Conjuguer intérim et handicap : une autre façon de recruter

Deuxième éclairage sur la rencontre « Agriculture et Handicap » du jeudi 4 juin 2026 à Landerneau avec la présentation d’Up Intérim, un acteur de l’emploi inclusif qui participait à la table ronde « recruter une personne en situation de handicap – opportunité pour le monde agricole ? ».

Un homme entre un champ de maïs et une prairie - Illustration Conjuguer intérim et handicap : une autre façon de recruter
À l’image de ce salarié qui travaille dans trois exploitations, l’embauche d’une personne en situation de handicap peut pour un employeur agricole constituer 
une option pertinente de recrutement. Passer par une Entreprise adaptée de travail temporaire (EATT) comme Up Intérim permet de créer avant l’arrivée effective 
de l’intérimaire un véritable lien de confiance. | © Photo : Karine Nicolleau     

« Je m’appelle Florian et j’ai des problèmes de vue, alors je me suis inscrit chez Up Intérim. Parfois, en mission, on me montre quelque chose, mais je ne vois pas forcément très bien, donc je redemande. On croit que je ne comprends pas, alors que j’ai compris, je redemande juste parce que j’ai besoin de précisions… Pas facile à vivre, mais avec une personne humaine, cela se passe toujours très bien. »

Donner à l’employeur l’opportunité de recruter la bonne personne sur le bon poste

À entendre ces propos, on peut se demander, lorsqu’on est entrepreneur agricole, si recruter une Personne en situation de handicap (PSH) peut constituer une réponse pertinente à un problème d’embauche… Poser la question, n’est-ce pas déjà en partie y répondre ?

Sous réserve, bien entendu, que ce même entrepreneur et la personne concernée puissent se rencontrer, s’intéresser l’une à l’autre. C’est pour cette raison que Julia Barone, directrice générale d’Up Intérim Bretagne et Patricia Lino, responsable de l’agence de Brest, ont pris part à la rencontre Agriculture et Handicap. En effet, Up Intérim, créé en 2020, se donne pour mission d’offrir à une personne comme Florian l’opportunité de s’insérer par l’emploi. Encore peu présent dans le monde agricole, cet acteur du travail inclusif avait donc d’excellentes raisons de venir présenter ses activités.

Facilitateurs

« Notre idée première est de constituer un tremplin vers l’emploi durable. À nous de proposer un candidat présentant les restrictions les plus compatibles avec les exigences d’un poste à pourvoir, indique Julia Barone. Au cours de l’accompagnement qui précède sa première mission, nous mobilisons les partenaires du bassin d’emploi pour travailler sur son employabilité (permis de conduire, véhicule, logement…). Une fois ces freins périphériques à l’embauche levés, nous pouvons lui proposer une première mission. Mais nous préparons aussi le terrain avec le futur employeur parce que recruter une PSH ne s’improvise pas. Il nous faut démystifier les préjugés sur le handicap ou désamorcer ‘‘la peur de ne pas savoir faire’’… Autrement dit, nous sommes des facilitateurs qui contribuons à créer un véritable lien de confiance ».

Nouveau challenge

« Cela dit, la première condition du retour à l’emploi pour une Personne en situation de handicap est d’accepter son état de fragilité puisqu’il faut être bénéficiaire de la Reconnaissance en qualité de travailleur handicapé (RQTH) pour prétendre à un poste adapté. En effet, certaines personnes ont du mal à se déclarer. Cela reste une démarche délicate qui se traduit souvent par une perte de confiance en soi. La seconde condition, c’est que la personne puisse reprendre un poste, c’est-à-dire qu’elle ait bénéficié de l’accompagnement des organismes compétents : MSA, Cap emploi, Agefiph qui vont lui permettre d’identifier les métiers qu’elle peut exercer*. Notre public est donc très ciblé, mais généraliste dans ses compétences, allant du non-diplômé jusqu’à Bac+5, de l’ouvrier au cadre. Aujourd’hui, c’est un vrai challenge pour nous de développer l’emploi inclusif sur des postes adaptés au sein du monde agricole et nous y travaillons avec enthousiasme ».

Nul doute que cette rencontre du 4 juin à Landerneau permettra d’y contribuer.

Pierre-Yves Jouyaux

Contact : Up Interim – https://up-interim.fr/

Retrouvez la plaquette Handi CAP vers l’agriculture en cliquant ici

Transparence et proximité

Faire se rencontrer différents acteurs pour promouvoir la cause de l’inclusion et de l’emploi adapté était la principale raison d’être de cette soirée. L’invitation d’Up Intérim s’explique par le lien fort tissé avec Groupama Loire Bretagne : « Nous travaillons ensemble depuis nos débuts, témoigne Patricia Lino, responsable de l’agence Up Intérim du Finistère. C’est Pascale Habic, référente handicap Groupama Loire Bretagne qui nous a convaincus de prospecter le monde agricole et de nous y faire connaître. Les deux points forts d’Up Intérim sont la transparence et la proximité. Ce n’est pas un CV que nous présentons à l’entreprise, mais avant tout une personne avec ses compétences, sans rien cacher de ce qui la caractérise, condition indispensable à la réussite de sa mission. Notre objectif est d’amener chaque année au moins 30 % de nos intérimaires vers un emploi stable en CDI ». Bien entendu, recourir à une mission d’intérim représente un coût pour l’employeur et peut constituer un frein à l’embauche. Sur ce point, il est important de souligner que sous certaines conditions, si la personne est recrutée au terme de sa mission en CDD ou CDI, l’entreprise peut bénéficier d’une aide simplifiée pouvant aller jusqu’à 12 000 € par an. Le plus important n’est-il pas de permettre la rencontre avec l’intérimaire et de donner à l’employeur l’opportunité de recruter la bonne personne sur le bon poste ?


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