Élevage

Le biocontrôle des poux rouges

Le biocontrôle, également appelé lutte biologique, est une méthode qui consiste à utiliser des organismes vivants pour agir contre les attaques de nuisibles. Le pou rouge, véritable fléau pour les élevages de poules pondeuses, en est une cible.

C’est en constatant une apparition de poux rouges, dans son bâtiment d’élevage de 9 000 poules pondeuses, que Gwenal Rousvoal, éleveur en agriculture biologique à Kergrist-Moëlou (22), a décidé de mettre en place un protocole de lutte biologique.

Les poux rouges, une nuisance avérée

Les poux rouges ont un développement exponentiel : « Deux poux rouges peuvent engendrer jusqu’à 8 millions d’individus en 3 mois », explique Simon Charon, technicien Bretagne de la société Appi qui propose des solutions de biocontrôle contre les parasites. Au stade d’œufs et de larves, les poux se trouvent principalement dans les fientes. Très invasifs, ils migrent ensuite des caillebotis vers les nids, en se déplaçant par les échelles et les perchoirs. Aux stades de nymphes et d’adultes, les poux s’attaquent aux poules en prenant quotidiennement leur ration de sang. Ce phénomène provoque chez les poules un état de stress, une baisse de ponte et dans certains cas, une hausse de la mortalité. Les œufs, tachés de sang, peuvent par ailleurs être déclassés.

Des prédateurs contre les poux rouges

Complémentaires, les prédateurs Androlis & Taurrus sont spécifiques aux poux rouges. Totalement inoffensifs pour les poules, les éleveurs et l’environnement, ces deux acariens microscopiques se nourrissent des nuisibles visés. La mise en œuvre de la lutte biologique consiste à libérer les prédateurs à proximité des zones infestées. Androlis s’attaque aux œufs et larves de poux et préfère les zones humides (fientes). Taurrus élimine, quant à lui, les poux adultes et s’acclimate aux zones plus sèches (nids). Pour un protocole optimisé, les premiers prédateurs seront implantés 4 semaines après l’arrivée des poulettes. Des lâchers d’entretien seront ensuite effectués toutes les 6 à 8 semaines.
Appliqué dès les premières apparitions de poux en début de lot, le traitement s’avère être efficace chez Gwenal Rousvoal. Peu de parasites sont visibles sur les rampes et aucune présence n’est détectée dans les nids, alors que les poules ont déjà 40 semaines.

Une application rapide et peu coûteuse

« C’est simple et rapide à utiliser. Pour mon bâtiment de 1 500 m², je mets 1/2 heure pour traiter les nids et les caillebotis » souligne l’éleveur. De plus, la solution est plutôt rentable, 24 centimes de la poule par bande pour un protocole complet. Autre avantage : la lutte biologique ne présente aucun phénomène de résistance du parasite. Attention toutefois, ces produits sont vivants et nécessitent une implantation sous les 48 heures.
En complément, le biocontrôle des mouches par les mini-guêpes (voir cet article) peut être utilisé dans ce type d’élevage. Il faut compter 6 centimes de la poule et par lot pour un traitement complet.

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