Productions Agricoles

Le raclage en V est compétitif en matière de coûts

Sur une porcherie de 1000 places d’engraissement, le coût du raclage en V, amortissement et fonctionnement compris, est légèrement plus faible que celui d’une centrifugeuse, au kilo de phosphore exporté.

Pour réduire la pression en phosphore sur le plan d’épandage, les éleveurs choisissent souvent d’équiper leurs nouveaux bâtiments d’un racleur qui permet, comme la centrifugeuse, d’exporter les parties solides. Une simulation, présentée aux Journées de la recherche porcine, a été réalisée sur une porcherie de 1 000 places d’engraissement. « La production moyenne annuelle de compost exporté estimée est de 160 tonnes soit 4 243 kilos de phosphore », indique Aurore Loussouarn, de la Chambre d’agriculture de Bretagne. En 2012, les composts issus des lisiers de porcs se sont vendus à 17 €/tonne en moyenne.

Un bâtiment neuf équipé d’un système de raclage en « V » engendre un surcoût de 150 € par place par rapport à un bâtiment sur lisier stocké en préfosse ou de 50 € par rapport à une porcherie avec ventilation centralisée et lavage d’air. « Il faut également intégrer le coût du hangar à compost et l’achat d’un outil pour son retournement (aération) ». Le coût de fonctionnement (tout compris) s’élève à 2 935 € par an soit 69 centimes par kilo de phosphore exporté (déduction faite de la vente du compost et de l’économie d’épandage). En parallèle, le coût de la centrifugation a été calculé. « C’est la seule technique de séparation de phase qui puisse être aussi efficace que le raclage en “V” (90 % de taux de capture) ». Les investissements nécessaires comprennent le matériel de séparation de phases, l’automate, un brasseur, une préfosse, un hangar de compostage, le matériel d’aération et les sondes de températures. Les coûts de fonctionnement correspondent au traitement du lisier d’un bâtiment de 1 000 places (128 tonnes de compost exporté soit 4 300 kilos de phosphore). Ils sont estimés à 3 606 € par an, selon le même mode de calcul que pour le raclage.

Le raclage donne satisfaction depuis 7 ans à Guernevez

En place depuis 2006, le système de raclage en V a fait l’objet d’évaluations quasi-continues. Au cours du temps, la séparation de phase reste performante. La fraction solide (37 % de la masse des déjections) concentre 58 % de l’azote, 88 % du phosphore et 48 % du potassium excrétés. Le comptage des toux et éternuements ne permet pas de distinguer le bâtiment avec raclage en V par rapport au bâtiment avec stockage du lisier. En revanche, la notation des poumons à l’abattoir est favorable au système de raclage. L’amélioration des performances zootechniques, constatée lors de la mise en route du bâtiment, se confirme dans le temps (- 0,2 pts d’IC et + 70 g/j de GMQ). Les émissions d’ammoniac sont réduites d’au moins 40 % par rapport aux salles conduites sur lisier stocké. L’équipement donne toujours satisfaction. Les racleurs n’ont pas été remplacés depuis la mise en route. Seuls les câbles en inox ont dû être changés. De nouveaux câbles en polymères, plus résistants, sont désormais disponibles.

Economies d’échelle avec la centrifugeuse

Le coût pour le raclage est de 18,20 €/m3 de lisier traité contre 19,40 €/m3 pour la centrifugeuse. Malgré un coût d’investissement plus élevé, le surcoût global est plus faible pour le raclage en V, grâce à un coût de fonctionnement plus faible. « La centrifugeuse permet en revanche de réaliser des économies d’échelle et est adaptée au traitement de fortes quantités de lisier », précise Aurore Loussouarn. La technique du raclage n’est applicable que lors de la construction d’un bâtiment neuf. « Le raclage apporte des avantages sur le plan zootechnique. Une amélioration des performances, en lien avec l’amélioration de l’ambiance dans les salles, peut être observée ». Leur chiffrage économique permettrait une approche plus fine de l’évaluation de ce système. Bernard Laurent

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