Élevage

Des agriculteurs qui s’adaptent au changement climatique

Luzerne, maïs épi, prairies multi-espèces : « Le méteil a été un tremplin »

Pour adapter son système à sa zone séchante, Henri Jean Dolaine a commencé par cultiver un méteil protéagineux et de la luzerne, puis s’est lancé vers un système plus pâturant en adaptant les espèces prairiales.

Henri Jean Dolaine s’est installé en 2008 sur un élevage laitier avec une bonne part de maïs et de céréales. Sur la commune de Romagné (35) à deux pas de Fougères, ses terres sont pourtant très séchantes. « Le maïs n’est pas une culture si sûre pour mon exploitation et les concentrés ont un coût. » Pour faire évoluer son système vers davantage de rentabilité, l’éleveur est d’abord passé par la culture de méteil protéagineux (sans céréale). Il a travaillé sur cette technique dans le cadre d’un groupe AEP (Agriculture écologiquement performante) animé par la Chambre d’agriculture.

« Mon but était d’augmenter mon autonomie protéique. Acheter de l’énergie est moins cher que des protéines… » Constitué de féverole, pois, vesce et d’un peu de trèfle, le méteil était récolté fin avril – début mai avec un maïs derrière. « Les terres restent humides avec un méteil, contrairement à du RGI. » La mise en place de cette culture lui a permis de s’habituer à fonctionner avec moins de maïs avant de s’orienter vers un système plus pâturant. Il a conclu une MAEC (maximum 28 % de maïs dans la SFP) en 2016 puis s’est engagé en bio.

Continuité des stocks avec la luzerne

Pour s’adapter à la sécheresse, l’éleveur a aussi mis en place de la luzerne (11 ha en 2019) conservée en ensilage qui assure une continuité des stocks quand l’herbe vient à manquer. « La luzerne m’assure systématiquement 12 à 13 t MS/an. » Sur les parcelles en herbe, le RGA – trèfle blanc a été complété par d’autres espèces. « Aujourd’hui, j’ai 2 à 3 variétés de trèfle blanc, différents RGA, de la fétuque des prés, un peu de fléole ainsi que du trèfle violet et de la luzerne qui maintiennent une hygrométrie dans l’herbe. Je fais des fauches précoces pour avoir de la qualité. »

Le pâturage des 59 laitières se fait sur 24 ha divisés en une trentaine de paddocks (contre 5 auparavant). « Je les fais tourner rapidement sur les parcelles, y compris en été. » Sur 2019, 10 ha de maïs ensilage ont été gardés. Le silo est fermé de début avril à fin juin. « J’ai testé le maïs humide vers 2016. À l’avenir, je souhaite plutôt stocker du maïs épi en silo couloir. » En 10 ans, le coût alimentaire est passé de 95 à 60 €/
1 000 L. « Cette année, les vaches n’ont reçu aucun concentré. Depuis 4 ans, elles n’ont plus de minéraux. Les frais vétérinaires ont aussi chuté… »

Des animaux moins grands et plus « pâturants »

Autre adaptation engagée par le producteur en 2016 : le croisement 3 voies (Holstein croisée en Jersiaise puis Rouge scandinave ; la Brune pourrait aussi être intégrée). « Je veux des animaux moins grands et plus « pâturants ». » Par ailleurs, le producteur n’utilise plus de charrue depuis 6 ans. Aujourd’hui, il s’adapte en permanence. « Récemment, j’ai fait un sursemis de RGI à l’automne sur une luzerne qui allait être retournée. Les génisses l’ont pâturé et j’ai fait une coupe dedans. Puis finalement, j’ai décidé de ne plus détruire la luzerne, j’ai resemé une prairie directement dedans… »

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