Economie, marchés et gestionIlle-et-Vilaine

L’efficacité économique a triplé sur 3 ans

Sur l’exploitation de Fabrice Duval, à Saint-Aubin-d’Aubigné (35), la transition vers un système plus herbager a été rapide grâce à l’appui de son groupe Adage. Travaillant également sur la réduction des produits phytosanitaires, l’éleveur est passé en bio à partir de fin 2016.

« Aujourd’hui, je me sens bien dans mon système très pâturant », souligne Fabrice Duval, éleveur à Saint-Aubin-d’Aubigné (35). Il s’est installé sur l’exploitation familiale en 2010 avec une SAU de 43 ha. « À l’époque, l’exploitation comptait 12 ha de maïs ensilage, 6 ha de blé et 25 ha d’herbe. » En 2015, avec la crise laitière, le système a commencé à montrer ses limites en termes de rentabilité. Les vaches étaient en ration maïs et concentrés toute l’année avec un coût alimentaire de 144 €/1 000 L dont 61 € de concentré.
« Les charges étaient trop importantes. J’ai alors commencé à explorer plusieurs pistes : j’ai appris à inséminer et je me suis penché sur les frais vétérinaires. Souhaitant travailler avec les huiles essentielles, j’ai contacté l’Adage qui menait des projets sur cette technique alternative. Cela m’a fait découvrir l’association et j’ai rejoint un groupe d’échanges en 2016 », raconte le producteur.

De 25 à 38 ha d’herbe

Le déclic est venu des autres producteurs de son groupe. « J’ai tout de suite vu que les systèmes herbagers étaient performants économiquement. » Profitant de sa trentaine d’hectares accessibles, le producteur a largement augmenté sa part d’herbe sur ses parcelles. Les prairies s’étendent aujourd’hui sur 38 ha. « Des chemins ont été ajoutés et j’ai mis en place 28 paddocks de 1,2-1,3 ha chacun, sans fil avant ou arrière. Je fais attention aux hauteurs d’herbe en entrée (12 – 15 cm) et sortie (4 cm). » L’éleveur a aussi changé de technique de fauche avec une faucheuse à disques pour une coupe nette.
« À côté de l’herbe, je cultive environ 2,5 ha de maïs grain et 2,5 ha de méteil (féverole, épeautre, avoine). Je ne fais plus d’ensilage de maïs depuis 2 ans. En hiver, les vaches sont nourries avec de l’enrubannage, du foin et du maïs grain. Elles sortent pâturer au maximum. Le méteil sert à l’alimentation des veaux et des génisses. » L’autonomie est presque atteinte : seuls des achats de foin sont parfois
réalisés.

En « groupe 30 000 »

Un autre des objectifs de l’éleveur était de réduire les traitements phytosanitaires, pour sa santé, pour l’environnement… Les doses avaient déjà fortement baissé depuis son installation, de 75 % en moyenne. Le producteur a rejoint un des groupes 30 000 de l’Adage (ces collectifs ont été mis en place dans le cadre national d’Ecophyto avec comme objectif une forte réduction des produits phytosanitaires).
« J’ai finalement décidé de passer en bio fin 2016. Là encore, je voyais chez les autres éleveurs du groupe que ça marchait bien. La transition de système s’est faite facilement et sans stress », sourit l’éleveur, satisfait aussi des nombreux échanges et des moments de convivialité permis par le collectif. « Dans le groupe, nous avons mis en place différentes formations, des ‘rallyes herbe’, de l’accompagnement individuel… Les producteurs évoluent plus ou moins rapidement dans leur système », note Édith Chemin, animatrice du groupe 30 000 de Combourg.

Davantage de temps à consacrer à la famille

« J’ai été accompagné au désherbage mécanique sur le maïs via le syndicat de bassin versant. » Aujourd’hui, un labour est réalisé puis la culture reçoit généralement deux passages de houe rotative et un passage de bineuse (aller-retour dans la journée). Ces deux matériels sont disponibles via la Cuma. « La production de lait a un peu baissé, le nombre de vaches aussi. Mais mon nouveau système de production m’a permis de tripler l’efficacité économique* entre 2017 et 2020. C’est notamment lié à l’augmentation du pâturage et à la baisse des charges de concentrés », précise l’éleveur. Autre avantage identifié : « Je passe désormais davantage de temps avec ma famille. »

* Ratio de la valeur ajoutée sur le produit d’activité

Des témoignages vidéo prochainement en ligne
L’Adage 35 avait prévu d’organiser des portes ouvertes en novembre, faisant témoigner les éleveurs autour des évolutions de leurs systèmes : développement de l’herbe, bas IFT (indicateur de fréquence de traitement), bien-être au travail, aménagement du parcellaire, amélioration des résultats économiques, passage à l’herbe avec un grand troupeau… « Ces rencontres n’ayant pu avoir lieu du fait de la situation sanitaire, elles seront remplacées par des vidéos tournées sur les élevages qui seront mises en ligne en décembre », annonce Claire Bienvenu.

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