Ille-et-VilainePolitique et Syndicalisme

Colère de la FDSEA sur le refus d’adaptation des dates de SIE

La FDSEA 35 a adressé une lettre ouverte aux services de l’État suite à leur décision de ne pas accepter les demandes de dates individuelles pour les SIE (Surfaces d’intérêt écologique).

« Le sentiment d’être méprisés ! », tel est l’intitulé de la lettre ouverte adressée mardi 13 avril par la FDSEA d’Ille-et-Vilaine à la ministre de la Transition écologique, au ministre de l’Agriculture et aux services de l’État en région. Début mars, la FDSEA avait fait une demande à l’Administration à propos des dates d’implantation des SIE. Actuellement, pour respecter le cahier des charges du verdissement de la Pac (Politique agricole commune), il faut que les couverts SIE soient en place entre le 10 septembre et le 4 novembre, soit un minimum de 8 semaines.

Une piste pour la biodiversité, moins de phytos, moins de Ges

« Nous avons demandé que ces dates puissent être avancées et adaptées individuellement par les agriculteurs, tout en conservant le délai de 8 semaines », souligne Christian Mochet, responsable environnement à la FDSEA 35. Le syndicat mettait en avant plusieurs raisons à cette attente.
« Certains agriculteurs implantent les couverts végétaux aussitôt après la récolte des céréales voire juste avant de récolter ; la biodiversité s’en trouve améliorée et les mauvaises herbes ont plus de difficulté à se développer (donc l’utilisation des produits phytosanitaires est réduite). La recherche de rotations plus longues est d’actualité et implanter certaines cultures d’hiver après le 4 novembre est trop risqué. Pour les agriculteurs qui réduisent le travail du sol et donc les émissions de gaz à effet de serre, cette date du 4 novembre pose encore plus problème. »

« Une simplification unilatérale »

Mais « la réponse de l’Administration a été non car les demandes individuelles seraient trop compliquées à contrôler ! ». Selon Cédric Henry, président de la FDSEA 35, et Christian Mochet, « l’Administration raisonne sur une simplification unilatérale : pouvoir contrôler plus facilement sans tenir compte de la simplification et du bon sens du côté des agriculteurs. »
Dans le même temps, « notre Administration nous assassine avec des projets d’arrêtés sur les effluents organiques et minéraux, des projets d’arrêtés sur la méthanisation, des consultations sur l’utilisation durable des produits de défense des végétaux, les révisions du programme d’action nitrates, la révision du Sdage et le projet d’étude HMUC (hydrologie, milieux, usages, climat) et la liste est encore longue. » Dans la lettre, les deux responsables expriment leur « ras-le-bol ». « Nous sommes des professionnels, faites-nous enfin confiance ! », réclament-ils. Dans les autres départements bretons aussi, cette demande a été refusée.

« Les candidats à l’installation vont fuir toutes ces contraintes »
Cédric Henry et Christian Mochet expriment aussi leurs craintes par rapport à l’installation, rappelant que plus de la moitié des exploitants agricoles vont partir en retraite dans moins de 10 ans. « Nous savons tous qu’il y aura pénurie de remplaçants et que nous avons tous, collectivement, le défi du renouvellement des générations à relever. Les candidats vont fuir toutes ces pressions et ces contraintes qui s’accumulent ». Et d’ajouter : « les agricultrices et agriculteurs en place vont quitter le métier avant l’heure ».
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