Élevage

Poulet export : La production a dépassé les objectifs fixés

L’objectif de Yer Breizh et de France Poultry tablait sur une production de 280 000 poulets par jour à destination du Moyen- Orient. Finalement, sur 2019, ce sont 340 000 poulets par jour qui ont été abattus sur le site de Châteaulin.

En mai 2018, suite à la liquidation de Doux, 5 actionnaires (Almunajem, LDC, Triskalia, Terrena, la région Bretagne) reprennent la partie amont afin de sauver les emplois (97 salariés) et maintenir une production de poulets destinés à l’export chez les 150 aviculteurs du Finistère, des Côtes d’Armor et du Morbihan pour une surface totale de 350 000 m2 de poulaillers. La partie aval et plus précisément l’abattoir de Châteaulin est reprise par Almunajem, un des plus gros clients de Doux, pour gérer l’abattage des poulets, le conditionnement et la vente sur les pays du Moyen-Orient, c’est donc le début de France Poultry. « L’objectif de départ était de réaliser entre 70 et 80 % des volumes à l’export et le reste en volaille fraîche à destination du marché français », explique Pascal Le Floc’h, président de Yer Breizh. L’idée était aussi d’amorcer une transition progressive vers une production de poulets destinés au marché intérieur en prévision d’une éventuelle baisse des volumes à l’export.

4 millions d’euros d’investissement dans l’abattoir

Au départ, Yer Breizh et France Poultry tablent sur une production et un abattage de 280 000 poulets par jour sur Châteaulin. « Almunajem devait être notre seul client, mais en accord avec eux on est allé vendre nos poulets, toujours estampillés de la marque Doux, dans d’autres pays du Moyen-Orient. J’ai trouvé des débouchés aux Émirats arabes unis, Qatar, Yémen, Oman, Koweït et Bahreïn », décrit François Le Fort, président de France Poultry. Avec ces nouveaux clients, les volumes passent très rapidement à 340 000 poulets par jour abattus à Châteaulin. Cela correspond à la capacité d’abattage pour 2 équipes et un effectif sur l’usine de 495 salariés. « Sur l’année 2019, nous avons produit 115 000 tonnes de poulets vifs dont 95 % pour l’export et 5 % en volaille fraîche pour la France », indique Pascal Le Floc’h.

Yer Breizh aura investi 4,8 millions d’euros d’ici fin 2020 notamment dans le renouvellement des éclosoirs au couvoir de La Harmoye, la mise aux normes des bâtiments de ponte, le changement de chaudière sur l’usine d’aliment de Bannalec. C’est aussi un million d’euros qui a été reversé aux éleveurs pour accompagner le renouvellement du parc bâtiment ou encore aider à la reprise de poulaillers dans le cas d’une installation. « Il faut maintenir un parc bâtiment de bonne qualité et performant. Nous avons aussi un programme de construction de poulaillers neufs avec une prime en euros par tonne de poulet versée aux éleveurs sur une durée de 6 ans. » Des investissements sont aussi en cours au niveau du froid et du quai d’accrochage sur l’abattoir de Châteaulin pour un total de 4 millions d’euros sur 2020.

Ne pas avoir de stock

Si l’année 2019 s’est plutôt bien passée pour l’activité export, le président de France Poultry sait très bien qu’il ne faut pas s’enflammer et que c’est un marché avec des hauts et des bas. La fin d’année 2019 a été plus compliquée et le marché s’est tendu. « Cela s’explique en partie par une augmentation de la production de poulets en Arabie saoudite. Des poulaillers d’une capacité de 200 000 poulets par bâtiment se créent au milieu du désert où les animaux sont élevés dans l’équivalent des systèmes cages pour nos pondeuses. » La situation et le prix semblent s’améliorer en ce début d’année. Mais, pour ne pas se retrouver en surproduction, France Poultry a réduit les mises en place pour janvier et descendre à 325 000 poulets abattus par jour. François Le Fort, qui est entré dans le groupe Doux en 1987, connaît très bien le poulet export.

Et même lorsque le marché est bon, il reste prudent : « Sur certaines périodes, on pourrait mettre en place une 3e équipe pour abattre 500 000 poulets par jour. Mais je veux que l’on produise ce que l’on sait vendre et surtout bien vendre. Je m’interdis d’avoir du stock. Le stock est dangereux car après 2 à 3 mois les poulets ne peuvent plus être exportés et doivent être bradés. Nous ne sommes plus dans une course aux volumes mais plutôt sur une course à la différenciation pour se démarquer de nos concurrents brésiliens et ukrainiens. C’est ce qui nous a poussés à passer sur une souche de poulet plus rustique et à croissance plus lente. » L’objectif pour 2020 est de dégager un résultat économique à l’équilibre ce qui devrait se réaliser si le chiffre d’affaires se maintient à 150 millions d’euros comme en 2019. Pour Yer Breizh, l’objectif pour l’année qui vient est du même ordre, c’est-à-dire maintenir les volumes de production pour que les rotations soient bonnes chez les éleveurs et garantir les meilleures marges possibles.

Dans l’attente de l’abattoir neuf

Les éleveurs finistériens espèrent vraiment que le projet d’abattoir neuf à Châteaulin va se concrétiser pour que les travaux puissent démarrer rapidement. Cela permettrait de dynamiser notre pointe bretonne, les éleveurs des Côtes d’Armor et du Morbihan ont pris de l’avance sur nous en termes d’investissements dans leurs poulaillers. Notre filière avicole finistérienne est encore accrochée à ses vieux démons et les deux dépôts de bilan de Doux et la cessation de Tilly-Sabco sont encore dans toutes les têtes. Les aviculteurs restent frileux et ont peur d’investir tant qu’ils n’ont pas de garantie de débouchés pour leurs volailles. Ils se demandent s’ils auront des repreneurs pour leurs élevages. Je suis convaincu que, dès la 1re pierre de l’abattoir neuf posée, les projets de rénovation et de construction de poulaillers neufs vont s’enclencher. Ce nouvel outil d’abattage est notre garantie de pouvoir continuer à produire, cela va rassurer les banques et donner l’envie aux éleveurs de pérenniser leurs élevages.Marc Cornec, président de l’association des éleveurs Yer Breizh

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