Productions Agricoles

Limiter les pertes en tenant compte de la teneur en eau des pailles

Un programme d’action en 2013 a analysé les critères intervenants dans les pertes liées à l’égrenage du colza, par la verse ou les conditions de récolte. De nouvelles pistes de réflexions ont été mises à jour.

L’humidité des pailles de colza à la récolte, critère jusqu’alors inexploité, semble être une donnée à approfondir pour limiter les pertes de graines à la récolte. C’est ce qu’ont révélé de récents essais au Cetiom. Ils ont permis de lister les critères génétiques et techniques qui vont changer la donne face à la tolérance du colza à l’égrenage.

Premier levier, le choix variétal

Les tiges vertes dans les champs ont remplacé le symptôme des « pieds secs » et des pailles qui séchaient prématurément : la phase de maturation et de dessication des plantes évolue moins vite qu’auparavant. Le travail génétique sur la résistance à l’élongation a amélioré la tenue des tiges avec, in fine, une résistance accrue à la verse. La sensibilité à la déhiscence – ouverture des siliques- est un facteur qui rentre aussi depuis quelques années dans les programmes de sélection variétale. Elle reste néanmoins encore peu exploitée. Différents essais ont été mis en place en 2013 au Cetiom, avec une ancienne variété Bienvenu et une variété tolérante à l’égrenage. Des bacs sous la végétation jusqu’à la récolte permettent de collecter les graines : les siliques de la variété

Bienvenu s’ouvrent régulièrement, ce qui explique pourquoi on déclenchait il y a quelques années une récolte à 12 % d’humidité des graines. « Pour l’autre variété, seuls 20 kg/ha de perte ont été mesurés, ce qui reste un seuil convenable », estime Jean-Louis Lucas, ingénieur au Cetiom. Ces essais ont été aussi analysés en fonction de quatre dates de récolte. Mais plus que la date de récolte, ces premières expérimentations ont démontré qu’il y a un lien fort entre le choix variétal et le comportement de la variété dans son environnement. Actuellement, l’institut affine une méthode simple qui permettra bientôt d’utiliser de nouveaux repères en classant toutes les variétés vis à vis de l’égrenage naturel.

Prendre en compte la maturité de la paille

Des siliques mûres et des graines à 9 % d’humidité. Pour le moment, c’est ce seuil qui pilote le déclenchement de la récolte. Mais l’évolution des variétés de colza pourra rendre judicieux d’attendre, si le climat le permet, la maturité des pailles. En effet, les pailles immatures font obstacle au triage dans la machine. Des récoltes échelonnées dans le temps ont montré que les pertes étaient optimisées lorsque l’humidité de la paille est inférieure à 20%. Un nouveau critère à prendre en compte à l’avenir, en fonction du risque climatique et des dates de récolte limites, selon les secteurs.

Veiller à une profondeur de coupe suffisante

« Plus la végétation est haute, plus la coupe doit être profonde », insiste Jean-Louis Lucas. Parmi les différents systèmes de récolte, l’extension de coupe reste l’outil qui permet de traiter la végétation le plus régulièrement et le plus rapidement possible. En effet, différents essais ont montré qu’une lame de 43 cm engendrait plus de 4 q/ha de perte pour moins de 1 q/ha dès que la profondeur de coupe dépasse 1 m.

Récolte, viser moins de pertes à l’arrière

A la récolte, les éléments déterminants restent la profondeur de coupe et la gestion des pertes arrières. Ces dernières sont jugées en cabine grâce à la présence de capteurs d’impacts au niveau des secoueurs et derrière les grilles. Des mesures révèlent que les pertes varient de 40 kg/ha (donnée constructeur) à 120 kg. Si les détecteurs de perte fonctionnent bien en céréales, les données lisibles en cabine sont faussées par la légèreté des graines de colza et des pailles plus lourdes. Il doivent donc être étalonnés visuellement par les pertes réelles au sol. Carole David

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