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Et si l’écornage n’était plus une corvée

« J’appréhende », « je n’aime pas », « c’est une corvée », « je repousse l’échéance »… Ces expressions sont dans la bouche de beaucoup d’éleveurs lorsque l’on parle d’écornage. Aujourd’hui, suite à la formation Bien-être animal (écornage et signes de vache) organisée par le service vétérinaire bovin Eureden, au Gaec de Saint-Tual (22) les mots employés par Philippe Godest pour qualifier l’écornage sont : facile, rapide, je suis à l’aise, simple ou encore je ne le fais plus à contrecœur !

Le service vétérinaire Eureden a organisé en 2021 des formations sur le thème du bien-être animal alliant un module sur l’écornage avec la mise en pratique d’une anesthésie générale puis un module Signes de vache qui consiste à faire un diagnostic de l’élevage par l’observation fine du troupeau.

Ébourgeonnage rapide et sans douleur

La méthode préconisée et proposée par Pierre Clément, vétérinaire Eureden, se décompose en quelques étapes et se pratique sur des veaux de 15 jours à 8 semaines. L’objectif est de prendre en charge la douleur avec l’anesthésie générale pour endormir les animaux, l’anesthésie du nerf cornual et l’administration d’un anti-inflammatoire. 
Pour le confort du veau et la sécurité de l’éleveur, Pierre Clément, rappelle les étapes clés de l’ébourgeonnage :
« Il faut préparer le matériel (écorneur à gaz, les aiguilles, les seringues), endormir les veaux dans la case avec une injection de l’anesthésiant puis de l’anti-inflammatoire pour atténuer l’inconfort dans les heures qui suivent. Ensuite il faut tondre les poils autour du cornillon pour bien voir la zone à cautériser. Une anesthésie locale du nerf cornual est très efficace contre la douleur immédiate à l’écornage. Il suffit alors de cautériser le cornillon à l’aide d’un ecorneur à gaz. » Philippe Godest précise : « Cette technique permet de faire l’ébourgeonnage plus tôt sur les veaux. Le geste est donc plus rapide, cela ne me prend que 8 secondes par cornillon ». Lorsque l’ébourgeonnage est fait, il faut vérifier le cercle de cautérisation et appliquer un spray désinfectant. Enfin, il suffit de replacer les veaux dans leurs cases et de surveiller leur appétit et leurs plaies.
« Maintenant que j’ai bien assimilé le protocole je peux le faire pour des groupes de 2, 3 ou 5 veaux, cela ne me prend pas plus de 15 minutes », commente l’éleveur.

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L’ébourgeonnage avec anesthésie est un élément en plus pour optimiser l’élevage des génisses pour Philippe Godest, éleveur, et Pierre Clément, vétérinaire.

« Je ne le fais plus à contrecœur »

L’ébourgeonnage est une étape indispensable en élevage laitier pour assurer la sécurité du troupeau et de l’éleveur. L’anesthésie générale permet de limiter le stress pour le veau et pour l’éleveur. Philippe Godest se rappelle, « les quelques jours qui suivaient l’écornage, les animaux se souvenaient du geste et avaient peur.Aujourd’hui, ce n’est plus le cas ». Les veaux ne perdent pas l’appétit et leur croissance n’est plus pénalisée. Pour l’agriculteur, c’était important de consacrer un peu de temps à cette formation car aujourd’hui il gagne du temps. « J’ai fait cette formation pour avancer, améliorer ma technique pour le confort de mes animaux et ne plus le faire à contrecœur. » Les pratiques d’élevage
évoluent en faveur du bien-être des animaux, il ne faut pas hésiter à le faire savoir auprès du grand public pour valoriser les actions des éleveurs au quotidien pour leurs animaux.

Il faut pratiquer pour passer le cap

Manipuler des aiguilles et faire des piqûres ne font pas partie du quotidien des éleveurs. Ce sont des gestes précis qui nécessitent quelques explications et de la pratique. C’est pourquoi, Eureden propose lors de sa formation aux éleveurs de pratiquer les gestes afin de les assimiler directement sur les veaux. « J’avais beau lire les techniques dans les revues spécialisées, il n’y a rien de tel que les travaux pratiques. J’avais besoin de voir les gestes, d’être guidé et de pratiquer pour pouvoir me lancer » raconte Philippe Godest. Il faut avoir le bon matériel, Eureden préconise les écorneurs à gaz qui chauffent plus et permettent de brûler le cornillon plus rapidement. « Pierre Clément nous a aussi conseillé de prendre des petites aiguilles, qui sont plus adaptées pour les veaux, j’ai moins peur d’aller jusqu’à l’os », souligne l’éleveur.
Pratiquer l’écornage sous anesthésie ne révolutionne pas le système d’exploitation, ne nécessite pas d’investissements et a un impact positif sur l’élevage des génisses.

Observer c’est soigner

La journée de formation Eureden sur le bien-être de l’élevage inclut un module sur la méthode Signes de Vache abordée par Halbe Rosema, éleveur, pareur et formateur. C’est une méthode qui consiste à observer et apprendre le langage du corps de la vache. L’observation permet de prévenir certaines maladies, d’apporter du bien-être aux animaux et de gagner en rentabilité. « C’est un diagnostic complet de l’élevage, son regard extérieur est une vraie force et apporte des pistes de travail », souligne l’éleveur. Suite à cette intervention Philippe Godest est plus attentif et vigilant sur le comportement de ses vaches. « Dès qu’une vache s’isole par exemple, j’essaie de comprendre pourquoi (fièvre, boiterie…) et d’apporter des solutions », conclut-il.

Formation écornage
Vous n’êtes pas à l’aise pendant ce moment délicat ? Vous ne savez pas comment atténuer la douleur pour vos veaux ? Vous ne vous sentez pas en sécurité ? N’hésitez pas à participer à nos formations qui auront lieu en élevage prochainement. Inscrivez-vous auprès de votre technicien Nutrition Bovine Eureden.

Marine Rozec

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