Élevage

Une analyse d’eau conforme par an

Spécialiste de la question au GDS Bretagne, Félix Mahé aborde la notion de qualité de l’eau en élevage. Si l’enjeu sur la santé et les performances des animaux est fort, il n’existe pas de normes réglementaires spécifiques aux différentes espèces.

En élevage, excepté en volaille de ponte, il n’y a pas de normes réglementaires à proprement parler concernant la qualité de l’eau, démarre Félix Mahé. « Mais comme elles existent en humaine, précisées par arrêté ministériel, les filières de productions animales s’en inspirent. » Ainsi, tous les éleveurs doivent pouvoir présenter une analyse d’eau « conforme » par an a minima.

En volaille de chair, en bovins ou en porc, cette obligation est généralement notifiée dans les cahiers des charges des filières ou des groupements comme la Charte des bonnes pratiques par exemple. « En volaille de ponte, c’est obligatoire dans le cadre de la charte sanitaire, contrat entre le propriétaire des animaux  et l’État. Et s’il y a utilisation d’un réseau privé, c’est même deux analyses annuelles exigées », précise le référent technique qualité de l’eau au GDS Bretagne.

Une eau conforme potable autour de la traite

Une analyse « classique », réduite, est généralement suffisante. Chez un producteur de lait, le prélèvement doit être réalisé au plus près de la laiterie car l’industrie s’intéresse avant tout à la « potabilité » conformité de l’eau pour le lavage de l’installation de traite et du tank afin de protéger le lait de tout risque de contamination. Alors qu’en porc ou en volaille, en testant l’eau des pipettes ou en bout de ligne, on se penche sur la qualité de l’eau bue par les animaux.

Au laboratoire, on recherche ensuite certaines bactéries (coliformes totaux, E. coli, entérocoques) en ensemençant des milieux de cultures spécifiques grâce au filtrat issu du prélèvement d’eau : leur présence en nombre peut renvoyer à une contamination fécale ou un problème d’entretien du captage ou des canalisations. Certains paramètres physico-chimiques (pH, taux de nitrates, teneurs en fer et en manganèse…) sont également mesurés. À l’arrivée, l’eau testée peut être déclarée conforme, douteuse ou non conforme.

Une analyse bon marché à renouveler

« Reste que le résultat peut dépendre de l’endroit du prélèvement », tempère Félix Mahé.  Au « compteur », il y a plus de chance de trouver une eau conforme. « Mais ensuite, la circulation dans les canalisations peut engendrer la contamination. Surtout sans système de traitement, l’analyse à l’entrée de l’élevage n’a pas forcément de valeur prédictive de la qualité de l’eau en bout de ligne ou dans l’abreuvoir. »
Quand on obtient un résultat « douteux », il y a toujours le doute d’une contamination passagère ou accidentelle lors du prélèvement. « Comme une analyse standard coûte entre 25 et 30 €, il ne faut pas hésiter à en refaire une. » Quand l’eau est déclarée non-conforme, l’éleveur doit mener des améliorations puis prouver qu’il a rétabli la conformité.

Données régionales
Dans la région, on estime que les 2/3 des élevages sont sous captage privé (puits, sources, forages ). GDS Bretagne assure le suivi eau de 4 000 élevages par an, dont 60 % issue de forages. Deux tiers concluent sur un pH inférieur à 6,5 (seulement 4 % d’eaux basiques). « 34 % rapportent un taux de nitrates supérieur à 50 mg / L. 74 % des prélèvements sont en conformité en coliformes totaux. Et 10 à 15 % présentent des bactéries potentiellement dangereuses de type E. coli ou entérocoques », précise Félix Mahé. Le spécialiste note au passage que 13 % d’élevages possédant un traitement bactériologique s’avèrent non conformes. « Cela signifie souvent un défaut de surveillance de leur système par les éleveurs . » Par ailleurs, il y a un intérêt individuel et collectif pour les éleveurs à conserver et protéger leur captage privé pour éviter   une augmentation du prélèvement d’eau par les élevages sur le réseau d’adduction publique dont les réserves ne sont pas extensibles.
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