Economie, marchés et gestion

#Covid19 : De la nécessité de se nourrir

Le bon approvisionnement des magasins est capital pour vivre sereinement le confinement. Et consolider la santé des Français.

Guy Le Bars, président du groupe laitier Laïta, estime que le président Macron n’a pas assez souligné l’importance des filières alimentaires lors de ses prises de parole liées au coronavirus. « Bien sûr, aujourd’hui, l’aspect médical et sanitaire est prioritaire. Mais après se soigner, il faut se nourrir. Quand on voit à quelle vitesse les rayons des GMS se vident ces derniers jours, on comprend que le secteur de l’alimentation dans son ensemble, le réapprovisionnement, est un maillon essentiel pour limiter l’anxiété de la population. C’est une question stratégique dans la crise que nous vivons.  »

Doublement des commandes

Même questionnement du côté de Gérard Calbrix, directeur du service économique au sein de l’Association des transformateurs laitiers (Atla). Il rapporte une hausse de 10 à 15 % des ventes de produits laitiers dans la grande distribution dans les jours précédant la mi-mars et les annonces gouvernementales. Mais, suite à la fermeture des écoles, de la restauration hors-foyer et le confinement, « les Français ont commencé à paniquer samedi soir et se sont rués sur les magasins ». Les commandes actuelles atteignent des + 50 à 100 %. « Grâce à des dérogations consenties par le gouvernement, on livre le dimanche et on explose les heures supplémentaires pour continuer à assurer les livraisons. Mais nous n’avons pas suffisamment de camions et de chauffeurs pour servir les plateformes régionales de la grande distribution sur la durée à ce rythme. »

Des produits laitiers dans tous les frigos

« Les produits laitiers demeurent incontournables nutritionnellement pour les familles françaises. » Le lait liquide a un taux de pénétration de 97 % dans les foyers. C’est même 99 % pour les produits ultrafrais type yaourts, fromages blancs, petits suisses, rappelle Benoît Rouyer, économiste au Cniel. « Aussi bien les éleveurs que les salariés des laiteries font actuellement des efforts considérables pour qu’il n’y ait pas de rupture dans les magasins. Les usines tournent à pleine capacité pour fabriquer des produits de grande consommation. » Les bilans de vente en grande distribution sont habituellement transmis mensuellement. « Mais dans ce contexte exceptionnel, nous allons essayer d’obtenir des données hebdomadaires pour mieux appréhender la tendance. Une chose est sûre : les ventes de produits laitiers ont considérablement augmenté ces derniers jours. »

Les produits festifs pas à la fête
Pour les bovins haut de gamme de Pâques, la valorisation va être plus difficile à obtenir notamment du fait de l’annulation des concours. La même question se pose d’ailleurs pour les agneaux préparés pour cette occasion. La filière d’engraissement des chevreaux est elle aussi déjà fortement impactée. « On aborde la période où plus de 50 % des chevreaux seront abattus, avec pour débouchés majeurs le marché festif de Pâques en France et chez nos voisins italiens et portugais », explique Franck Moreau, président de la section caprine d’Interbev.
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