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38 porcelets sevrés/truie/an en maternité collective

Début 2017, la SCEA du Gouta inaugurait sa maternité collective de 800 truies. Repeuplement en génétique danoise, cases liberté, Dac pour porcelets… les choix techniques semblaient audacieux. Trois ans après, ces choix s’avèrent payants.

Les 800 truies de la maternité collective du Gouta sont conduites en 21 bandes de 36 truies, avec un sevrage théorique à 28 jours (proche de 24 jours en moyenne). Le sevrage a lieu le vendredi pour des premières inséminations dès le mardi. 2,1 IA sont réalisées en moyenne, par truie. Les animaux restent en verraterie bloquée jusqu’à l’échographie, puis sont transférés en gestantes (lots de 9, cases bat-flanc béton). L’alimentation est en soupe. « Elles sont allotées en fonction de leur état, jugé à l’œil », indique Romuald Vallais, éleveur. Un flushing est réalisé après sevrage, avec 4,5 kg d’un aliment composé de 70 % de gestante et de 30 % d’allaitante, par animal et par jour (4,2 kg pour les cochettes). Autour de l’IA, elles consomment 3,5 kg environ. Ensuite, quatre courbes alimentaires permettent d’avoir un troupeau homogène en fin de gestation (grasses, standards, maigres et cochettes). « Les courbes en U démarrent à 4,5 kg (al. gestante) pour les plus maigres puis descendent à un plateau de 2,8 kg. Toutes les autres sont à 3,5 kg puis 2,7 kg ». Six semaines avant la mise bas, la courbe remonte à 4,1 kg pour toutes les truies. « Elles reçoivent le même mélange que pendant le flushing (70% de gestante et de 30 % d’allaitante) ». La ration est distribuée en un repas en milieu de gestation puis en deux repas. La soupe est alors constituée d’un mélange de 3,5 litres d’eau pour 1 kg d’aliment.

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Les cases des maternités (36 places) sont disposées en croix ; les truies sont libérées vers 10 jours après la mise-bas.

Mises-bas dès le dimanche

Dès l’entrée en maternité, les truies reçoivent 4 kg d’aliment allaitante. « Après la mise-bas, la ration augmente de 550 g par jour, jusqu’à un plafond de 6,3 kg. Ensuite, j’augmente en fonction de l’appétit de l’animal. La ration peut monter jusqu’à 9-10 kg ». La soupe contient 4 litres d’eau pour un kg d’aliment. Les auges sont équipées de pipettes. Les mises-bas, non programmées, débutent le dimanche et s’étalent jusqu’au mardi. « En général, nous bloquons les porcelets les plus gros pendant une heure afin que les petits puissent boire du colostrum. Les portées sont homogénéisées en fin de journée, à 15-16 petits par truie ». 20 à 30% des porcelets d’une bande sont adoptés dans la semaine. Ils passent, pour beaucoup, sous des mères de la bande précédente qui élevaient de gros porcelets. « Cela fait beaucoup de mélanges, mais le sanitaire reste stable ». Les soins consistent à désinfecter le nombril et à administrer un antibiotique dès le premier jour de vie. « Nous avions adopté ce protocole par sécurité car il s’agissait d’un troupeau jeune, monté rapidement à 800 truies ». Plus tard, les porcelets reçoivent du Forcéris (fer et coccidiose). Ils sont protégés des streptocoques par un autovaccin réalisé sur les mères.

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Le système d’alimentation liquide (Nutrix) en maternité fonctionne comme une machine à soupe.

Aliment liquide pour porcelets en maternité

Les salles de maternité sont équipées d’un système de distribution automatique d’aliments liquides pour les porcelets. Trois aliments sont distribués en fonction de l’âge des petits : du lait chaud reconstitué, dès 5 jours et pendant 4-5 jours, un aliment starter puis le 1er âge, dans de petites augettes fixes. « Le lait est un plus mais il ne faut pas le distribuer trop tôt, en raison d’éventuelles diarrhées, ni trop tard pour ne pas pénaliser la consommation d’aliment starter et de 1er âge ». Le circuit est vidé chaque jour (les restes sont donnés aux porcelets les plus lourds) puis lavé automatiquement. Les augettes sont nettoyées une fois par semaine. Les truies sont libérées autour de 10 jours après la mise bas (cahier des charges collectif 2 Kermené-Leclerc). « Nous estimons que nous avons 0,3 à 0,5 porcelet écrasé de plus après 10 jours, en raison de la libération des truies. C’est surtout problématique en été, quand il n’y a pas de différence de température marquée entre le nid et la salle  ». Les porcelets sont sevrés à 23-24 jours, à 5,5 kg (16,3 porcelets par portée). Aucun vaccin n’est réalisé sur les porcelets avant leur départ dans les porcheries des associés.

1 360 kg d’aliment par truie
Les aliments truies sont fabriqués sur place, à base d’orge, de blé et de complémentaires gestante et allaitante. « La formulation est très réactive ; quand nous faisons évoluer la formule (énergie, micronutriments, acides aminés), nous analysons les résultats en maternité pour valider le changement ou pas. Il doit y avoir un retour sur investissement. Les échanges avec notre fournisseur Sanders sont réguliers ». Tous les deux mois, des échantillons de la mouture sont analysés (granulométrie) pour anticiper les problèmes de fabrication. La consommation d’aliment par truie est de 1 360 kg soit 35,9 kg par porcelet sevré (la moyenne est de 38,75 kg).

60 % de renouvellement

L’élevage est en auto-renouvellement grâce à l’achat de grand-parentaux livrés par camions sous air filtré, en provenance du Danemark. Plusieurs catégories d’âge arrivent sur l’élevage au même moment (quarantaine dédiée). Les semences de verrats Duroc danois sont achetées. Le taux de renouvellement est de 60 %. Un taux élevé assumé par les éleveurs qui tiennent à avoir un troupeau jeune, facile à conduire par des salariés. Les cochettes sélectionnées sur l’élevage intègrent les salles de quarantaine après le tri, le temps des vaccinations (3 salles de 36 places). Elles reçoivent un mélange d’aliment gestante et allaitante. 9 cochettes sont intégrées en moyenne dans chaque bande de 36 truies.

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