Davantage de revenu grâce à l’efficacité alimentaire

dd7938.hr - Illustration Davantage de revenu grâce à l’efficacité alimentaire
« La consommation quotidienne d’aliment au Dac est mesurée sur les jeunes mâles entrés en station », explique David Fouillet.
Une étude réalisée en race Rouge des prés met en évidence l’intérêt économique de sélectionner sur l’efficacité alimentaire. Un constat qui peut sans doute s’appliquer à d’autres races allaitantes.

L’efficacité alimentaire est l’aptitude d’un animal à transformer un aliment ou un fourrage en kilo vif. Un caractère héritable pris en compte depuis 50 ans par les éleveurs en Rouge des prés. « Les 75 veaux passant chaque année dans notre station de contrôle individuel sont évalués sur le tempérament, le potentiel de croissance, la morphologie (développement squelettique et musculaire, aplombs, dos…), mais aussi l’efficacité alimentaire », explique David Fouillet, technicien OS Rouge des prés, basé à la station du Domaine des Rues à Chenillé-Champteussé dans le Maine-et-Loire.

« Après une cinquantaine de jours d’adaptation, la consommation quotidienne d’aliment au Dac (distributeur automatique de concentrés), à volonté, est mesurée grâce à des colliers sur 84 jours. Ce qui aboutit à des index d’efficacité alimentaire individuels (EFAci) à disposition des éleveurs et du schéma de sélection. L’aliment distribué est conforme au cahier des charges de l’Idele ; les valeurs alimentaires sont plus faibles qu’un aliment d’engraissement et se rapprochent d’un enrubannage de qualité. À côté de l’aliment, les bovins disposent de paille et d’eau. »

Un gain de 194 € par jeune bovin

Une étude réalisée par Jean-Baptiste Tertrain, de l’Idele, montre l’intérêt pour les éleveurs de prendre en compte l’efficacité alimentaire dans leurs choix de reproducteurs ou de taureaux d’IA. « L’étude compare les coûts de concentré pour des jeunes bovins ayant un EFAci situé dans le ¼ inférieur avec le ¼ supérieur », explique-t-il. « Le prix de l’aliment de la station a été pris en compte, soit 257 €/t. Pour l’engraissement de 36 jeunes bovins en ration sèche, la différence de coût d’aliment – sans compter la paille – sera de 6 970 €, soit 194 €/JB en faveur des animaux mieux indexés en efficacité alimentaire. »

Pour une ration avec 77 % d’ensilage de maïs à 85 €/t MS et 23 % de concentrés à 195 €/t, la différence reste intéressante avec un gain de 2 930 € pour le lot, soit 81 €/JB. Sans généraliser à la population Rouge des prés, dans la série prise en compte nous notons que les animaux plus « efficaces » ont des croissances légèrement inférieures (1,350 kg/j contre 1,480 kg/j pour les moins efficaces) et mettent 25 jours de plus à atteindre les 760 kg de poids vif d’objectif.

Alors que 25 % des veaux de la race naissent d’IA (contre environ 10 % en allaitant globalement), l’OS Rouge des prés a mis en place en 2020 un schéma de sélection avec des accouplements dirigés. « Le tri de 800 mères à taureaux potentielles a été réalisé pour des accouplements avec 5 pères à taureaux. Nous priorisons 2 segments : les qualités maternelles et les facilités de naissance. Dans la race, la facilité de naissance est reliée à la précocité sexuelle », précise David Fouillet.

Deux ventes de taureaux chaque année à la station

14 veaux issus de ce schéma vont être testés à la station, se rajoutant aux 60 repérés directement en fermes. Des ventes des meilleurs taureaux reproducteurs sont organisées deux fois par an au Domaine des Rues, en avril et octobre. En 2020, elles ont eu lieu en ligne. Pour l’IA, la race vise un recrutement de 2 à 4 taureaux par an qui sont prélevés puis testés en ferme. Sur 2021, les responsables vont travailler sur un nouvel objectif : la dissociation des mutations du gène culard. « Nous avons appris à le gérer en Rouge des prés, mais nous souhaitons le piloter plus finement aujourd’hui, notamment pour faciliter la conduite en lots. C’est une attente des éleveurs, qui cherchent à gagner du temps. »

Des systèmes de production variés

L’OS Rouge des prés compte 150 élevages adhérents situés principalement dans les Pays de la Loire et les régions autour et dans l’Est de la France, surtout en Moselle. Ces élevages sont inscrits dans des systèmes de production variés : en conventionnel mais aussi en AOP Maine-Anjou, en bio, vente directe… « La race se prête à différents modes de production et ressources alimentaires. Ses premiers atouts restent la qualité de sa viande et sa capacité à atteindre des performances élevées avec du fourrage grossier. Selon les marchés, les éleveurs visent des poids de carcasse des animaux pouvant aller de 400 à 750 kg. Le cœur de marché se situe autour d’animaux de 470-480 kg de carcasse », précise David Fouillet.


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