“Ne laissez pas les opposants parler à votre place”

 - Illustration “Ne laissez pas les opposants parler à votre place”
De gauche à droite : Mireille Rolland, trésorière adjointe FDSEA 35 ; Michel Bouvet, trésorier ; Cédric Henry, président ; Laëtitia Bouvier, secrétaire générale, et Damien Dupays, directeur.
Derrière les attaques incessantes contre l’agriculture et les peurs alimentaires irrationnelles, se cache une guerre économique et idéologique, selon le journaliste Gil Rivière-Wekstein, invité à l’assemblée générale de la FDSEA 35.

Les peurs alimentaires ont toujours existé. Nous avons gardé dans nos gènes la peur de manquer de nourriture. Par ailleurs, les intoxications alimentaires sont réelles, mais la mortalité qu’elles génèrent a fortement régressé. « Aujourd’hui, 200 à 300 personnes meurent chaque année en France d’intoxications (dues à des bactéries ou des virus) ; elles étaient 4 000 dans les années 60. La France fait partie des 5 pays sur 195 où l’alimentation provoque le moins de mortalité », a souligné Gil Rivière-Wekstein, journaliste et fondateur de la lettre d’information « Agriculture et environnement », lors de son intervention à l’assemblée générale de la FDSEA 35, le 20 février à Acigné.

D’où viennent ces peurs ?

Il y a aussi la peur de ce que les aliments contiennent. « On ne veut pas d’OGM alors qu’ils n’ont jamais tué personne, on ne veut plus de colorants, de sel, d’additifs, de pesticides… » Mais d’où viennent ces peurs ? « Elles sont générées par les reportages anxiogènes dans les grands médias. Un reportage à charge est diffusé tous les 3 jours. Aucun autre secteur n’est autant ciblé. »
« Derrière l’agribashing se cache une guerre économique et idéologique qui vise l’agriculture conventionnelle », selon le journaliste. « Une guerre de sape interne dirigée par certaines ONG, des formations politiques, des acteurs économiques et des opportunistes. Le marché mondial de la santé et de la nourriture alternative pèse 700 milliards de dollars. »

« Le glyphosate est un cas d’école dans cette guerre économique. Avant 2015, tous les jardiniers en avaient un bidon chez eux. Aujourd’hui, l’ensemble de la population est convaincue de sa toxicité et souhaite sa disparition. » Dans son livre « Glyphosate, l’impossible débat. Intox, mensonges et billets verts », le journaliste montre le rôle joué par des cabinets d’avocats américains dans ce retournement. Il explique comment ces derniers veulent obtenir des milliards de dollars de dédommagement pour leurs clients auprès de Bayer et alimentent les médias avec leurs informations. Même les agences sanitaires de l’Etat français sont mises à mal.

Répondre aux attaques

Comment les agriculteurs peuvent réagir face à ces attaques ? « Ils doivent reprendre en main leur communication, en ouvrant leurs portes, mais surtout sur internet et les réseaux sociaux. Ils ne doivent pas hésiter à répondre aux attaques, transmettre des films sur leur activité. Les gens ont une bonne opinion des agriculteurs, ils leur font confiance. »
Aux yeux de Gil Rivière-Wekstein, les tests d’urine réalisés par des agriculteurs d’Ille-et-Vilaine (ne montrant aucune ou de très faibles traces de glyphosate dans les urines) et le dépôt de plainte contre les pisseurs involontaires sont une action pertinente. « Une prise de parole collective est nécessaire pour neutraliser cette guerre économique. Il faut convaincre les gens qui ne savent pas où se situer. Et avant de répondre aux attentes sociétales, il faut demander si elles sont légitimes. »

L’ère du dialogue

Sur l’Ille-et-Vilaine, la FDSEA maintient 80 syndicats locaux, un nombre important. « Notre ligne est claire : nous défendons tous les modes de production, les petites structures ou les exploitations plus importantes. Tous les modes de production ont leur place tant qu’ils répondent à un marché », déclare Cédric Henry. Le président de la FDSEA souligne aussi que le syndicalisme d’il y a 20 ans a disparu. « Aujourd’hui, le dialogue est à privilégier à tous les niveaux. Les manifestations sont une arme utile quand le dialogue ne suffit plus. » Sur 2020, la FDSEA va poursuivre son travail sur 4 grands axes : la loi Egalim et les prix, l’agriacting contre l’agribashing, l’intégration de nouveaux responsables et l’élargissement de la base d’adhérents.


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