Élevage

Béton : Les normes garantissent la durabilité

Les bétons classés XA 2 sont les plus utilisés en bâtiments agricoles car ils résistent aux attaques des lisiers et des jus en provenance des ensilages.

Selon l’agressivité du milieu dans lequel il sera exposé, chaque béton prêt à l’emploi est soumis à des normes bien précises. Pour les bâtiments agricoles, « les bétons XA 2 sont les plus utilisés. Ils sont adaptés aux contacts avec les déjections animales, les jus acides provenant du maïs dans les silos », explique Gilles Marhadour, responsable de laboratoire chez Celtys, branche industrielle du groupe de négoce en matériaux Quéguiner. Chaque classe de béton respecte un dosage en ciment minimal, ainsi qu’un dosage en eau maximal. « Les bétons XA répondent aux mêmes conditions des matériaux XS, utilisés en milieu marin ou à proximité du littoral ». La classe d’exposition XA 2 répond donc à la majorité des situations ; la classe XA 3, encore plus résistante, est peu utilisée. « Cette classe est la plus adaptée aux dalles de silos à maïs, mais c’est un béton très dur, difficile à travailler qui doit être mis en place rapidement, en ½ heure », note Philippe Le Carluer, conseiller bâtiment chez Eureden.

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La très grande majorité des bétons utilisés en bâtiment agricoles est de classe d’exposition XA 2.

Brossage et joint de fractionnement

Sitôt le béton coulé, la finition peut se réaliser simplement « avec un brossage au balai de cantonnier quand le béton est encore frais, pour lui donner de la rugosité et devenir antidérapant. Le rainurage de parties spécifiques comme les parcs d’attente seront à réaliser après 6 mois ». Le saupoudrage de silice ou de quartz donne aussi de bons résultats pour gagner en solidité et pour éviter les surfaces glissantes.
Concernant l’emplacement des logettes, Philippe Le Carluer recommande d’augmenter l’épaisseur de béton, « pour la fixation des poteaux. 20 cm sont suffisants. Le brossage n’est en revanche pas nécessaire dans les logettes, 95% des nouveaux projets de bâtiment incluent des tapis dans ces logettes ou sont paillés ».

Vinaigre blanc dilué obligatoire

Une dalle béton se dilate toujours. Pour éviter les grosses fissures, « le plus simple est de réaliser un joint de fractionnement à la meuleuse sur une profondeur de 1 à 2 cm ». La distance entre ces joints ne doit pas excéder 8 m.
Dans les bâtiments de vaches laitières neufs, Philippe Le Carluer conseille avant l’arrivée des animaux d’être vigilant au pH des sols et des parois. « C’est obligatoire pour éviter les problèmes de pattes, car le béton et la laitance sont basiques. Il faut réussir à le neutraliser ». La pulvérisation de vinaigre blanc dilué est très bien adaptée, l’opération est à réaliser 15 jours à 3 semaines avant l’intégration des vaches, « car le vinaigre sent fort et pourrait dissuader les animaux de rentrer. Ne pas hésiter à pulvériser jusqu’à la hauteur de l’arrière-train des laitières, car l’urine fera descendre la laitance basique ». Sont aussi concernés par cette pulvérisation tous les box et la salle de traite.

Adjuvants et produits de cuvelage

Les bétons prêts à l’emploi contiennent des adjuvants, « pour augmenter ou diminuer la plasticité, ils peuvent être très fermes à très fluides, comme c’est le cas des bétons autoplaçants. Sur les fosses à lisier, des produits de cuvelage servent à augmenter la durabilité de l’ouvrage », fait observer Gilles Marhadour, « car ils empêchent le béton d’être directement en contact avec le lisier ».
Sur les résines enduites dans les couloirs d’alimentation, Philippe Le Carluer observe parfois « des problèmes, car le béton contient toujours de l’eau. La résine est étanche et empêche l’eau de sortir, cette résine peut à terme se décoller ». Le conseiller privilégie le passage d’un hélicoptère dans les auges en béton afin d’être plus lisse et faciliter son nettoyage.

Préserver son béton
Le ferraillage de l’ouvrage par des treillis métalliques est essentiel. « Il faut absolument les relever pendant le coulage pour les noyer dans le béton. Dans un mur, ils doivent se situer au moins à 5 cm du bord », rappelle Philippe Le Carluer. La chasse aux bulles d’air est aussi à réaliser, pour éviter que « les acides atteignent les aciers. Si le treillis n’est pas suffisamment enrobé, il va gonfler et faire éclater le béton », ajoute Gilles Marhadour. Chez Celtys, les tests montrent que la rouille occupe un volume apparent 3 à 4 fois supérieur à celui de l’acier. Dans la même optique, l’eau ne doit représenter que 14 à 22 % du béton : un surdosage en eau de 6 % altère la résistance de 10 %. Enfin et côté résistance de l’ensemble, un béton jeune de 7 jours n’est qu’à 66 % de sa résistance relative totale, obtenue au bout de 28 jours.
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