Elle évoque une « mission accomplie » et le sentiment d’avoir « fait sa part ». Lors des dernières élections internes, elle s’était engagée à accompagner la transition et à travailler avec la nouvelle équipe « dans un esprit de continuité ». Mais, seule représentante de son équipe au sein de la nouvelle gouvernance, elle constate rapidement des divergences de méthode. « Je ne me vois pas être associée, voire tenue pour complice de faits qu’on peut lire dans la presse. » Alignée sur les marqueurs historiques Issue du monde de la recherche, elle revendique un travail de fond : épluchage des budgets de l’État, analyse des programmes agricoles, lecture minutieuse des conventions interprofessionnelles, propositions sur la fiscalité, la compétitivité ou encore la protection sociale. « Je n’étais pas là pour faire carrière, mais pour remplir une mission ». En treize mois, elle dit avoir parcouru près de 80 départements, étudiant pour chacun les productions, les équilibres politiques et les aléas subis, afin d’adapter ses interventions au terrain. Sur le fond, elle reste alignée sur les marqueurs historiques de la CR : aller chercher le revenu par les prix, questionner les marges de l’aval, remettre à plat les montages coopératifs et multinationaux, défendre la transmission et l’installation. Pour elle, le syndicalisme ne doit pas se limiter à la protestation, mais produire des solutions chiffrées et juridiquement solides. « Si on veut être crédibles, il faut arriver avec des propositions construites », insiste-t-elle. Adepte d’une ligne d’ouverture Elle défend également une ligne d’ouverture : dialoguer avec tous les responsables politiques, même éloignés idéologiquement, pour faire avancer les dossiers. « Si on n’accepte pas de parler avec ceux qui ne pensent pas comme nous, on ne progresse pas », tacle-t-elle. Refus de l’entre-soi, recherche d’efficacité : c’est, dit-elle, ce cap qu’elle a…
Véronique Le Floc’h se met en retrait
Réélue au comité directeur avec l’un des meilleurs scores, Véronique Le Floc’h a choisi de se retirer de la Coordination rurale (CR). Une décision qu’elle assume au nom de ses convictions et d’une certaine idée du syndicalisme.

