de la bineuse. Mais pour pouvoir utiliser cet outil, il convient par contre d’adapter l’écartement des socs du semoir à ceux de la bineuse. « Equipé d’un semoir de 24 bottes sur 3 mètres, je bouche une botte sur deux pour avoir un écartement de 25 cm », explique Yann Le Jeloux. Il poursuit : « À chaque culture, nous passons ½ journée à régler cet outil, mais l’investissement est moins lourd pour notre structure de 40 ha ». Le guidage par trace est manuel et nécessite d’être à deux lors du chantier.

Installé sur la même commune, Loïc Robin possède quant à lui deux bineuses, une à céréales de 6 mètres et une à maïs, qu’il attelle devant le tracteur, lui permettant de travailler seul ses 70 ha de culture. « Les fenêtres d’intervention sont souvent courtes, d’où la nécessité d’avoir son matériel. L’utilisation de la bineuse requiert de plus un savoir-faire lié au métier de paysan », relance Loïc Robin. L’intervention plus tardive dans le cycle de la céréale permet d’être efficace sur des adventices bien développées, non détruites à la herse étrille ou à la houe rotative et d’enrayer des croûtes de battance. Au stade début-montaison, épi 1 cm, un passage de herse étrille peut être intéressant après la bineuse, pour éviter le repiquage des adventices. Les trois agriculteurs ont observé ces dernières années un gain de 10 % à 20 % de rendement supplémentaire sur les parcelles binées. Carole David

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