Côtes d'ArmorEconomie, marchés et gestion

« Faire sa comptabilité en autonomie mais pas seul »

Pour les adhérents de l’Afocg 22, enregistrer sa comptabilité et clôturer son bilan soi-même est un temps investi au service de l’autonomie décisionnelle sur sa ferme. Dans une approche en collectif, l’association forme agricultrices et agriculteurs à « avoir un autre regard » sur leurs chiffres.

Créée en juillet 2021, l’Association de formation collective à la gestion des Côtes d’Armor (Afocg 22) fête son premier anniversaire. Parmi sa vingtaine d’adhérents, des agriculteurs auparavant affiliés à l’Afocg Atlantique (Morbihan et Loire-Atlantique) mais aussi de nouveaux venus en phase d’installation. Ce qui les rassemble ? « La conviction de progresser plus vite en travaillant en groupe, cette idée de la méthode de l’éducation populaire d’apprendre tout en apprenant aux autres… », explique Karine Guérin, éleveuse à Ploërdut en phase de transmission et désormais formatrice pour la jeune organisation. Avec un objectif affiché : « L’autonomie décisionnelle », poursuit Claire Yobé, présidente de l’association et productrice de lait à Saint-Alban. « Nous apprécions analyser nos chiffres nous-mêmes et prendre nos décisions sur la ferme en mesurant toutes les conséquences. Conserver cette liberté est important dans nos métiers. »

Toujours avancer en collectif

« Beaucoup ont peur de se lancer dans cette inconnue. Le but est bien de faire sa comptabilité en autonomie mais pas seul… Chez nous, une clôture comptable est toujours une clôture en collectif. » Les échanges en groupe éclairent chaque questionnement, apportent de nouveaux points de vue, aident à prendre du recul et les bonnes décisions, estiment les deux femmes. « Cotiser davantage ? Bénéficier de plus de temps en embauchant ou en mécanisant ? L’idée est de faire ses propres choix stratégiques en s’appuyant sur les remarques et expériences des autres. »

Apprendre à décoder son bilan

Dès l’automne 2021, l’Afocg 22 a proposé une première session de formation à la clôture comptable. La suivante a débuté en avril et se termine mi-septembre. Les groupes sont créés en fonction des profils et du niveau de connaissances de départ. « Un premier cycle d’initiation de cinq journées donne des bases de comptabilité pour pouvoir enregistrer soi-même. Pour ceux qui n’ont aucune notion, on revient sur la manière de trier ses papiers par exemple », explique Karine Guérin. « Le module suivant permet d’apprendre à clôturer, jusqu’à établir son bilan, son compte de résultat, voire sa liasse fiscale en étant toujours accompagné. Et au fur et à mesure, nous donnons les clés pour décoder son bilan et à aller vers une analyse fine de ses chiffres. » 

Prochaine session d’initiation en octobre
Adhérer à l’Afocg 22 coûte 1 000 € par an, « quel que soit le nombre de journées de formation suivies ». Au démarrage, il faut aussi compter l’achat du logiciel de saisie (400 €) : à travers la France, les membres des différentes Afocg se servent d’Istéa développé et mis à jour depuis plus de 20 ans par l’Énita de Bordeaux. Des bulletins d’information sur les évolutions réglementaires sont envoyés régulièrement. « Le programme s’adapte aux besoins des adhérents. Bientôt, pour les agriculteurs en vente directe, nous allons organiser une journée sur la gestion de la caisse. » Une nouvelle session d’initiation à la comptabilité démarre le 4 octobre (cinq journées étalées jusqu’en janvier). Pour s’informer ou s’inscrire : 07 86 55 00 93 ou afocg22@mailo.com

« Une meilleure vision de sa ferme »

« Déclaration de TVA, déclaration Pac, déclaration d’impôts… Tout est de plus en plus délégué dans les fermes. Parfois, les agriculteurs n’ont même plus leurs propres codes de connexion. Les gens se déchargent de ces tâches et ne maîtrisent plus rien. Mais attention, on reste toujours responsable de son bilan comptable, même si une erreur a été faite par quelqu’un d’autre… », explique Claire Yobé, présidente de l’Afocg 22. « Faire sa comptabilité soi-même réclame d’y consacrer du temps, c’est vrai. Mais ce n’est pas du temps perdu. Cela permet de reprendre la main sur une partie de son entreprise, d’avoir une meilleure vision de sa ferme afin de faire les bons choix. »

Peut vous intéresser

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page
Fermer