L’Inde et l’Australie, après le Mercosur

Face aux incertitudes du commerce mondial, les grandes puissances tentent de sécuriser leurs marchés. L’UE multiplie les accords de libre-échange.

Élevage de porcs au Brésil - Illustration L’Inde et l’Australie, après le Mercosur
Élevage de porcs au Brésil

« À force, ça fait beaucoup. » Thierry Pouch, économiste à la Chambre d’agriculture nationale, intervenant à l’assemblée générale des JA du Morbihan, fait allusion aux accords bilatéraux de l’Union européenne qui vont ouvrir de nouveaux marchés à ses entreprises des secteurs de l’automobile, de la chimie ou des technologies, mais qui fragiliseront le secteur agricole. Les pays du Mercosur, par exemple, possèdent d’importantes réserves de métaux rares : bauxite, graphite, manganèse, lithium, dont l’Europe a besoin. L’accord avec l’Australie risque d’exposer encore un peu plus les filières viticoles et de viande bovine (30 000 à 50 000 tonnes de contingent à droits de douane réduits ou nuls), mais pourrait offrir des opportunités pour les fromages. L’accord imminent avec l’Inde offre un accès à un immense marché en croissance mais pourrait mettre une pression sur quelques filières agricoles (sucre, produits transformés). L’UE, espace de rivalités L’économiste évoque également un risque de « nivellement par le bas » des normes, notamment en matière sanitaire, environnementale ou de bien-être animal, si les conditions de production ne sont pas équivalentes entre partenaires commerciaux. Concernant l’accord UE-Mercosur, Thierry Pouch met en avant un déséquilibre potentiel des concessions. « Les volumes de produits agricoles que les pays sud-américains pourraient exporter vers l’Europe avec des droits de douane réduits ou nuls sont supérieurs aux débouchés réellement ouverts aux exportations européennes ». Plus largement, l’économiste relie ces accords commerciaux à une transformation du commerce agricole mondial. « La concurrence internationale s’intensifie et l’Europe est devenue, en son sein, un espace de rivalités économiques entre modèles agricoles différents, dans lequel la France sombre depuis quelques années ». Balance commerciale agricole dégradée L’affaiblissement de certaines filières, en raison d’un manque de compétitivité, combiné à l’ouverture croissante des marchés, pourrait conduire à un basculement durable de la France vers un…

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