Dossier technique

La sangle de pattes sauve des vaches

L’intensification en élevage s’accompagne d’un risque accru de traumatismes locomoteurs chez les vaches. La sangle est un outil simple et efficace pour favoriser la convalescence.

Une sangle reliant les deux pattes postérieures d'une vache laitière - Illustration La sangle de pattes sauve des vaches
Ajustable, la sangle relie les deux pattes postérieures.

En atelier laitier, les glissades ont souvent des conséquences graves. « Hanches ou pattes cassées… Tous les ans, nous sommes malheureusement amenés à euthanasier des animaux qui ont chuté. En fait, presque tous les jours, je suis appelé au chevet de vaches par terre », démarre Emmanuel Hauguet, vétérinaire pratiquant l’ostéopathie sur les vaches. Des animaux qui sortent de moins en moins, des bâtiments saturés en effectif, davantage de surfaces bétonnées dans les systèmes en logettes… Le spécialiste égraine les facteurs de risque favorisant l’incidence des chutes et glissades dans les élevages contemporains. « Des chercheurs de Nouvelle-Zélande se sont même demandé si les vaches très hautes productrices ne souffraient pas d’une forme d’ostéoporose pendant la lactation. Encore une raison d’être moins bien sur ses pattes. » Le praticien encourage ainsi les éleveurs en conduite robotisée qui recréent de petites litières paillées pour accueillir les vaches affaiblies, fraîches vêlées ou boiteuses.

Éviter à tout prix le sur-accident

Une vache qui tombe est une urgence, poursuit Emmanuel Hauguet qui intervient en Ille-et-Vilaine et dans la Manche. Il recommande d’avoir toujours à disposition une sangle anti-écartement. « Grâce à elle, on sauve des bovins. » Un produit présent sur le marché depuis des années, simple, pratique et peu coûteux. « Comptez 15 à 20 € environ. Choisir un modèle qualitatif car toutes les marques ne se valent pas. »

Poser la sangle en première intention

Cette sangle est à installer le plus tôt possible dès qu’une vache glisse, insiste le vétérinaire. « C’est même la première chose à faire avant même de déplacer l’animal ou de le manipuler avec une pince ou des sangles pour le relever. » L’objectif est d’éviter le sur-accident. « Je n’ai pas de statistique précise, mais ma conviction est que les animaux, une fois fragilisés, se blessent souvent gravement en essayant de se relever ou un peu plus tard lors d’une nouvelle chute. » Puis l’animal sera déplacé sur un sol non glissant le temps de se remettre et retrouver son autonomie.

Reste que tout le monde n’accepte pas l’accessoire. « Pour les vaches qui l’adoptent sans peine, je conseille de laisser la sangle toute la lactation, voire toute la carrière. Mais parfois, d’autres à fort tempérament ne la supportent pas et vont jusqu’à rouler par terre. Dans ce cas, il ne faut pas insister et la retirer. » Les vaches équipées n’ont pas de difficulté particulière à évoluer dans leur environnement : « Elles le vivent bien. L’attache de la sangle peut glisser sur 25 à 30 cm le long du métatarse permettant sans problème d’enjamber un racleur ou de monter une marche. »

La sangle après certains vêlages difficiles

Parfois, la fameuse sangle peut aussi venir soutenir une vache ayant vécu un vêlage difficile (gros veau par exemple). « L’animal peut présenter une bouleture : sa patte arrière est levée et part vers l’avant. En reliant les membres postérieurs, la sangle redonne de l’assurance à la vache et évite surtout d’aggraver une déchirure musculaire », termine le praticien.

Toma Dagorn

Investir dans la qualité des sols

Pour Emmanuel Hauguet, la qualité du sol en bâtiment est un vrai enjeu. « Les bétons lisses, non scarifiés ou rainurés, comme les tapis trop usés, sont catastrophiques. » S’il estime que la prairie reste idéale pour l’appui des bovins, l’observateur rappelle que les éleveurs ont des options pour améliorer les bétons qui peuvent être rainurés, scarifiés ou décapés thermiquement. Il met tout de même en garde sur la durabilité désormais de certains traitements : « Avec des vaches 100 % en bâtiment qui piétinent et des racleurs qui passent plusieurs fois par jour, l’usure des surfaces intervient plus vite. Une lame de caoutchouc sur les racleurs joue sans doute en faveur de la durée de vie. » Des éleveurs sont aussi satisfaits des couvertures caoutchouc –​​​​​​​ « parfois rainurées » – même si « visiblement tous les produits ne se valent pas et qu’il y a encore peu de recul sur le vieillissement ». Ces tapis représentent un gros investissement qui peut refroidir. « Ils semblent pourtant vite payés dans les élevages qui connaissent des chutes fréquentes. »


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