Le vrai prix

Edito - Illustration Le vrai prix

Il y a un certain paradoxe entre la communication du gouvernement qui se félicite du « rebond spectaculaire de l’économie française » et la réalité vécue par les Français qui comptent leurs sous dès le 15 du mois. La détente sur les prix de l’énergie ne signe pas, en effet, la fin de l’inflation. Au contraire. Longtemps épargné par le bouclier énergétique, le pays s’approche de la moyenne européenne : 6,2 % d’inflation en France en février. La nouveauté est que cette inflation se propage à l’ensemble des secteurs. Et particulièrement à l’alimentation qui enregistre une hausse de 14,5 % sur un an ; et qui pourrait encore prendre 10 points suite aux négociations annuelles entre industriels et distributeurs.

Ce sujet du prix du « panier de la ménagère » est politiquement sensible. Au sommet de l’édifice, le gouvernement tétanisé à l’idée d’un remake des Gilets jaunes souhaite « des prix cassés sur les produits du quotidien ». Il en appelle donc aux distributeurs pour qu’ils fassent « un effort sur leurs marges » ; puis en appelle aux gros industriels, prétextant que l’énergie et les matières premières ont baissé et que les hausses négociées ne se justifient plus.

En bout de chaîne, les agriculteurs observent cette passe d’armes en craignant d’être, une fois encore, les victimes. Il ne faut en effet pas oublier que le blé qui sera moissonné cet été aura été produit avec des engrais à 1 000 €/t et que la baisse du prix des intrants se répercutera au mieux sur les produits agricoles vendus en 2024. Toute cette agitation au sujet de la valse des étiquettes alimentaires ne fait que dévoiler une réalité trop longtemps étouffée : le prix de l’alimentation été a maintenu artificiellement bas depuis sept décennies. l’illusion qui se joue forcément de la réalité finit toujours par être déjouée…


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