Cultures

Un colza robuste tout au long de sa vie

Un colza à croissance régulière et sans être exubérant en biomasse sera réussi. Gilles Sauzet rappelle les étapes à respecter pour obtenir une culture robuste.

« On voit l’intérêt aujourd’hui d’un colza qui a été robuste quand il a levé au 25 août », introduit Gilles Sauzet, ingénieur de développement chez Terres Inovia. Une grande partie de la réussite de la culture se situe donc dès l’implantation : un bon départ permet d’être plus résilient aux attaques d’insectes, de mieux gérer les stress hydrique. « Nous constatons des baisses de rendements dans certaines régions malgré les progrès génétiques des variétés, ainsi que des résistances des altises aux solutions chimiques qui s’étend d’est en ouest ». Le colza a une croissance lente en début de cycle, « c’est pourquoi il est essentiel que cette croissance soit la plus rapide car il est à ce moment très vulnérable ».

Viser les 1 500 grammes

Une levée de colza à la fin août permettra à la culture de couvrir les rangs au début de l’automne. « Cette croissance active et régulière est possible grâce à une bonne levée et grâce au pivot, qui doit mesurer 15 cm en octobre », suivi par une émission des racines horizontales en novembre. Si les colzas font 75 % de leurs surfaces foliaires au printemps, « 75 % de la biomasse racinaire est produite avant la sortie d’hiver ».
Les observations de Terres Inovia montrent que sur une levée au 26 août, 40 % des plants sont exempts de dégât de morsure d’altise, 5 % seulement présentent des dégâts importants. «  Sur une levée au delà du 10 septembre, ces chiffres s’inversent », fait observer Gilles Sauzet. Tous les ans et en semaine 39 (vers le 20 septembre) des vols de grosse altise sont observés ; d’où l’importance d’une culture robuste avec au moins 4 feuilles à cette date. Avant l’hiver et si le colza a réussi à atteindre 1 500 grammes de biomasse aérienne fraiche, « il y a une forte probabilité d’être au delà de 90 % de plantes saines, avec de faibles impacts des insectes sur le rendement ». Cette biomasse couvrante limitera également le développement d’adventices comme les géraniums, les laiterons ou plus fortement les gaillets.

Un précédent favorable

Semer tôt oblige forcément à avoir un précédent récolté précocement. « Les orges d’hiver ou les pois en font partie, éviter les précédents orges de printemps ». Les cultures à faibles volumes de résidus sont aussi à privilégier, en particulier en cas de semis simplifiés. « La disponibilité en azote en post récolte est aussi à regarder, les colzas ont besoin de cet élément pour leur croissance dès le stade 4 feuilles ». Concrètement, l’ingénieur conseille d’être « prèt à semer fin juillet (les parcelles sont libérées). Il faut être opportuniste ». A fin juillet, l’idéal est d’avoir un lit de semence préparé, qui valorisera les pluies à venir.

6 000 siliques / m2

Quand la culture est arrivée au stade G4 (formation des siliques), elle a produit le maximum de sa biomasse aérienne. « L’objectif est d’avoir une cinétique de croissance, avec un colza qui pousse tout le temps. A G4, le nombre de siliques / m2 doit être supérieur à 6 000  ». Sur un essai mené dans le Berry, 34 parcelles n’ont reçu aucun traitement pour lutter contre les grosses altises et les charançons du bourgeon terminal quand elles ont été semées tôt. Ces parcelles présentaient 95 % de plants sains au stade E/F1 (début floraison), pesaient entre 4 200 et 5  200  gr/m2 au stade F2 (allongement de la hampe florale). Ces cultures ont produit plus de 6 500 siliques /m2. Gilles Sauzet conclut en conseillant de « bien choisir ses variétés en semis précoces, c’est déterminant. Attention aussi aux surdensités, qui conduiront à des risques d’élongation ».

Test bêche obligatoire

Le test bêche est un très bon indicateur de l’état de la structure du sol. Il se réalise en 3 étapes :
1 – Prélever un bloc de sol à la bêche
2 – Observer l’état général. Un sol qui se délite est déjà un bon indicateur. « Certains limons argileux peuvent rester en bloc, intact ».
3 – Observer l’état interne des mottes. « Les limons argileux sont les plus compliqués et demandent toute l’attention, car ils peuvent être compactés par les outils à toutes les profondeurs ».
Ces observations renseigneront sur le travail du sol à effectuer ou non : un bloc ouvert avec un état interne des mottes poreux ou fissurés rendra possible un non-travail du sol. A l’inverse, un bloc continu, tassé ou même fissuré exigera de travailler son sol sur une profondeur variable de 0 – 10 cm ou sur 0 – 20 cm.

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