Economie, marchés et gestion

En Bac pro sous deux statuts différents

Charlène Divay et Romain Le Cam seront tous les deux en 1re Bac pro l’année prochaine, l’une sous statut scolaire et de stagiaire en alternance, l’autre comme apprenti.

« J’aime le contact avec les animaux », décrit Charlène Divay, épanouie. Dès qu’elle parle de ses périodes de stage, son visage s’illumine. Sa voie, elle l’a enfin trouvée, grâce aux stages en exploitations agricoles. Jusqu’à se remotiver pour des études, grâce au soutien de son maître de stage, après une année de déscolarisation.

Apprendre son métier grâce aux stages

« Mon futur, je l’envisage au plus près des animaux, ça c’est sûr ! », précise-t-elle. Sa première accroche pourtant n’était pas l’agriculture. Tout est parti d’une visite dans un zoo. Mais à défaut d’éclaircie possible sur le marché de l’emploi comme soigneur animalier, sa future activité sera sûrement autour des vaches laitières : salariée agricole, service de remplacement… En attendant, elle apprend petit à petit son métier en exploitation. La formation proposée par la MFR de Janzé (35) est en effet basée sur l’alternance, à un rythme de 15 jours de stage pratique puis 15 jours au centre de formation. Mais, son maître de stage arrête prochainement l’activité laitière. Alors, pour son passage en 1re Bac pro l’an prochain, elle va bientôt se mettre en quête d’une nouvelle exploitation, toujours comme stagiaire.

Du changement avec l’apprentissage

Romain Le Cam, quant à lui, aspire à du changement. Des stages en alternance, il en fait depuis la classe de 4e, année où il a intégré la MFR. « Je souhaiterais devenir apprenti », rêve-t-il. Une possibilité proposée par le centre de formation qui vient d’être agréé comme centre de formation des apprentis en 2019, en lien avec la réforme de l’apprentissage. Avide d’apprendre, ce statut selon lui devrait lui permettre d’approfondir ses connaissances : « Outre l’atout de la rémunération en passant en apprentissage, on va en échange exiger de moi des compétences de salarié. Je m’éloigne ainsi du stage découverte. Je pense que ce sera plus professionnalisant. » Son avenir, il l’envisage pourquoi pas comme chef d’entreprise, avec l’espoir que « d’ici là, le monde agricole retrouve une belle image et une meilleure rémunération du travail… » Mais à ses yeux, c’est encore loin. D’abord, il faudra passer le Bac pro d’ici 2,5 ans. Ensuite, il souhaite mettre à profit ses apprentissages comme salarié en élevage dans un premier temps et peut-être aussi dans une entreprise de travaux agricoles.

Avancer au même rythme
« Le rythme de l’apprentissage va se caler sur celui de l’alternance », décrit Clément Mniai, responsable de la formation. Une expérience similaire existe déjà en Bac pro Commerce et fonctionne bien. Le centre de formation s’engage à réaliser le suivi administratif des contrats. Reste aux futurs apprentis de trouver leur employeur et d’investir leur futur rôle de salarié. « À 17 ans, pour certains, c’est plus compliqué à gérer qu’un stage : le rythme est plus dense et la réglementation plus contraignante. »
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