Désherber en un éclair

Une grande démonstration de machines de désherbage s’est tenue au cœur de la zone légumière. L’objectif de ces outils est de diminuer et de gagner en précision ou d’utiliser des méthodes alternatives, comme l’électrocution.

Un éclair dans un champ désherbé par une machine - Illustration Désherber en un éclair
Électrocuter les adventices : une solution développée par Andela. | © Paysan Breton – F. Paranthoën

La gestion de l’enherbement en cultures légumières avec « des restrictions et des suppressions de produits phytosanitaires est une problématique. De plus, les producteurs sont à la recherche de solutions avec un bon débit de chantier et qui sont économiquement viables », introduit Alain Laurec, de la fédération des Cuma de Bretagne. C’est pourquoi la structure a organisé une démonstration de différentes machines de désherbage, qu’elles soient mécaniques ou ayant recours à très peu de chimie en ciblant les adventices. Organisée avec plusieurs partenaires, dont les Établissements Le Saout et la station légumière du Caté, à Saint-Pol-de-Léon (29), cette démonstration s’est tenue jeudi dernier sur les terres de Florian Le Jeune, à Cléder (29).

Corriger les erreurs

Julien Provost a présenté un système où « les caméras sont remplacées par un guidage GPS. Sur cette butteuse prise en exemple, un vérin sur le bras de stabilisation vient corriger le positionnement de l’outil (système AIG) ». Pour ce faire, une antenne équipe aussi bien le tracteur que la butteuse. À cela s’ajoute le procédé AutoPath : lors du premier passage dans la parcelle, cette technologie va enregistrer toutes les erreurs de positionnement que l’outil aura pu subir, comme le décalage d’un semoir à cause de la présence d’une pierre. Lors du second passage, ces erreurs seront prises en compte.

Les coutres injectent 9 000 volts

Autre procédé et grâce à sa génératrice, l’Electro Weeder du fabricant Andela électrocute les plants. Deux coutres circulaires injectent un courant de 9 000 V dans le sol, qui remonte par les plantes touchées par des lamelles en inox. Des protections viennent épargner la culture en place. Plus l’adventice est humide, plus elle sera touchée. « En comparaison avec un binage, nous ne sommes pas dépendant des conditions climatiques après passage : s’il y a de la pluie, les mauvaises herbes ne vont pas repiquer », selon le constructeur. Aussi, cet outil peut être utilisé « pour de l’écimage, par exemple quand des chardons dépassent de la culture ». L’Electro Weeder travaille à une vitesse qui se situe entre 2 et 6 km/h.

Fanch Paranthoën

Biner au plus près

La bineuse Pacorel de chez FeldKlasse dispose « d’une interface caméra colorimétrique, qui visualise les couleurs dans la parcelle. Elle peut aussi bien travailler sur buttes, sur planches ou à plat, sur des lignes de semis simples, doubles ou triples. Les éléments arrière sont animés par un moteur hydraulique, ceux de l’avant sont auto-animés », présente Mathieu Berthou, des Établissements Le Saout. Cet outil intervient en inter-rang, mais se rapproche très fortement de la ligne de semis, à « à peine 1 cm. La bineuse passe dans des cultures qui ont un maximum de 11 cm de hauteur, à une vitesse de 4 à 5 km/h ». Dans l’idéal, cette bineuse peut s’accompagner pour les opérations de désherbage du robot Maverick de chez Odd.Bot, qui prélève grâce à ses pinces les plantes indésirables. En combinant ces 2 machines, « un de mes clients a économisé 280 h de main-d’œuvre à l’ha » chiffre le commercial.


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