Economie, marchés et gestion

Il libère 40 ha pour d’autres projets agricoles

Éleveur laitier, Jonathan Roulin va libérer 40 ha pour que des porteurs de projet puissent s’installer sur son territoire (maraîchage, apiculture, productions animales). Chacun sera indépendant mais des synergies existeront entre les différentes activités.

Sur l’EARL des Bioprés à Plumaugat (22), Jonathan Roulin élève 65 vaches laitières produisant 300 000 L de lait en bio et une vingtaine de bovins à l’engraissement. La SAU de 97 ha compte au total 83 ha de prairie, 6 ha de maïs et 8 ha de mélange céréalier.
Pour Jonathan Roulin, avoir un parcellaire groupé était la première condition à son installation afin de favoriser le pâturage. Avant même de rejoindre ses parents sur l’exploitation familiale en 2012, il est allé rencontrer ses voisins pour leur proposer des échanges parcellaires. Au total, 25 ha ont été échangés en vagues successives avec plusieurs voisins, en propriété (avec acte définitif chez le notaire) ou en jouissance. Actuellement seul sur la ferme, il dispose de 55 ha accessibles dont 16 ha grâce aux échanges.

Des complémentarités entre structures

Bien vivre de son métier est un objectif pour l’éleveur qui veut pouvoir consacrer du temps à sa famille. Il a aussi à cœur de favoriser l’implantation d’autres projets pour dynamiser son territoire, trouver des complémentarités, permettre l’ouverture à d’autres personnes…
Plusieurs projets sont en cours sur des zones de l’exploitation. Énora Astier va s’installer l’année prochaine sur un ancien site agricole en maraîchage bio – vente directe sur 6 000 m2. « Je pourrai disposer de fumier issu de l’exploitation de Jonathan et du matériel pourra être mutualisé », indique-t-elle. Son compagnon Mathieu Melou-Hesry qui va débuter un BPREA a l’idée de s’installer ensuite en chèvres laitières avec transformation, sur 10 ha à proximité.
Déjà apiculteur depuis 2018, Arnaud Guegan (Les Ruchers des Lauriers) recherchait depuis longtemps un lieu favorable aux abeilles pour implanter ses ruches et construire une miellerie et un point de vente. Jonathan Roulin lui a vendu 1 ha sur lequel il va pouvoir mener à bien son projet. Sa femme pourrait aussi venir travailler avec lui. Le frère de Jonathan, Antoine, souhaite quant à lui s’installer progressivement sur 15 à 20 ha en porcs et volailles de plein air avec aussi des ovins viande. Après un BTSA, il est actuellement en apprentissage en CAP boucher – charcutier.
« Au total une quarantaine d’hectares devraient être libérés », a expliqué Jonathan Roulin lors d’une porte ouverte Innov’Action organisée par les Chambres d’agriculture en juin. Grâce à la relation de confiance qu’il a mise en place avec les propriétaires, il a pu négocier des cessions de bail qui vont permettre ces installations.

Maïs ensilage population

L’éleveur travaille aussi la biodiversité sur sa ferme. Au sein d’un groupe animé par la Chambre d’agriculture, il teste le maïs population (variétés anciennes de diversité génétique importante) pour gagner en autonomie sur ses semences. Depuis 2021, l’intégralité du maïs ensilage produit sur la ferme est du maïs population. En 2022, une « parcelle grenier » est en place, isolée des maïs hybrides des alentours, ce qui va permettre de renforcer la sélection selon les objectifs du groupe (précocité, rendement, verse…). Par ailleurs, une démarche de recomposition bocagère est menée sur l’EARL en lien avec Dinan agglomération et la Fédération des chasseurs 22 pour maximiser la biodiversité. 6 km de haies ont été replantées en 5 ans. Les bonnes pratiques vont être valorisées via le Label Haie. 

Priorité à l’herbe, pas au robot
Un robot a été installé sur l’exploitation. « Il s’adapte au système et non l’inverse », souligne Jonathan Roulin. « Au moment du pâturage, la fréquence de traite baisse à 1,7 contre 2,2 quand les vaches restent en bâtiment. » D’avril à octobre, l’alimentation est basée sur du pâturage et de l’ensilage d’herbe. Pour la gestion du pâturage en traite robotisée, l’éleveur utilise un paddock par jour avec fil avant matin et soir et une porte de tri. 25 à 30 veaux par an sont élevés par des vaches nourrices. Les vêlages sont concentrés de mars à juin. Les veaux suivent leur mère dans le troupeau laitier pendant 2 à 3 jours puis l’adoption se fait en box avec 2 veaux par nourrice. « Ensuite, les vaches nourrices sont conduites en lot sur 4 micro-parcelles sur lesquelles elles reviennent toutes les 4 semaines pour mieux gérer le parasitisme. Le sevrage se fait progressivement à partir de 5 mois. » L’éleveur apprécie la simplification du travail permise par cette pratique qui lui offre aussi des croissances importantes pour des vêlages à 24 mois.
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